Werner Lambersy


PRÉSENTATION
Né à Anvers en 1941, Werner Lambersy choisit d'écrire en français bien qu'il soit issu d'un milieu néerlandophone : acte de résistance et d'antifascisme (par rapport à son histoire personnelle), dit-il, dont l'emblème inconscient guide toute son écriture, comme nous l'indiqueront les notes de synthèse et le rôle qu'il assigne à l'écriture poétique.Il fait partie d'une génération de poètes belges d'expression française qui fut la première, selon lui, à pouvoir établir des rapports «horizontaux» avec la poésie française et la culture qui la sous-tend, rapports où la dominance de Paris comme centre des décisions culturelles et éditoriales cède le pas à l'émergence d'une parole originale aux marges de la francophonie (Belgique, Suisse romande, Québec, mais aussi Afrique Noire, Maghreb). Cette génération rompt avec la notion de mouvement et inaugure une liberté formelle et individuelle foisonnante qui, selon André Miguel, caractérise le post-modernisme poétique.De ses voyages en Orient, Lambersy retire une vision cosmogonique omniprésente dans sa recherche poétique : elle fait aussi bien référence aux anciens cultes grecs ou romains qu'aux philosophies de l'Inde ou du Japon. Quant à la pensée chinoise, Lambersy lui est redevable d'un certain sens pratique, de la notion qu'y jouent les objets et de la sérénité incarnée dans le sens de leurs usages ou de leur contemplation. De la pensée extrême-orientale, Lambersy retire aussi ce sens des distances, des blancs entre chaque fragment du discours ou de la pensée, et d'une recherche architecturale tour à tour dépouillée et complexe. Dans la pensée chinoise, Lambersy découvre le sens du concret et l'attention accordée à une leçon de vie pratique plutôt qu'aux spéculations intellectuelles.L'écriture poétique de Lambersy est un amalgame entre deux types de sensibilité, qu'il réussit à marier : l'occidentale, où la pensée philosophique et l'aphorisme comme le recours à des termes abstraits qualifie le style; l'orientale, où le poète puise, plus qu'une philosophie, le sens d'un formalisme et d'une pensée paradoxale qui imprègnent toujours plus son écriture jusqu'à lui donner, comme dans L'Arche et la cloche, le Prix Maurice Carême 1988, un équilibre abouti.La biographie de Werner Lambersy doit être rapportée à ses livres; ils sont la trace d'un voyage intérieur emblématique que le poète estime suffisamment significatif pour ne pas avoir à fournir d'autres indications que celles-ci : né à Anvers en 1941; vit actuellement à Paris, où il est chargé de la promotion et de la diffusion de la poésie francophone de Belgique.

BIBLIOGRAPHIE


PRIX
  •   Prix  Gauchez-Philippot 


NOS EXPERTS EN PARLENT
Le Carnet et les Instants

Autant le dire tout de suite : j’aime Werner Lambersy, le poète Werner Lambersy. J’aime le fait qu’il joue franco. Cartes sur table. J’aime la limpidité de ses recueils. La limpidité de chacun de ses « projets », comme on dit. Sommet d’où jeter son pinceau n’échappe pas à cette règle. Tant mieux pour nous, dirais-je.Dans une espèce de préface de quelques lignes mais qui n’en est pas une, Lambersy nous avertit : ce recueil a été écrit d’après les cent vues d’Edo de Utagawa Hiroshige où, humble interprète reprenant les instants de la vie quotidienne, il interprète avec des moyens simples des paysages dont l’homme ni la nature ne sont jamais absents. Et voilà,…


Le Carnet et les Instants

Werner LAMBERSY, peintures d’Emmanuelle RENARD, Départs de feux, Tipaza, 2017, 140 p., 30 €, ISBN : ISBN : 978-2-912133-45-8

Demi-sommeil de chats devant L’âtre des planètes


L’ange de la parole Déferlant sur l’océan bègue des Vagues


Les mondes et moi on apprend à Se connaître


Quelquefois les yeux Suffisent qui lancent des bouées


Voilà, c’est cela, Départs de feux, de courts poèmes emplis de souffle. De courtes affaires où Werner Lambersy n’arrête pas de s’interroger sur l’écriture, la vanité…