Littérature générale

Née en 1830 seulement, la Belgique a une histoire littéraire relativement courte. Avec Maurice Maeterlinck, Georges Simenon, Hergé ou Amélie Nothomb, elle compte pourtant quelques-uns des auteurs les célèbres de la Francophonie d’hier et d’aujourd’hui. La diversité et la qualité des productions concernent tous les genres littéraires : le roman, la bande dessinée, la nouvelle, l’essai, la poésie ou le théâtre.
Écrites aussi bien par des auteurs de toutes origines vivant en Wallonie ou à Bruxelles que par des écrivains belges établis à l’étranger, voire par des auteurs flamands qui, pour des raisons personnelles ou historiques, ont choisi d’écrire en français, les littératures belges francophones sont aussi multiculturelles que la société belge elle-même. Elles se développent par ailleurs dans le voisinage immédiat d’un autre territoire francophone : la France, pays à la population 15 fois supérieure à celle des Francophones de Belgique et à l’histoire littéraire prestigieuse et multiséculaire. La production littéraire belge a été constamment influencée par son grand voisin, qu’il exerce un pouvoir d’attraction sur des écrivains désireux d’être reconnus et publiés à Paris ou qu’il cristallise le rejet d’auteurs soucieux d’affirmer leur spécificité.
En Belgique, l’industrie du livre s’est essentiellement développée dans l’entre-deux-guerres. Ses fleurons : la bande dessinée, le fantastique, la science-fiction, le policier ou le surréalisme.

Pour un parcours des littératures belges francophones d’hier et d’aujourd’hui, voici quelques suggestions de lecture (hors littérature jeunesse, que vous retrouverez sur cette page, et bande dessinée, à découvrir ici).

 

 

Nos suggestions

Roman

Sexy summer

Electrosensible, la jeune Juliette a déménagé à la campagne, dans une zone blanche loin de Bruxelles, où ses parents s'efforcent de la protéger de tout. Elle commence à fréquenter Tom, un garçon enveloppé, qui devient…

À part entière

Avant de mourir après s’être jetée du balcon, Marie accuse à tort son mari, Guillaume, de l’avoir poussée. Guillaume est acculé par sa conscience : est-il vraiment innocent ? Pour affronter l’introspection…

Contes et nouvelles

Sève de femmes

Suite à un accident, trois amis sont obligés de bivouaquer en montagne. Pour tromper l'ennui, ils se racontent des histoires d'amour, évoquant aussi bien les âmes que le sexe.

La ligne blanche

23 textes narratifs, poétiques ou réflexifs inspirés par le motif de la ligne blanche, métaphore de l'effacement et de la séparation. Avec des textes de Philippe Marczewski Serge Delaive Aline Dethise Annick…

Belgiques

À la fin de la Première Guerre mondiale, en Belgique, les veuves de guerre, les mères de soldats disparus et les opposantes bénéficient du suffrage universel. Les autres femmes ne jouissent pas de ce droit. Chaque nouvelle propose…

Poésie

Anamnèse

Yvon Vandycke (1942-2000), dessinateur, peintre et poète, était un guetteur. Il portait autant de tendresses que de colères. Il nous a donné en images ce que les mots ne pouvaient formuler. Dans un langage cru et maîtrisé, avec…

Sonnets de la révolte ordinaire

112 sonnets mêlant forme classique et matériau contemporain, dans lesquels l'auteur exprime à la fois ses hommages, ses fantasmes et ses émotions au jour le jour.

Brefs déluges

Dans Brefs Déluges, Sébastien Fevry décrit un monde au seuil d’une menace sourde, inconnaissable. Monde changé, déplacé insensiblement, que la poésie précise et sans afféterie du poète laisse pressentir. Avec…

Auteurs à (re)découvrir

Les bons offices

Paul Sanchotte a pour mission de se trouver là où l'Histoire est brûlante, afin d'enquêter, de rédiger des rapports et d'empêcher, si possible, l'irréparable... De la mort des Rosenberg au génocide des Biafrais,…

Ripple-Marks

Ripple-marks (1976) est peut-être le plus grave des livres de Muno. C’est sans doute pour cela qu’il est le plus « farce ». Son narrateur fétiche s’y retrouve, un petit homme effacé et triste, si proche des chapeaux…

À part entière

Avant de mourir après s’être jetée du balcon, Marie accuse à tort son mari, Guillaume, de l’avoir poussée. Guillaume est acculé par sa conscience : est-il vraiment innocent ? Pour affronter l’introspection…

Nos classiques

Histoire d’une Marie

Venue de sa campagne, Marie découvre la ville, les hommes… la vie. Jeune et crédule, elle tombe vite sous le charme de ceux qui, du bourgeois cossu à l’apprenti souteneur, tour à tour la séduisent,…

La Région du Coeur

Dans un mystérieux château se déroulent des évènements insolites. Le narrateur rencontre Nébuleuse, une femme splendide qu’il aime et qu’il perd. En rentrant chez lui, il trouve une photographie de…

Faux passeports

Il y a des œuvres dont le temps révèle la vérité. Faux passeports est de celles-là. Ce roman rend compte, en effet, de la destruction d’une espérance collective dont l’éclatement de l’empire soviétique,…

Policier ou roman noir

Clairières

Le récit suit Robert, architecte d'une soixantaine d'années qui travaille à la réalisation de vitrines particulières pour le compte de grandes firmes du secteur financier de la région où il vit. C'est au moment où une…

La véritable affaire de Bruxelles

L’auteur, Maurice Martin, s’ébroue dans des eaux familières en tant qu’ancien commissaire de police retraité de la brigade anticorruption, même grade, même service…

Viande

Dévastée par l’annonce du décès de sa meilleure amie, Lisa tente d’élucider les circonstances mystérieuses de sa disparition. Des égouts de Paris aux enclos de l’élevage intensif de Beaumont, la jeune journaliste mène l’enquête…

Fantastique

Malpertuis : Histoire d’une maison fantastique

L’oncle Cassave va mourir. Il convoque toute sa famille à son chevet dans la demeure de Malpertuis et leur dicte ses dernières volontés…

Contes carnivores

Quatorze récits dans lesquels le fantastique se mêle au drolatique et à l'onirique. D'étranges musiciens et des créateurs excentriques côtoient des personnages étonnants parmi lesquels se trouve l'emblématique…

La Truie et autres histoires secrètes

Treize nouvelles où le réel insidieusement prend des allures insolites, où le quotidien s’altère de manière inquiétante. Treize situations d’apparence banale,…

Essai

Légendes, intrigues et médisances autour des « archidupes » Charlotte de Saxe-Cobourg-Gotha, princesse de Belgique Maximilien de Habsbourg, archiduc d’Autriche Récits historique et fictionnel

Dans la brève histoire (moins de deux siècles) de la famille royale belge, les noms qui suscitent encore aujourd’hui le plus de controverses sont ceux de Léopold II et Léopold III, respectivement associés aux mains coupées du Congo ou à la main serrée d’Hitler. L’attention des hagiographes s’est aussi davantage concentrée sur les mâles couronnés, pour saisir les états d’âme de Léopold Ier à régner sur un peuple de « petits esprits », pour forger le mythe du « Roi-Chevalier » Albert Ier ou pour magnifier le doux sourire du « binamé » Baudouin. Il fallait une tragédie pour que soit sacralisée la Reine Astrid ou encore les qualités du dévouement ou du bon goût artistique, pour que prenne consistance la Reine Élisabeth…Mais à côté de ces figures forcément majeures et monopolistiques se ramifie tout un embranchement généalogique qui s’avère passionnant à explorer, où s’entrecroisent la grande et la petite histoire. Ainsi du couple atypique formé par la princesse belge Charlotte de Saxe-Cobourg-Gotha et l’archiduc autrichien Maximilien de Habsbourg. Si ces deux-là suscitèrent une littérature pléthorique – explicable par la fascination que leur trajectoire exerce ainsi que par l’intérêt des psychanalystes envers la composante de folie qui la caractérise – ils ont désormais trouvé en l’universitaire André Bénit leur meilleur raconteur.Il fallait en effet, pour traiter de leurs destinées commune et individuelles, un spécialiste des rapports entre histoire et fiction. Rien de surprenant dès lors à trouver, en exergue du volumineux ouvrage qu’il consacre à ce duo que l’on se plut à surnommer « les archidupes », pas moins de trois citations de Pierre Mertens, toutes extraites du roman Une paix royale, dont celle-ci : « Il appartient aux grandes nations d’écrire l’Histoire. Il revient aux petites de conter, çà et là, quelques fables dont la morale est secrète, autant que si elle s’était cachée longtemps derrière une porte ».Porté par une telle conviction, André Bénit déploie en alternance, dans chaque chapitre, la narration historique des faits et gestes, via les témoignages de contemporains, qu’il fait ensuite entrer en résonance avec leur écho fictionnel, pour aboutir à un moment de « réflexion » plus personnelle et métadiscursive, qui propose la synthèse des deux dimensions précédentes au libre examen du lecteur. Remarquable application d’une pensée dialectique, qui épouse et résout les complexités inhérentes à l’intelligence d’un propos éminemment complexe à débrouiller.Les écrivain(e)s Horace Van Offel, Robert Goffin, Marthe Bibesco, Juliette Benzoni ou Patrick Roegiers, les dramaturges Maurice Rostand ou Michèle Fabien, la poétesse Liliane Wouters, la Comtesse Hélène de Reinach Foussemagne, les historien(ne)s Alain Decaux, Michel de Grèce, Patrick Weber, Laurence Van Ypersele ou Dominique Paoli… Il suffit de consulter la bibliographie de l’ouvrage pour se rendre à l’évidence : ils et elles furent légion à s’emparer de la dramaturgie passionnelle qu’incarnèrent les mythiques « Max et Charlotte » et à tenter d’apporter leur éclairage sur les inépuisables questions qu’énumère Bénit en introduction :Qui était le père biologique de Maximilien ? Le mariage de Maximilien et de Charlotte fut-il d’amour ou d’intérêt ? Les époux eurent-ils une descendance ? Leur mariage fut-il seulement consommé ? Maximilien était-il homosexuel ou avait-il contracté une maladie vénérienne au Brésil ? Charlotte était-elle stérile ou trop étroite ? Eurent-ils, l’un et l’autre, des aventures extraconjugales ? Charlotte fut-elle empoisonnée au Mexique ? Que se passa-t-il réellement lors de ses entrevues avec Napoléon III en août 1866 et avec le Pape Pie IX le mois suivant ? De quand datent ses premiers troubles mentaux et quels en seraient les stimuli ? Quel fut le traitement qui lui fut infligé par la Cour de Vienne au cours de son séjour à Miramar, d’octobre 1866 à juillet 1867 ? Quels motifs, affectifs et/ou financiers, poussèrent son frère, le roi Léopold II, à la rapatrier en Belgique après l’exécution de son mari ? Maximilien fut-il victime d’une trahison à Queretaro ou organisa-t-il lui-même sa reddition ? Son comportement fut-il lâche ou chevaleresque après son arrestation par les hommes de Benito Juarez ? Charlotte était-elle vraiment folle ou feignait-elle la démence ?…André Bénit a conscience d’évoluer en permanence sur une très délicate ligne de crête, celle qui sépare la rigueur de la suggestivité, la vérité historique de la fiction romanesque – voire du mensonge. Son impeccable méthodologie critique nous convainc au final que les racontars, les médisances, le pathos surajouté, les interprétations les plus fumeuses, font partie intégrante de la réalité vécue par les personnages, et sont à la fois germe et fruit de chacun de leur acte, de chacune de leur parole. Un autre écrivain est convoqué pour étayer cet alliage irréfragable du réel et de l’imaginaire, et c’est Laurent Binet, qui constatait dans HHhH que : « pour que quoi que ce soit pénètre dans la mémoire, il faut d’abord le transformer en littérature. C’est moche mais c’est comme ça ».Outre par son sujet, qui réexplore une facette troublante de notre passé national, le travail d’André Bénit interpelle par sa…

Sándor Ferenczi : l’enfant terrible de la psychanalyse

Disciple préféré de Freud, Sándor Ferenczi (1873-1933) est l’une des figures les plus attachantes des débuts de…

Johnsons & Shits. Notes sur la pensée politique de William S. Burroughs

« Hé mec, vous tenez là un grand livre, un livre dément. Une bombe ». Voilà ce…

Théâtre

Dounia

Dounia a beaucoup souffert, dans son enfance, du manque d’affection et de dialogue au sein de sa famille marocaine installée à Bruxelles. Elle a vite compris que son entourage était juste là pour brimer ses désirs d’indépendance…

Anna

Un soir, lors d'une fête au bar du Chaton Perdu, Anna et Victor se rencontrent, dansent et flirtent. Mais la fin de soirée dérape. Victor veut aller plus loin, Anna refuse. Il insiste jusqu'à obtenir ce qu'il veut. Le lendemain, Anna décide…

Mes papas, l’ogre et moi

Pétronille, que tout le monde appelle Ninou, est une petite fille délurée. Elle vit heureuse avec deux papas qui l'ont adoptée quand elle était toute petite. Comme tous les enfants de son…

contenu editorial divers ....

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Les Bienheureuses

Comment dit-on un page turner en français ? L’histoire des Bienheureuses commence pourtant en…

Rêves et vies d’Alphonse Brown, Mike Triso, Henri M et Diego Dora

À dix reprises, Vincent Tholomé a rencontré des élèves de l’Institut Technique de Namur, recueilli leurs vies, leurs rêves, leurs pensées, leurs silences. Comme ces adolescents de 4 QIB (4ème qualification industrie du bois) et de 4 QTP (4ème qualification en travaux publics) assemblent des machines, des meubles, ici, avec Vincent Tholomé, ils assemblent des fragments de leurs vies, construisent un récit qui a la particularité d’être fondu en un seul texte collectif, scandé par les noms d’Alphonse Brown, Mike Triso, Henri M et Diego Dora. La circulation de la parole permet d’interroger les rapports à soi, aux autres, au monde. Vincent Tholomé place la démarche sous le signe de l’art japonais du kintsugi, l’art de recoller les restes, de rassembler les ruines, les morceaux d’un bol brisé. Confiant, sans tabou ni censure, leurs désirs, leurs angoisses, les adolescents expriment ce qui est le plus souvent tu, livrent leurs relations aux machines, aux lieux de l’école, au quotidien.  «  Des fois, je suis comme un iceberg dont on ne voit qu’une partie  » confie l’un d’eux. Radiographie de leurs inscriptions dans la société, variations des humeurs au fil des jours, libération de ce qui bruit dans les corps, dans les têtes… Alphonse Brown attribue des noms aux objets qui l’entourent («  J’appelle Pauline ma garde-robe  »). L’atelier de parole collective génère des exercices d’introspection. Pour eux, la vie est un ring sauvage, le dehors est parsemé de forces hostiles. Il s’agit d’échapper aux morsures, de se battre, de tenir bon à l’heure de la dévastation environnementale qui préoccupe les adolescents. Je bois ensuite un ice tea en contemplant le méchant réchauffement climatique qui attaque petit à petit la bougie de ma vie L’ancrage dans l’existence passe chez Mike Triso par une relation privilégiée aux lieux, une poétique des espaces, une attirance pour leurs mystères. L’attention au génie des lieux se porte sur une cour, le bureau du chef d’atelier, l’établi (une bête qui peut être féroce, pleine de dangers, où les élèves parfois se blessent), le couloir vers l’internat… Les rêves bondissent dans les têtes. La passion  des objets rappelle Francis Ponge.Quand la machine devient machine à rêveries, on quitte Mike Triso pour Henri M, le songeur qui capte dans les objets ce que personne ne perçoit, les détails méprisés. Dans une poutre de béton, il voit un dragon. Son regard saisit dans les choses, les êtres, les événements ce qui est invisible pour les autres. Mike Triso rêve le réel, y superpose son imaginaire, s’abandonne au vertige des interrogations («  d’où viennent mes vêtements ?  », la vache qui a donné son cuir à la confection de mes chaussures avait-elle un nom ? Quel était le vert de son pâturage ?). Voyant au travers des objets, il écoute leur vie intime, observe leur texture, leur matière. Au milieu du non-savoir (les objets pensent-ils ? Rêvent-ils ?), une certitude émerge : «  Je sais qu’on est des ombres mortelles  ».Nouveau voyage avec Diego Dora, «  à l’humour noir et grinçant  », qui relève l’absence de filles dans les ateliers. « J’ai envie, le matin, de mordre comme un chien  » «  Alors, après, j’ai honte  ». S’élève un grand chant au conditionnel, l’évocation d’une vie hypothétique, d’une métamorphose intérieure qui permettrait d’exister autrement, d’avoir une amoureuse avec qui vivre. Le présent décolle vers un futur qui se tord dans des rêves destinés à rester dans l’onirisme. L’actuel s’envole vers un avenir qui n’est pas à portée de main. «  On croirait à un monde meilleur  ». Face aux combats de rue, aux néo-nazis, aux arrestations policières, Diego Dora et son amie vivraient entourés d’éléphants, d’araignées et de poules, soudés par l’amour.Ce qui ressort des rêves des étudiants en technique, c’est que la vie ne relève pas de la mécanique, de la planification : son machinisme est sauvage, aléatoire, inventif, tout en sauts, en bifurcations et loopings imprévisibles. Il fallait un poète comme Vincent Tholomé, esprit libre, frondeur, poète et performer de l’intempestif, pour produire cet agencement collectif d’énonciation à l’écart de tous les conditionnements et diktats sociaux. L’existence n’est soluble dans aucune équation. Signalons qu’en 2018, Vincent Tholomé et les élèves de 4TQMA de la même école ont publié chez Maelström Reevolution La mécanique automobile…

La Repasseuse

lapeyre À l’image de la peinture de Konstantin Yegorovich Makovsky, datant de 1900,…