Jean Ray


PRÉSENTATION
Jean Ray est le pseudonyme de Raymond De Kremer dont la biographie a été passablement romancée. En fait, sa vie est restée sédentaire et surtout animée par une abondante production d'écrivain populaire, rédigée sous divers pseudonymes: scénarios de bandes dessinées, histoires pour enfants, nouvelles policières, etc. L'auteur est surtout connu pour son ironique contribution au genre fantastique noir. Elle comprend en particulier des contes (Les Contes du whisky, 1925; Le Grand Nocturne, 1942; La Cité de l'indicible peur, 1943), mais on lui doit aussi un remarquable roman où fantastique et mythologie classique font bon ménage: Malpertuis (1943).

BIBLIOGRAPHIE


NOS EXPERTS EN PARLENT
Le Carnet et les Instants

Pour les férus de fantastique, le nom Malpertuis est, tout comme celui de Ctulhu, synonyme d’épouvante. Chez les amateurs de « Nos Lettres » en général, le titre Malpertuis résonne comme un moment capital de l’histoire littéraire belge et se hisse au rang d’un classique. La définition, attribuée à Mark Twain, de cette catégorie d’ouvrages est connue : « un livre dont tout le monde parle et que personne n’a lu ». Et c’est sans doute le sort réservé depuis sa publication, au mitan de la Seconde Guerre mondiale, à ce roman-monstre, ardu, complexe, unique.Jean Ray fait partie des auteurs que l’on pourrait qualifier de « clivants » parce qu’ils déclenchent soit des passions obsidionales, soit des réactions…


Le Carnet et les Instants

Quand la rédaction du Carnet vous propose de chroniquer la sortie, dans la collection Espace Nord, d’un recueil de Jean Ray, vous êtes partagé entre délice et terreur. Délice parce que perspective d’une lecture délicieuse, plaisir multiplié par les échos de lectures anciennes, nostalgie d’une époque révolue où, étudiant, je tournais, halluciné, les pages de Malpertuis, déjà chez Espace Nord, ou celles des Cercles de l’épouvante et du Grand nocturne, pages qui ne m’ont pas quitté, dont j’ai fréquenté régulièrement les mystères, en témoigne l’état de mes bouquins. Délice aussi parce que quand on est belge francophone et qu’on aime la littérature, on a l’âme caressée du côté de la bibliothèque de savoir qu’une…


Le Carnet et les Instants

Rappel. Espace Nord est une collection patrimoniale consacrée aux perles de notre histoire littéraire (belge francophone). Son catalogue, remarquable, appartient à la Fédération Wallonie-Bruxelles qui a confié l’édition, par marché public, aux Impressions Nouvelles.Observations préliminaires. Les ouvrages sont de magnifiques objets, excellemment orchestrés. Celui-ci n’y déroge pas : de la superbe illustration de couverture (de Romain Renard) à la mise en page soignée, en passant par l’accompagnement éditorial d’Arnaud Huftier, la postface de Jacques Carion et Joseph Duhamel, les dossiers biographique et bibliographique.Le livre ? Il juxtapose deux recueils de nouvelles de Jean Ray, Le grand nocturne (1942) et Les cercles de l’épouvante


Le Carnet et les Instants

En 1925, le Gantois Raymond De Kremer, 38 ans, a déjà publié divers textes dans des périodiques, la plupart en néerlandais, sous le pseudonyme « Jean Ray ». C’est alors que La Renaissance du Livre édite en français – désormais sa langue d’écrivain – son premier volume, Les contes du whisky, recueil de vingt-sept nouvelles étranges parues en revue auparavant, sauf une.La critique est très positive, le succès commercial aussi. Mais, l’année suivante, De Kremer est condamné à la prison pour abus de confiance, sa réputation est ruinée, son livre retiré du catalogue. Il lui faudra de longues années pour refaire surface. Les contes du whisky connait ensuite plusieurs rééditions : chez L’Atalante en 1946,…


Karoo

L’oncle Cassave va mourir. Quelques jours avant son départ, il réunit tous ses héritiers dans sa maison Malpertuis. À la lecture de son testament, les héritiers comprennent qu’ils sont coincés dans cette maison pour toujours. Une maison lugubre, sombre et étrange. Un peu comme un manoir hanté. Cette maison est d’autant plus intrigante de par son nom. « Malpertuis » renvoie à « Maupertuis » qui signifie la maison du malin, elle est à l’origine la maison du goupil (le renard), un animal diabolisé dès le début du XIIIe siècle. De plus, Jean Ray ne manque pas de la mentionner en commentaire du roman :
Dans le célèbre et truculent Roman de Renart les clercs ont donné ce nom à l’antre même de goupil, le très malin. Je ne m’avance pas trop en affirmant que cela…