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Le roman de Gilberte Swann. Proust sociologue paradoxal

Dans Tout le reste est littérature , un volume d’entretiens avec Laurent Demoulin, Jacques…

Après la loi

Dans le sillage de Magic , Théorie du kamikaze , Laurent de Sutter signe avec Après la loi un ouvrage décisif qui révolutionne la pensée du droit. Au fil d’une érudition au service d’une inventivité conceptuelle,…

Une histoire du théâtre belge de langue française (1830-2000),

Dans l’avant-propos à la réédition de son essai qui retraçait, en 1995, Une…

Des mots qui puent

Outil de communication, le langage est aussi, nous prévient d’emblée Olivier Starquit,  dans son livre polémique crânement intitulé Des mots qui puent , «  un puissant…

La guerre de nos écrivains. Une chronique littéraire de 14-18

Coup de cœur pour les différentes facettes du projet « Grande Guerre » des Archives et Musée de la…

Une autre fin du monde est possible. Vivre l’effondrement (et pas seulement y survivre)

Après le remarqué Comment tout peut s’effondrer sorti en 2015, les ingénieurs agronomes Pablo Servigne, Gauthier Chapelle et l’écoconseiller Raphaël Stevens,  « chercheurs in-Terre indépendants »,  poursuivent leurs réflexions dans un essai qui prolonge la « collapsologie » (dont ils sont les pionniers) en une collapsosophie. L’axiome des collapsonautes se définit comme «  apprendre à vivre avec  », avec la catastrophe en cours, avec la débâcle environnementale, avec l’effondrement de la société actuelle. De ce diagnostic condensé dans le vocable de collapsologie découle la mise en œuvre d’une éthique, d’une collapsosophie. S’appuyant sur un tableau clinique précis, incontestable (l’humanité menacée d’extinction dans le sillage de l’hécatombe de la biodiversité), les auteurs proposent des pistes fécondes qui réconcilient «  méditants  » et «  militants  », qui explorent l’idée de ré-ensauvagement, de nouvelles manières de coexister avec les non-humains, d’habiter la Terre. Lire aussi : un extrait d’ Une autre fin du monde est possible Croire que les choses peuvent encore être modifiées, redressées globalement relève à leurs yeux d’une illusion. Le futur n’existe que barré par l’impossible. Face à cet impossible, l’appel est lancé : creuser des niches, des îlots au cœur de l’apocalypse, inventer à la fois un chemin, un salut intérieur et des actions collectives dotées d’un impact sur l’extérieur. On a parfois l’impression que, pour les auteurs, les jeux sont faits. Il ne resterait qu’à assister au déferlement du pire en assortissant la course à l’abîme d’une morale stoïcienne. Un stoïcisme prônant, dans le fil du stoïcisme antique et de Descartes, de changer soi-même, son rapport au monde plutôt que l’état des choses. Or, les jeux ne sont jamais faits même lorsqu’ils semblent l’être. L’accent porté sur le «  l’activisme de l’âme  » minore par endroits la recherche d’une collapsosophie vue comme un prérequis à la politique, à une tentative d’infléchir la marche des choses. Dans cet «  apprendre à vivre avec l’effondrement  », on peut lire une sagesse mais aussi l’acceptation d’une défaite. Le présupposé discutable du (sur-)vivalisme, de la collapsologie est celui de l’inéluctable : l’effondrement, la pulsion de mort, l’autodestruction est un fait entériné sur lequel nous n’avons plus prise. Tout se réduit alors à un sauvetage moral, à une prise de conscience, à une résilience qui s’accompagne, certes, d’activités locales de résistance, ZAD, laboratoires de créativité, activisme. La phrase de Valéry, «  Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles  » engage le choix d’un «  Changement de Cap  » (Joanna Macy), à savoir l’alliance entre activisme, proposition d’alternatives concrètes et changement intérieur. «  Au service du vivant  », les auteurs en appellent à des mobilisations collectives créant les rapports de force nécessaires afin de rompre avec le néolibéralisme. Le principe de responsabilité à l’égard des générations futures formulé par Hans Jonas implique de léguer un monde viable, digne d’être vécu, tissant de nouveaux «  liens réels avec le sauvage retrouvé  », dans une harmonie entre les formes du vivant.Louons les auteurs de parier pour la mise en œuvre des passions joyeuses de Spinoza, pour une résistance au camp de ceux qui détruisent la Terre, ses écosystèmes, ses collectifs humains et non-humains. À l’heure où le deuil de l’idée de révolution affaiblit en un sens la logique de la résistance, Une autre fin du monde est possible oppose salutairement un contre-feu au nihilisme, et ce, en dépit de l’oscillation relevée. La possibilité de prendre les armes, de lutter contre ceux qui mènent le monde à la ruine se dessine.  «  Le contrat politique avec les autres qu’humains n’est pas à réinventer, il est d’abord à découvrir chez eux ! À quoi pourrait ressembler un immense parlement interspécifique ? (…) Les animaux, les arbres, les champignons et les microbes  ne sont pas des êtres passifs, ce sont de redoutables politiciens. Ce sont même des paysagistes, et même des activistes, car ils transforment la terre depuis des millions d’années, contribuant ainsi à former et à maintenir la zone critique , ce minuscule espace de vie commun sur lequel nous vivons, et dans lequel nous puisons sans relâche. Autrement, ils nous donnent (…) Cette obligation [de rendre ce qu’ils nous donnent] peut enfin se lire selon son autre acception : si nous ne le faisons pas, il se pourrait bien…

Petites mythologies belges

Au terme de «  mythologies  » employé au pluriel est associé, immanquablement, le nom de Roland Barthes qui, en 1957, s’en servit pour…

Activer les possibles

La pratique du dialogue peut revêtir différents visages. Si Platon en a fait une des modalités de l’exercice philosophique, il peut privilégier l’échange…

Perdre sa culture

David BERLINER , Perdre sa culture , Zones sensibles,2018, 156 p., 15 €, ISBN : 978-293-0601-35-9« Le temps passe », « les temps changent », « ce n’est plus ce que…

Félix Vallotton, intimité (s)… et le regard de Jean-Philippe Toussaint

Dans cette magnifique édition de gravures de Félix Vallotton, Jean-Philippe Toussaint…

Céline et ses classiques et autres essais

Faut-il s’étonner que, dans la liste des essayistes pionniers à avoir traité de Louis-Ferdinand Céline, deux soient d’origine…

Une démocratie approximative L’Europe face à ses démons

Plus de soixante ans après le Traité de Rome, peut-on dire que l’Europe…

Qu’est-ce que la pop’philosophie ?

Dans Qu’est-ce que la pop’philosophie ?, manifeste novateur, ambitieux, taillé dans la vitesse de la pensée, Laurent de Sutter fait un sort au grand partage…

En première ligne – Les journalistes au cœur des conflits

Professeur de journalisme dans l’enseignement supérieur et chroniqueur…

Coups de griffe, prises de bec

Comme elle était vivante, foisonnante, percutante, la satire dans la presse…

Jack Sparrow. Manifeste pour une linguistique pirate

Laurent de Sutter ouvre de manière fulgurante et géniale la nouvelle collection, intitulée « La fabrique des héros », créée…

Ils admiraient Hitler. Portraits de 12 disciples du dictateur

Douze : le chiffre n’a certainement pas été innocemment arrêté…

La vie quotidienne de Freud et de ses patients

On mesure toute la nouveauté de La vie quotidienne de Freud et de ses patients à l’occasion de sa réédition plus de trente ans après sa parution.…

Le pacte avec le diable. De saint Augustin à David Bowie

Philosophe, historien dont les essais interrogent les marges, les traits passés…

Bruegel à Bruxelles

À l’occasion du 450ème anniversaire de la mort de Pierre Bruegel l’Ancien, décédé à Bruxelles en septembre 1569, Vincent Delannoy retrace l’effervescence créatrice…

Le style potache

À l’heure où les cancres délaissent les parties de morpion griffonnées sur le bois de la table pour leur préférer l’envoi discret de mèmes via leur smartphone, on est…

Les métamorphoses de Spirou. Le dynamisme d’une série de bande dessinée

Il était grand temps que le célèbre groom noir jaune rouge acquière ses lettres de noblesse et rejoigne le panthéon des personnages les plus glosés du Neuvième art belge – aux côtés de Tintin, les Schtroumpfs, Gaston Lagaffe ou encore Lucky Luke… Voilà qui est chose faite grâce au somptueux recueil collectif Les métamorphoses de Spirou (papier glacé, nombreuse illustrations en couleur savamment agencées, etc.). L’intérêt du personnage de Spirou ne repose pas que sur son pedigree. Dans un chapitre inaugural captivant et à partir d’une seule planche, Dick Tomasovic décortique – avec le brio de Marey et Muybridge pour le galop d’un cheval – la dynamique du toujours bondissant, plongeant, cascadant, échappant, bifurquant Spirou.Spirou le bien nommé – car en wallon, le mot signifie « écureuil », le saviez-vous ? – est en effet le personnage en 2D le plus animé qui soit. Sa caractéristique principale est cette insaisissable fluidité qui fait de lui «  un absolu du mouvement  » (D. Tomasovic). En témoigne sa première apparition sous la plume de Rob Vel, le 21 avril 1938, en couverture du premier numéro du Journal de Spirou . Au moyen d’une habile mise en abîme, le dessinateur y narrait en sept cases la genèse de sa créature de papier, qui s’échappe de la toile sur laquelle il vient d’être griffonné pour prendre immédiatement vie et vivacité.La mobilité de Spirou n’est pas que visuelle car, au contraire de Tintin qui eut pour créateur unique Hergé (compte non tenu des ses innombrables parodies), le fringant rouquin connut de multiples avatars sous la plume d’héritiers successifs, parmi lesquels on compte notamment Jijé, Franquin, Greg, Jidéhem, Roba, Fournier, Nic et Cauvin. À chaque génération son Spirou donc (et bien entendu son Fantasio, son Champignac, son Zorglub, son marsupilami). Sans doute un attachement particulier peut-il se marquer pour « l’héritage franquinien », dans lequel nombre de puristes verront l’aboutissement de la série (lire à ce propos l’excellente étude qu’Erwin Dejasse livre au sujet de l’album le plus déjanté, Panade à Champignac ). Le but de l’ouvrage n’est pourtant pas de juger des qualités des différents repreneurs, mais bien de saisir l’évolution d’une figure qui, quel que soit le trait qu’on lui a donné, séduit à chaque coup son lectorat et l’emporte dans ses folles aventures. L’article de Gert Meesters sur les évolutions stylistiques de la série, depuis sa création jusqu’au travail contemporain de Munuera et Morvan, est à cet égard des plus instructifs.Composé d’articles généraux puis de focus – sur la préhistoire de Spirou, l’art de Jijé, le Franquin dialoguiste, une comparaison avec Lagaffe, le portrait fouillé de Zorglub, les pastiches –, ce livre constitue une référence incontournable, qui fera pousser aux fans comme aux…

Tintin. Du cinéma à la BD

Sur les connivences entre le cinéma et les Aventures de Tintin , l’on disposait déjà de multiples indications, grâce aux entretiens d’Hergé avec Benoît Peeters…

Madame S

Qui se souvient de Marguerite Japy-Steinheil, qui a pourtant défrayé la chronique et enflammé les passions il y a plus d’un siècle ? Sylvie Lausberg est historienne et elle livre avec Madame…

Anthropogénie

Auteur d’ouvrages majeurs, Philosophie de la photographie, Histoire photographique de la photographie, Le Nouvel Âge, Henri Van Lier (1921-2009) livre avec Anthropogénie son opus magnum.…

Jijé, l’autre père de la BD franco-belge

Deux chercheurs, l’un, Philippe Delisle, français, qui enseigne l’histoire contemporaine à l’Université de Lyon…

Une mystique sans Dieu

Il y a quarante ans, Jean Claude Bologne a vécu durant quelques instants «  une expérience fulgurante de l’absolu  ». Quelques instants qui ont marqué…

« Femmes à Boches ». Occupation du corps féminin, dans la France et la Belgique de la Grande Guerre

Se revendiquant à la fois de l’histoire du genre et de celle de la guerre, l’ouvrage «  Femmes à Boches » , d’Emmanuel Debruyne, professeur d’histoire contemporaine à l’UCL, examine une question audacieuse, dans sa formulation même : l’«  occupation du corps féminin  », en France et en Belgique, durant la Guerre 14-18. Quel est le contexte ? «  Pendant quatre ans, la quasi-entièreté de la Belgique et de larges pans de dix départements français sont occupés par l’armée allemande  » : ces territoires, découpés par l’ennemi en plusieurs zones disposant de leur administration, forment un large périmètre regroupant une dizaine de millions d’habitant-e-s. L’occupation est à double détente : à l’envahissement du territoire par son armée (deux millions de soldats), l’ennemi superpose sa domination sur le corps des femmes qui constituent la majorité de la population des territoires occupés, compte tenu du départ massif des hommes sous les drapeaux et de l’exode d’un million de citoyens ayant quitté le pays pour échapper à la guerre. «  A vrai dire, observe Emmanuel Debruyne, une majorité des occupés sont des occupées  ».Sur le plan des sources, à défaut de témoignages oraux directs, «  Les journaux intimes, édités ou non, volumineux ou succincts, se sont avérés des sources d’une grande richesse  ». C’est sur le dépouillement minutieux d’une centaine d’entre eux que se fonde principalement le livre.L’ouvrage décrit les différents types de relations que les militaires allemands et les femmes des régions conquises vont entretenir. Dans les trois premiers chapitres, l’auteur aborde d’abord les viols constatés durant la brève période de l’invasion, sans négliger l’autre forme de violence sexuelle que constitue la mise en œuvre par l’ennemi d’inspections sanitaires vis-à-vis de la population féminine. Ensuite, l’enquête se penche sur la période d’occupation, en observant le développement de la prostitution (Bruxelles devient la ville-phare des amours tarifées) et les relations librement consenties.Les trois chapitres suivants décrivent les conséquences de ces phénomènes : stigmatisation sociale des femmes concernées, développement des maladies vénériennes, tentatives de la part de l’occupant de réglementer la prostitution, accroissement de la natalité hors mariage. Un dernier chapitre envisage les phénomènes d’exclusion de l’après-guerre envers les femmes qui ont trahi, mais aussi envers leurs enfants.Lors de la mobilisation du début 1914, période apparaissant comme un moment «  carnavalesque  », c’est-à-dire d’estompement des normes sociales, une «  fièvre  » sexuelle s’empare des populations et se traduit par un pic de naissances au printemps de l’année suivante. Par contre, pendant l’invasion allemande, à la fin de l’été, les nombreux viols commis par l’ennemi en même temps que des exactions envers les civils, se concrétiseront par une vague de naissances «  de père inconnu  » en mai et juin 1915. En dépit du manque de données chiffrées, Emmanuel Debruyne évalue entre 15 et 25000 le nombre de viols commis durant l’invasion.Pour tenter de limiter la propagation des maladies vénériennes au sein de son armée, l’ennemi installera un important système de contrôle prophylactique des prostituées. La cohabitation avec l’armée d’occupation amènera également des relations à se nouer entre les occupées et les soldats allemands. Celles-ci sont mal perçues par les autorités allemandes, qui s’opposent fermement aux mariages entre les occupées et les occupants.Les autochtones eux-mêmes condamnent ces idylles, la population bienpensante (catholique) prétendant qu’elles sont surtout le fait de femmes appartenant aux «  basses classes  » et qu’elles relèvent du domaine de la prostitution. Ces accusations referont surface lors des procès d’après-guerre.Cette enquête magistrale menée par Emmanuel Debruyne sur les relations des femmes belges et françaises avec l’occupant durant la Grande Guerre démontre que l’occupation militaire s’est doublée d’un puissant phénomène de domination masculine. Celui-ci s’illustre à travers le développement de la prostitution, les viols et les naissances de père inconnu, mais aussi les liaisons sentimentales et les mariages. Cette description très fouillée d’un aspect méconnu de la Première Guerre mondiale constitue à coup sûr une lecture novatrice du contexte…