La faculté des Lettres : Éparpillements monographiques à propos de Jacques De Decker (volume 1)


RÉSUMÉ

Ensemble de fragments consacrés à l’oeuvre de l’écrivain belge Jacques De Decker. Dans ce volume, sont étudiées ses années d’apprentissage, son travail de biographe, son rôle dans la revue Marginales et son approche de l’écriture romanesque. Contient également des interviews que l’écrivain a accordées à l’auteur.

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À PROPOS DE L'AUTEUR
Jean Jauniaux
Auteur de La faculté des Lettres : Éparpillements monographiques à propos de Jacques De Decker (volume 1)
Traducteur et cinéaste de formation, Jean Jauniaux se consacre à l’écriture (nouvelles, romans, chroniques littéraires), aux entretiens La plupart de ses livres ont été traduits (roumain, italien, ukrainien…). L’ensemble de son travail d’écrivain fait l’objet d’une thèse de doctorat à l’Université de Cluj (Roumanie). Il a publié plusieurs romans et recueils de nouvelles ainsi qu'un essai littéraire. Il a également écrit de nombreuses contributions à des ouvrages collectifs et plus de 800 recensions de livres. De 2009 jusqu’au décès de son directeur Jacques De Decker, il a été rédacteur en chef de la revue littéraire Marginales. En 2015, Jean Jauniaux a été élu président du centre belge francophone de l’association mondiale PEN International réunissant près de 150 centres nationaux et régionaux. A ce titre, il a représenté PEN Belgique aux Congrès mondiaux annuels, et aux réunions des Comité pour la Paix et Comité des Droits linguistiques et de la traduction littéraire. Il a animé de nombreuses rencontres littéraires avec des écrivains venus de différents horizons (Asli Erdogan, Svetlana Aléxéiévitch, Amin Maalouf, Jean-Marie Le Clézio, Svetlana Aléxéïévitch, Erri de Luca…) et, par des actions de sensibilisation, dénonce les atteintes aux libertés dans des pays comme la Turquie, en attribuant le statut de membre d’honneur à des écrivains emprisonnés (Ahmed Altan par exemple). Depuis  la fin de son mandat (2020), Jean Jauniaux poursuit ces actions en qualité de président honoraire. « L’écriture sonore » : Jean Jauniaux enregistre depuis plus de dix ans, des entretiens littéraires, mis en ligne sur une webradio littéraire et culturelle, « L’ivresse des livres »  et sur ses chaînes youtube et soundcloud). Il dispose ainsi d’un nouvel instrument de diffusion des entretiens avec des acteurs du livre et de la culture. Il a enregistré à ce jour plus de 800 entretiens avec des auteurs et autrices de romans, nouvelles, bandes dessinées, essais (philosophie, histoire, géopolitique) Il assume la présidence de la Fondation Maurice Carême depuis 2021. L’Académie ukrainienne de littérature lui a décerné en 2022 le Diplôme d’honneur. Il collabore au supplément « Livres » du journal Le Monde et à différentes revues littéraires (Le Carnet et les Instants, La revue générale, Ulenspiegel)

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Le fantastique dans l’oeuvre en prose de Marcel Thiry

À propos du livre Il est toujours périlleux d'aborder l'oeuvre d'un grand écrivain en isolant un des aspects de sa personnalité et une des faces de son talent. À force d'examiner l'arbre à la loupe, l'analyste risque de perdre de vue la forêt qui l'entoure et le justifie. Je ne me dissimule nullement que le sujet de cette étude m'expose ainsi à un double danger : étudier l'oeuvre — et encore uniquement l'oeuvre en prose de fiction — d'un homme que la renommée range d'abord parmi les poètes et, dans cette oeuvre, tenter de mettre en lumière l'élément fantastique de préférence à tout autre, peut apparaître comme un propos qui ne rend pas à l'un de nos plus grands écrivains une justice suffisante. À l'issue de cette étude ces craintes se sont quelque peu effacées. La vérité est que, en prose aussi bien qu'en vers, Marcel Thiry ne cesse pas un instant d'être poète, et que le regard posé sur le monde par le romancier et le nouvelliste a la même acuité, les mêmes qualités d'invention que celui de l'auteur des poèmes. C'est presque simultanément que se sont amorcées, vers les années vingt, les voies multiples qu'allait emprunter l'oeuvre littéraire de M. Thiry pendant plus de cinquante années : la voie de la poésie avec, en 1919, Le Coeur et les Sens mais surtout avec Toi qui pâlis au nom de Vancouver en 1924; la voie très diverse de l'écriture en prose avec, en 1922, un roman intitulé Le Goût du Malheur , un récit autobiographique paru en 1919, Soldats belges à l'armée russe , ou encore, en 1921, un court essai politique, Voir Grand. Quelques idées sur l'alliance française . Cet opuscule relève de cette branche très féconde de son activité littéraire que je n'étudierai pas mais qui témoigne que M. Thiry a participé aux événements de son temps aussi bien sur le plan de l'écriture que sur celui de l'action. On verra que j'ai tenté, aussi fréquemment que je l'ai pu, de situer en concordance les vers et la prose qui, à travers toute l'oeuvre, s'interpellent et se répondent. Le dialogue devient parfois à ce point étroit qu'il tend à l'unisson comme dans les Attouchements des sonnets de Shakespeare où commentaires critiques, traductions, transpositions poétiques participent d'une même rêverie qui prend conscience d'elle-même tantôt en prose, tantôt en vers, ou encore comme dans Marchands qui propose une alternance de poèmes et de nouvelles qui, groupés par deux, sont comme le double signifiant d'un même signifié. Il n'est pas rare de trouver ainsi de véritables doublets qui révèlent une source d'inspiration identique. Outre l'exemple de Marchands , on pourrait encore évoquer la nouvelle Simul qui apparaît comme une certaine occurrence de cette vérité générale et abstraite dont le poème de Vie Poésie qui porte le même titre recèle tous les possibles. Citons aussi le roman Voie-Lactée dont le dénouement rappelle un événement réel qui a aussi inspiré à M. Thiry la Prose des cellules He La. Je n'ai donc eu que l'embarras du choix pour placer en épigraphe à chaque chapitre quelques vers qui exprimaient ou confirmaient ce que l'analyse des oeuvres tentait de dégager. Bien sûr, la forme n'est pas indifférente, et même s'il y a concordance entre les thèmes et identité entre les motifs d'inspiration, il n'y a jamais équivalence : le recours à l'écriture en prose est une nécessité que la chose à dire, à la recherche d'un langage propre, impose pour son accession à l'existence. 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