Résidences d’écriture au château de Thozée : appel à candidatures


Vous êtes auteur ou autrice de roman, d’essai, de recueil de nouvelles, de théâtre, de poésie ? Le Fonds Félicien Rops en collaboration avec la Direction des lettres de la FWB, lance un appel à résidence à destination des auteurs de littérature générale. Les résidences auront lieu au château de Thozée

Poser sa candidature

Voici les conditions pour pouvoir déposer une candidature :

– L’auteur ou l’autrice doit être belge ou résider en Belgique depuis 5 ans au moins ;
– L’auteur ou l’autrice doit avoir publié à son seul nom au moins un ouvrage littéraire dans l’un des genres visés précisé plus haut auprès d’une maison d’édition répondant aux critères énoncés dans la Charte relative à l’édition professionnelle (les publications dans des revues, des anthologies, des ouvrages collectifs ou à compte d’auteur n’entrent pas en ligne de compte, pas plus que les publications scientifiques et universitaires  – la publication d’une nouvelle unique ne peut être considérée comme un ouvrage littéraire validant la recevabilité d’un dossier) ;
– l’auteur ou l’autrice dramatique doit avoir à son actif au moins une pièce publiée auprès d’une maison d’édition répondant aux critères énoncés dans la Charte relative à l‘édition professionnelle et/ou montée par un théâtre professionnel ;
– les enseignant.e.s ou chercheur.euse.s ne peuvent pas bénéficier de bourses pour des projets d’écriture relevant directement de leur champ de recherche et d’enseignement ;

En pratique

Les candidatures sont à envoyer à l’adresse mail du Fonds Félicien Rops : fondsrops@gmail.com pour le vendredi 15 mars 2024 au plus tard.

Tous les détails pratiques ainsi que la composition du dossier de candidature figurent dans l’appel complet publié sur le site du château de Tozée





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Qu’est-ce qu’un magneû d’ blanc ? Qu’est-ce qu’un « mangeur de blanc » ?

Lors du décès de Michel Galabru , en ce 4 janvier 2016, la télévision a rediffusé la version théâtrale de La femme du boulanger de Marcel Pagnol, dans laquelle l’acteur tient le rôle du protagoniste, Aimable Castanier. Aimable est un prénom tragiquement prédestiné pour celui qui devra camper un personnage de cocu, sinon content, du moins résigné... et pathétique. Et ceci n’a rien à voir avec le Bruno psychopathe, – d’une jalousie maladive, qui n’a de cesse de pousser sa femme à l’infidélité pour justifier ses propres soupçons – Le Cocu magnifique de Fernand Crommelynck, ni avec le Sganarelle, cocu imaginaire de Molière. Ces deux derniers sont des personnages de comédie, de farce, des personnages caricaturaux qui prêtent plutôt à rire (ou à faire grincer des dents). Aimable Castanier, lui, est pitoyable, parce qu’il est humain, profondément humain. M’est revenue en mémoire, à cette occasion, une expression qu’on utilisait dans ma jeunesse (et qu’on utilise peut-être encore), au pays de Herve, pour désigner ce type de personnage qu’on rencontre quelquefois dans notre entourage : un mari complaisant, un cocu qui s’ignore ou qui feint de s’ignorer, est qualifié de magneû d’ blanc, de « mangeur de blanc ». Et l’expression n’était utilisée que dans cette acception-là. Ayant consulté mes dictionnaires de référence – le Petit et le Grand Larousse, le Petit et le Grand Robert, le Littré... – sans rien y trouver, j’en avais conclu un peu vite que cette expression était dialectale. Et j’avais même imaginé que ce blanc-là dont il est question dans l’expression n’était autre que le blanc d’œuf, de l’œuf qu’on fait gober cru, entier, et d’une traite, comme on peut faire prendre à tout gobeur naïf des vessies pour des lanternes XX . Les dictionnaires dialectaux Les lexicographes en langue régionale qui répertorient cette expression sont souvent peu explicites. Je n’ai trouvé le « mangeur de blanc » qu’en ces endroits : – Jean WISIMUS, dans son Dictionnaire populaire wallon-français en dialecte verviétois (1947), se contente de citer l’expression magneû d’ blanc, sub v° blanc, p. 50a, sans la traduire. – Anne-Marie FOSSOUL-RISSELIN, Le vocabulaire de la vie familiale à Saint-Vaast (1890-1914), Mémoire de la CTD (Commission de Toponymie et de Dialectologie), n° 12, p. 115 : « Un homme se fait-il entretenir par une femme ? On dira de lui : C’è-st-in manjeùr [sic pour l’accent] dè blanc (influence française). » [JL, lire Jean Lechanteur] – Léon MAES (1898-1956), dont Le Patois mouscronnois a été édité en 1979, écrit : « Minjeû d’ blanc, entremetteur. » (p. 33). [JL] – Joseph COPPENS, dans son Dictionnaire aclot wallon-français, du parler populaire de Nivelles (1950), sub v° mindjeû, cite « In mindjeû d’ blanc (souteneur). » (p. 259a). Et dans son Dictionnaire aclot français-wallon (1962), sub v° souteneur, il traduit « mindjeû d’ blanc », expression qu’il illustre de l’exemple suivant : « in mindjeû d’ blanc qui vike su l’ dos dès couméres ». – Michel FRANCARD, dans son Dictionnaire des parlers wallons du pays de Bastogne (1994), sub v° blanc, écrit : « C’è-st-ou mindjeû d’ blanc, litt. ‘c’est un mangeur de blanc’, c’est un proxénète. » (p. 173a). – P. MAHIEU, dans son Lexique picard, « meots a moute el’ bahut a meots, choix de textes », (1994) écrit : « minjeu d’ blanc : litt. mangeur de blanc, homme entretenu par une femme. » (p.158b) – Dans le BTD (Bulletin de toponymie et de dialectologie) XXVIII (1953), Élisée Legros fait un compte rendu très sévère – et sans appel – du Lexique liégeois (Dinant, Bourdeaux-Capelle, 1952) de Dominique Beaufort, dont voici un extrait : « Les temps ont bien changé depuis que Haust devait se défendre pour avoir admis trop de mots français ! De-ci de-là seulement, un mot à relever, du langage plus ou moins vulgaire d’aujourd’hui souvent : caca « jeune fat », mèyus´ « ivrogne », çoula n’ vout nin dîre tchèrète (que l’auteur n’est pas le premier à enregistrer)... Notons encore magneû d’ blanc [= franç. popul. bouffeur de blanc] « souteneur », omis volontairement par Haust, et aler so l’ bate à gauche « aller chez les femmes [sic] y demeurant [y, c’est so l’ bate, traduit « quai de Maestricht (à Liège) » : n’est-ce pas plutôt d’abord « quai de la Batte » ?... XX ] (p. 160). Dans son Dictionnaire populaire liégeois (2004), Simon Stasse recopie la même définition, sub v° blanc « magneû d’ blanc, souteneur » (p. 53) et sub v° magneû « Magneû d’ blanc, marlou, souteneur ; syn. mêsse dogueû. → makeû, maquero. » (p. 250a) De Mouscron à Verviers, de Nivelles à Bastogne... toute la partie francophone de notre pays connaît l’expression. On est passé de « mari complaisant » à « souteneur » ou à « proxénète ». Ou l’inverse. Rien ne permet vraiment d’assurer le sens dans lequel s’est faite cette évolution sémantique. Dans ce cas, le blanc d’œuf pourrait devenir un beau morceau, du blanc de poulet, par exemple. Dictionnaire de belgicismes De tous les dictionnaires de belgicismes, seul le dictionnaire des Belgicismes (Duculot, 1994), de W. Bal et alii, sub v° mangeur, cite « Un mangeur de blanc. Un souteneur. » (p. 87). Toutefois, le FEW (Französisches Etymologisches Wörterbuch), 6/1, 174b, désormais consultable sur Internet, écrit ceci sub v° manducare : « nfr. mangeur de blanc ‘homme qui se laisse entretenir par des femmes’ BL 1808, argot ‘souteneur’ (Michel 1856-SandryC 1953), ‘argot belge’ Lc, ‘bluffeur’ Lc. XX » Notons l’expression « argot belge ». Quelques enquêtes orales Il y a quelques années, faisant une petite enquête orale auprès de quelques amis et connaissances, j’ai reçu les modestes informations que voici : – Un ami borain m’écrivait ceci : « Je ne peux pas répondre pour toute la Picardie, mais le borain connaît minjeû d’ blanc dans le sens général de ‘profiteur’, celui qui vit aux dépens d’autrui, des femmes, de sa femme, sans qu’il y ait forcément connotation sexuelle ». – Dans le Condroz-Famenne, sans faire référence à un ‘pauvre type’ dont la femme (épouse, concubine) userait vénalement de « son cul » (comme m’a dit rabelaisiennement un Wallon du coin), on emploie aussi cette expression pour désigner tout profiteur. – Un témoin de Chênée (périphérie liégeoise) donne de magneû d’ blanc, dans un premier temps, la traduction « souteneur, maquereau », puis, dans un second temps, il traduit « un homme qui vit aux crochets de sa femme ». – Un ami verviétois, médecin, m’a fait le récit suivant : « Pendant ma 2e candidature, j’ai travaillé occasionnellement comme garçon de café en Outre-Meuse, l’établissement étant assez proche de la Batte et de son quartier chaud, maintenant un désert après le départ des prostituées. On était peu après mai 68. Un soir, le patron de l’époque, X***, m’a fait venir dans la cuisine pour bien me préciser, une fois pour toutes, que dans son établissement, il n’était pas question d’accepter des « mangeurs de blanc ». J’étais censé comprendre ; je n’ai pas osé lui demander d’explication et avouer à la fois ma naïveté et mes ignorances lexicales. Un autre garçon, comme moi, étudiant et travaillant en extra, m’a dit qu’il s’agissait des souteneurs, des proxénètes. Je n’ai jamais entendu cette expression que là, dans la bouche de X***, dans ce café... Dans l’acception de cocu plus ou moins consentant et pitoyable, je n’ai jamais entendu employer cette expression. » – Un ami herstalien (de la périphérie liégeoise), m’écrivait en 2004 : « Je pense que cette expression ne s’emploierait pas à propos des importateurs de filles de l’Est ou d’Afrique particulièrement actifs en ce moment. À mon humble avis, le mangeur de blanc est, si je puis risquer cette…

Être juré du Prix Goncourt. Une responsabilité devant l’Histoire

François-Xavier Lavenne – Avant de devenir journaliste, homme de Lettres et membre du jury du plus prestigieux des prix littéraires, vous intéressiez-vous aux prix? Jouaient-ils un rôle dans vos choix de lecteur? Pierre Assouline – Oui, ça m’intéressait parce que l’histoire littéraire m’intéresse et, notamment, depuis que j’avais écrit la biographie de Gaston Gallimard – donc, ça fait trente-cinq ans à peu près. Pour cette biographie, j’avais fait beaucoup de recherches d’histoire littéraire et les prix y avaient leur importance. Mon intérêt s’est manifesté à partir de là d’une manière systématique et historique alors que, jusque-là, je m’y intéressais comme n’importe quel lecteur et amateur de littérature. En un peu plus d’un siècle, les prix ont acquis une grande place dans la vie et l’histoire littéraires. Quelle vision avez-vous de leur évolution et de leur rôle? Il n’y a pas réellement d’évolution des prix classiques parce que leur importance, leur statut, leur impact ont tout de suite été énormes sur le plan intellectuel et commercial. Cela n’a pas changé. Ce qui a évolué, c’est qu’il y a eu de plus en plus de prix qui sont venus s’ajouter à ceux de l’automne. En France, il y a deux mille prix littéraires, il ne faut pas l’oublier. Il n’y a pas une ville qui n’ait pas son prix littéraire, pas un salon du livre qui n’en ait pas! En plus, il y a des prix littéraires décernés par des médias, comme France Inter, RTL, France Télévision, le magazine Elle… C’est aussi le cas du Soir à Bruxelles avec le Prix Rossel. Ces prix de médias ont pris beaucoup d’importance parce que le jury est différent et parce que leur récompense est un soutien médiatique qui a un impact sur le public. Ces prix se sont imposés à côté des prix classiques. Il y a donc eu une diversification et une multiplication formidable des prix. Pour parler des quatre grands prix, les choses n’ont pas beaucoup changé. Je ne peux parler que du Goncourt, mais les autres ont très peu évolué. Si l’on parle du Goncourt, on remarque que l’Académie Goncourt s’est féminisée – et encore, ce n’est que trois femmes sur dix. Avant, il n’y en avait pas ou seulement la présidente, Colette. Il y a eu aussi Françoise Mallet-Joris, Edmonde Charles-Roux… Ce n’était pas beaucoup! Outre la féminisation, il y a eu le souci d’assurer l’indépendance du prix. Il faut dire que, jamais dans son histoire, le Goncourt n’a été aussi indépendant. Il y a quelques années, sept ou huit ans, le règlement a été réformé sous l’impulsion de Bernard Pivot, qui n’était pas président à l’époque, d’Edmonde Charles-Roux et de Françoise Chandernagor, notamment. Ce changement implique que, quand un membre du jury atteint quatre-vingts ans, il est automatiquement admis à l’honorariat. Il ne peut donc plus voter, ce qui est une bonne chose. En outre, il est interdit d’avoir un poste salarié dans une maison d’édition et cela, c’est une révolution, parce qu’il y a eu beaucoup d’abus par le passé à cause de cette situation. Le Prix Goncourt est un prix qui a une histoire et un rituel inscrits dans l’imaginaire collectif. Quels sont les souvenirs que vous gardez de votre entrée dans l’Académie et de votre première délibération chez Drouant? C’est particulier parce que les nouveaux jurés sont impressionnés par le lieu, par le prestige… C’est nouveau pour eux. Or, moi, qui suis journaliste littéraire depuis trente ans, je vais chez Drouant pour la remise du prix depuis très longtemps. Évidemment, je n’assistais pas à la délibération, mais j’étais là, chaque année, avec tous les autres journalistes pour avoir des informations, donc j’étais familier de l’endroit et c’était moins impressionnant pour moi sur ce plan-là. Ce qui m’a frappé lorsque j’ai été élu, c’est l’extraordinaire compagnonnage entre les Dix, le sens de l’amitié, la rigolade, le côté bon vivant. C’est important, cette vie de l’Académie. Dès que je suis arrivé, Bernard Pivot m’a dit: «La règle ici, c’est que tout le monde se tutoie!» J’avais voussoyé avec Bernard Pivot durant trente ans quand nous travaillions ensemble. Cet esprit de franche camaraderie est très agréable. L’autre chose qui m’a surpris est que j’avais toujours entendu dire que les prix étaient attribués des mois à l’avance à travers des combinaisons d’éditeurs… Ça a pu être vrai par le passé, bien sûr, mais depuis que j’y suis – et ça va faire ma sixième année – je peux certifier que ce n’est absolument pas le cas. Déjà, il n’y a pas d’accord entre nous. Nous avons des sensibilités, des opinions, des goûts très, très différents. Cette année encore, et même l’année précédente, on s’est engueulés! On s’engueule très amicalement, mais aussi très fermement, avec passion, sur des livres, sur des auteurs. Chaque fois que j’ai participé à une délibération, donc depuis six ans, le nom du lauréat s’est décidé cinq minutes avant qu’il ne soit proclamé publiquement! C’est toujours sur le fil, à une voix souvent! Ces histoires de Goncourts attribués à l’avance, même avant l’été, toutes ces légendes, c’est du bla-bla. Je peux témoigner que la lutte se fait jusqu’à la dernière seconde et qu’elle est sanglante! La troisième chose qui m’a frappé, c’est le travail. Être membre du jury du Goncourt est une activité bénévole, mais ça prend beaucoup de temps. On ne s’y consacre pas seulement tout l’été, mais toute l’année parce qu’on remet cinq prix, qu’on parraine les Goncourt étrangers, qu’on se réunit tous les mois, qu’on est invités en groupe dans beaucoup de salons, de festivals pour défendre des causes… Je ne dirais pas que c’est un full time job, mais c’est un vrai travail qui prend beaucoup de temps et qui est passionnant. Comment s’organise le travail pour faire la présélection? Tout le monde lit-il les mêmes livres? C’est très simple: on reçoit tous les livres, chacun lit ce qu’il veut et on s’écrit pendant l’été, parce que l’été est le seul moment de l’année où on ne déjeune pas ensemble à cause des vacances. Donc on s’écrit régulièrement, tout au long de l’été, pour se dire ce que l’on pense de tel ou tel livre. Au moment où je vous parle (ndlr: août 2018), je viens à nouveau de lire le plus grand nombre possible de livres de la rentrée littéraire et les neuf autres membres de l’Académie ont fait de même. Il y a des livres qu’on lit tous et d’autres que personne ne lit. Quand nous nous retrouverons en septembre, tout le terrain sera bien déblayé grâce à ces échanges. Le Prix Goncourt est un prix qui a une histoire. Cela implique-t-il une responsabilité particulière? Est-ce que vous ressentez le poids de ce devoir de laisser un palmarès qui va résister au temps et qui doit, en quelque sorte, écrire l’histoire de la littérature d’aujourd’hui? Oui, tout à fait. Il y a pour les jurés la conscience d’une responsabilité particulière. Avant de parler de l’histoire, il faut avoir à l’esprit, quand on est dans le jury du Goncourt, que beaucoup de gens qui achètent un livre par an achètent le Goncourt, et que beaucoup de gens qui offrent un livre par an pour Noël choisissent le Goncourt. On ne peut donc pas leur recommander n’importe quoi. Donc, il y a une vraie responsabilité vis-à-vis du public et des libraires. Ensuite, il y a un autre niveau de responsabilité qui est la responsabilité devant l’Histoire. En tant que membre de l’Académie Goncourt, on s’inscrit dans une continuité, on est les héritiers d’une histoire qu’on le veuille ou non. Dans cette histoire, il y a bien sûr des choses dont on est fiers et d’autres dont on est moins fiers, mais il faut assumer l’ensemble. Chacun a la conscience de s’inscrire dans cette lignée, d’être responsable par rapport à ce passé et par rapport…