Oarystis, la ville des désirs


Notes préliminaires au projet de construction d'Oarystis, la ville des désirs .  La conception de la ville puise son inspiration dans le monde de l'enfance et de la féminité, en voie de s'affranchir de ses oppressions séculaires. Elle accorde donc la prééminence au plaisir de jouer, à la passion de créer et à ce bonheur d'être à soi qui, seul, permet d'être aux autres et de contribuer à leur bien-être. Le projet est ici présenté dans son état le plus sommaire, ouvert au concours de quiconque souhaite le développer, l'illustrer, le concrétiser. On ne voyage jamais que par et dans son corps. La ville est donc conçue comme une unité corporelle, où tous les éléments agissent en harmonie. Il n'y a pas d'ordre hiérarchique dans la distribution des organes composant le corps individuel, social et urbanistique mais chacun des éléments se trouve conforté à la fois par sa propre autonomie et par la solidarité qu'il entretient avec l'ensemble. La ville…
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À PROPOS DE L'AUTEUR
Raoul Vaneigem
Auteur de Oarystis, la ville des désirs

Né en 1934 à Lessines (Hainaut), Raoul Vaneigem a participé aux activités de l’Internationale situationniste. Son Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, paru en 1967, n’a pas été étranger à la naissance et à la radicalité du Mouvement des occupa- tions de mai 1968. Son œuvre s’attache à la critique de la civilisation marchande, qu’il confronte à l’émergence d’une civilisation humaine, fondée sur l’autogestion de la vie quotidienne.



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Le documentaire « Marquis de Wavrin, du manoir à la jungle »

Rencontre avec Grace Winter et Luc Plantier Cinergie : Le Marquis Robert de Wavrin (1888-1971), ethnologue et cinéaste, est un personnage méconnu. Comment l’avez-vous connu et comment êtes-vous tombés sur toutes ces images d’archives ? Grace Winter : Je travaille à la cinémathèque et mon boulot consiste à visionner les documentaires d’avant 1960 qui font partie de notre collection et de les décrire de manière à les rendre accessibles à des chercheurs et à des réalisateurs qui ont besoin d’extraits. Un jour, j’ai eu le coup de foudre pour « Au Pays du Scalp » (1932) et pour ce cinéaste que je ne connaissais pas. C’était pour moi le début d’une longue recherche de dix ans sur le Marquis de Wavrin. J’ai regardé ses autres films, participé à la reconstruction d’un film perdu et pris contact avec son fils qui m’a permis de consulter les archives familiales. Il n’existait sur lui qu’un travail de fin d’études d’une étudiante de Louvain, un document très précieux de 1989, à caractère essentiellement biographique. C’était donc une base utile pour moi, mais c’est pratiquement la seule chose qui existait sur lui. On mentionne parfois qu’il a écrit pas mal de bouquins. Mais en fait, il est complètement inconnu. Enfin, pas inconnu, plutôt complètement oublié ! C. : Pour quelles raisons avez-vous été séduite par ses films ? G.W. : Le cas du Marquis de Wavrin constitue un point de rencontre entre mes deux intérêts majeurs : j’ai un passé d’ethnographe et je suis très cinéphile. J’ai distribué des films d’art et essai pendant 20 ans (Progrès Films) et je travaille à la cinémathèque. « Au Pays du Scalp », c’est la rencontre de ces deux choses. C’est un document ethnographique extraordinaire et même pour quelqu’un qui n’a pas étudié le cinéma, c’est cadré de manière magnifique. Ça crève les yeux, ce film ! C. : En tant que cinéaste, il a apporté des images et des témoignages. En tant qu’ethnographe aussi. Est-ce que ces images ont été utilisées par les anthropologues ? G.W. : À l’époque, oui. La raison pour laquelle il a été oublié, c’est qu’après son 4e film, en 1938, il avait le grand projet d’aller découvrir les sources du fleuve Orénoque, mais ce projet a avorté. Après ça, la guerre a éclaté. Pendant la guerre, il n’y a eu aucune activité mais après, il y a eu un véritable essor du cinéma d’exploration. D’abord en noir et blanc et très vite après, en couleur. Le concept de ses films a été complètement perdu par rapport à cette nouveauté. Il a arrêté de filmer parce que son épouse ne voulait plus quitter la Belgique. C’est comme ça qu’il a sombré petit à petit dans l’oubli. Jusqu’à sa mort en 1971, il n’a plus été très actif, il ne faisait plus que des conférences. Ici, en Belgique, même dans les milieux « spécialisés », plus personne ne le connaît. J’espère qu’il sera enfin reconnu à sa juste valeur grâce au coffret dvd (prévu pour décembre 2017) qui regroupera notre documentaire et quatre de ses films. Les extraits descriptifs des habitudes, des manières de se vêtir, de la vie quotidienne sont extrêmement précieux et rares parce qu’il existe très peu de documents aussi anciens sur les jivaros, par exemple. Des photos, oui, mais pas de films ! C. : Quelles ont été les différentes étapes du travail de votre travail, Luc, en tant que monteur dans l’élaboration du documentaire ? Luc Plantier : Nous disposions de deux matériaux : les films originaux et des bobines de rushes, de prises alternatives qui n’avaient jamais été utilisées auparavant. L’idée était que si nous utilisions un extrait de film, nous devions le montrer exactement comme il aurait été utilisé par le Marquis dans ses propres films. Nous utilisions cette matière pour monter des séquences en fonction des besoins de la narration du film. Ça a été une collaboration très étroite avec la Cinémathèque Royale de Belgique qui nous a fourni ce matériau. Ils ont réalisé des scans de ces pellicules, que j’ai utilisés dans le montage, qui a ensuite été finalisé chez Cobalt, le studio de masterisation/étalonnage. Tout ce qui concerne la remasterisation de la matière a été réalisé par la cinémathèque elle-même. Grace Winter avait écrit un scénario avec différentes intentions, différents chapitres, que nous avons mis en place dans un premier temps pour voir si ça fonctionnait d’un point de vue narratif. Ensuite, nous avons affiné tout ça. Certains chapitres ont disparu ou ont été combinés. En termes de montage, le travail a consisté à utiliser les images de la façon la plus magnifique possible – toutes ces images le sont vraiment ! – afin de les transmettre aux spectateurs par le biais de l’histoire du Marquis de Wavrin. G.W. : Nous avons convenu de ne pas altérer les extraits en tant que tels. La seule liberté que nous nous sommes permis de prendre, c’est d’enlever les commentaires qui accompagnaient ces images dans les films originaux. Parce qu’il y avait souvent une contradiction entre l’image et le texte dans les films du Marquis, c’est là la grosse difficulté du genre. Autant l’image était pure, témoignait d’une grande authenticité et montrait l’approche très complice du Marquis par rapport à ce qu’il filmait, autant le commentaire, écrit en Belgique avec la mentalité des années 1930, s’avérait souvent superficiel, avec des plaisanteries idiotes et des termes inacceptables de nos jours, que le Marquis avait sans doute dû accepter, j’imagine, par impératif commercial. Par exemple, il y a une très jolie scène avec des petits garçons assis par terre, en train de fumer, accompagnée de ces mots : « Ah, petits gamins, vous avez l’air bien sérieux ! On dirait une assemblée de magistrats ! » En enlevant ce genre de commentaires, une grande poésie et une grande tendresse ressortent des images. Nous nous sommes donc permis de le faire, pour lui être fidèles, pas infidèles. C. : Dans ses films, on découvre des peuples mais également la nature, les animaux... C’est très impressionnant de voir le plaisir qu’il a eu à les filmer, sa fascination sincère !... G.W. :  Dans certains de ses textes, il explique qu’il est complètement conscient que c’est une nature et des peuples amenés à disparaître. Il veut en être le témoin, il le répète à longueur de livres. « Il faut aller chez eux maintenant, étudier leurs mœurs, leurs coutumes, etc. avant qu’ils ne soient atteints par la civilisation. » Peut-être que le contact avec des gens aussi près de la nature, qui s’y adaptent et la respectent, a provoqué chez lui une prise de conscience qu’il n’aurait jamais eue s'il était resté en Europe. On ressent cette admiration dans ses textes. 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