Maurice Blanchot critique


RÉSUMÉ
L’œuvre de Maurice Blanchot est de plus en plus citée par les écrivains et les penseurs, mais elle reste largement méconnue. Sans doute parce qu’il n’y a jamais eu d’ouvrage qui la présente sans tomber dans une sorte d’imitation de son style qui, au lieu d’éclairer l’œuvre, l’obscurcit davantage (ou la "récupère" à mauvais escient: voir Jonathan Littell...). Maurice Blanchot critique est sans doute le premier essai qui, tout en rendant accessible ses écrits, propose aussi…

À PROPOS DE L'AUTEUR
Yun Sun Limet
Auteur de Maurice Blanchot critique
Née à Séoul en 1968, Yun Sun Limet, après des études de philologie romane, passe également un diplôme d’écriture et de littérature de cinéma et de télévision, puis travaille en France dans le domaine de l’édition. Elle est décédée le 17 juin 2019

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Marcel Lecomte. Les alcôves du surréalisme

Marcel Lecomte. Les alcôves du surréalisme , Textes de Paul ARON et Philippe DEWOLF , lettres de René MAGRITTE , préface de Michel DRAGUET, Cahier n°22 des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, 144 p., 20 € Exposition jusqu’au 18 février aux M.R.B.A.B., rue de la Régence, 3, 1000 Bruxelles. Une exposition et une publication rappellent le souvenir de Marcel Lecomte, acteur discret du surréalisme en Belgique, écrivain, poète et critique d’art qui publia en 1964 Le Carnet et les Instants – un titre qui accompagne depuis sa naissance la revue de la Promotion des lettres belges. La place de Marcel Lecomte (1900-1966) au sein du surréalisme en Belgique et d’autres mouvements d’avant-garde, est l’une des plus particulières qui soient : à dix-huit ans, il fréquente déjà le poète et graveur dadaïste belge Clément Pansaers, auteur du Pan-Pan au Cul du Nu Nègre . Un peu plus tard, par son entremise, Lecomte publie un premier recueil chez Paul Neuhuys à Anvers. Puis se retrouve, avec Paul Nougé et Camille Goemans, l’un des trois signataires des tracts de Correspondance (1924-1925), avant d’en être éjecté sèchement, car trop enclin à faire œuvre littéraire aux yeux de Nougé. Dès 1922, Lecomte a rencontré René Magritte, qui illustre son recueil Applications en 1925, et que Lecomte accompagnera, malgré une période de brouille, dans tout son parcours de peintre et d’éditeur de revues. Préoccupé de taoïsme et de pensée chinoise, de spiritualité et d’occultisme, tout comme des différentes tendances de l’art moderne, l’écrivain (Nougé ne s’était pas trompé) s’est également approché des œuvres de Léon Spilliaert, René Guiette, Henri Michaux, Rachel Baes ou Jane Graverol. Il est encore tout juste là pour repérer le devenir d’un certain Marcel Broodthaers. Il a donné quantité d’articles et de chroniques sur la littérature et les arts dans un nombre impressionnant de publications – outre une série d’articles de politique internationale, avant-guerre dans Le Rouge et le Noir , et après-guerre, au quotidien populaire La Lanterne , davantage faut-il dire, pour des raisons alimentaires que pour ses compétences d’analyste politique. Et l’on pourrait poursuivre, en soulignant qu’il était dès les années 1930 suffisamment proche de Jean Paulhan pour que ce dernier le publie dans la N.R.F. , et préface encore en 1964 son livre de récits Le Carnet et les Instants … qui a donné son nom à la revue et au blog de la Promotion des lettres belges.En dépit d’un titre qui semble plus racoleur que nécessaire ( Les alcôves du surréalisme …), l’exposition consacrée à Marcel Lecomte par les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique réussit à situer assez justement, par le recours à des chapitres groupant œuvres et documents, le parcours tout en réseaux multiples de cet homme aussi méconnu qu’atypique. Figure discrète au sein du surréalisme belge, qu’il ne parvint jamais tout à fait à quitter et dont il évite les polémiques, Lecomte fut souvent remarqué (et moqué) pour son physique ingrat, et pour son verbe d’une lenteur toute cérémonielle. L’écrivain surréaliste Irène Hamoir, dans l’une de ses nouvelles de La Cuve infernale , l’a à peine transformé, sous le personnage de Marcel Marquisat, « qui portait droit la tête, le regard hautain, le regard papal, dominant le groupe ou l’individu » . Lecomte est également au centre d’une célèbre peinture « pétrifiée » de Magritte, Souvenir de voyage (1955), que l’on peut voir aujourd’hui au Moma de New York. L’exposition propose de nombreuses archives intéressantes, et pêchées à bonne source puisque l’auteur de L’Accent du secret termina sa vie comme lecteur-rédacteur de fiches et notices au département des archives des Musées royaux des Beaux-Arts. Une fonction qui convenait bien à cet inlassable curieux, un lettré à l’ancienne plongé dans le bain de la modernité, soucieux de dénicher en toute œuvre, plastique ou poétique, le caractère de sa « spectralité ».La publication qui entoure cette exposition ajoute, elle aussi, de l’intérêt au projet. 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