Hommage à Jacques Bertrand par la SLLW


La Société de Langue et de Littérature wallonnes (SLLW) organise tous les ans une séance de « décentralisation » destinée à mettre en honneur un auteur qui a illustré les lettres en langue wallonne. C’est ainsi qu’en 2016, le 1er octobre, un hommage a été rendu à Willy BAL (1916–2013) dans son village natal de Jamioulx, et que le 11 novembre 2017, la séance de « décentralisation » a été consacrée à Jacques BERTRAND (1817–1884), à l’occasion du bicentenaire de sa naissance et cela, dans les superbes locaux du Quai 10 à Charleroi.

Comme c’est généralement la coutume dans ce type de séance, après une introduction du président de la SLLW, on a l’occasion d’entendre quatre exposés spécifiques qui font l’objet d’une publication ultérieure, dans la collection « Mémoire wallonne ».
L’actuel président de la SLLW, Bernard LOUIS, prit donc la parole en premier lieu pour remercier l’Association littéraire wallonne de Charleroi et…

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La multitude des voix : représentation sonore de la foule au théâtre (Dossier J. Pommerat)

Entretien avec François Leymarie, musicien multi-instrumentiste, compositeur, arrangeur, ingénieur du son. François Leymarie signe depuis 1993 les créations sonores des pièces de Joël Pommerat. Pour le théâtre et la danse, il a travaillé aux côtés d’artistes tels qu’Ariane Mnouchkine et Jean-Jacques Lemêtre, Alwin Nicholaïs, Dominique Bagouet, le Théâtre du Mouvement, Karine Saporta ou encore Anne-Laure Liégois, Sylvain Maurice et Greg Germain. Il réalise également de nombreux décors sonores dans le champ événementiel et muséographique.                                                            Alisonne Sinard .  Après un parcours d’études théâtrales, de littérature française (Paris III Sorbonne Nouvelle) et de management de la culture (HEC Paris), elle a travaillé au Théâtre National de Chaillot avant de rejoindre les équipes de France Culture en tant que collaboratrice pour diverses émissions : Sur Les Docks, L’Heure du documentaire, Théâtre & Cie, La Grande Table d’été.                                                                    * Déflagrations de canons, débordements de l’Assemblée et virulences de la foule : Ça ira (1) Fin de Louis plonge le spectateur dans une expérience immersive du son. Joël Pommerat donne à voir autant qu’à entendre le processus révolutionnaire en marche. Dans une esthétique où la musique cède la place à la voix, la parole s’impose à l’aide des micros, et si les motifs sonores chers à l’esthétique de Pommerat sont présents, ils n’en sont pas moins revisités. François Leymarie, créateur son de la Compagnie Louis Brouillard depuis 1993, nous raconte, à la lumière des pièces précédentes, le processus de création sonore. Démultiplier les voix A. S. : Comment a débuté pour vous le processus de création de Ça ira (1) Fin de Louis ? F. L. : Joël m’a téléphoné environ deux ans avant le début de la création. Il s’interrogeait à divers sujets : comment penser le son dans la perspective de représenter la foule au théâtre ? Comment donner à entendre et trouver le réalisme de la multitude, même avec peu de comédiens, ou plutôt, était-il possible de tricher avec le son pour atteindre une multitude de voix ? Ces questions faisaient écho à une recherche sur la voix que nous avions déjà entamée à l’IRCAM XX avec Olivier Warusfel et Manuel Poletti. Nous avons donc tenté de résoudre une demande très précise de Joël, comment faire entendre une voix à un endroit précis du gradin sans pour autant que ça soit une personne physique. Il voulait que ces voix puissent être perçues comme très localisées par le spectateur, pour qu’il tourne la tête vers quelqu’un qui serait en train de parler. A. S. : Dans quelle(s) direction(s) avez-vous cheminé pour résoudre cette question ? F. L. : Nous avons fait plusieurs tentatives : la première avec un système développé par l’IRCAM qui s’appelle le WFS. Pour vous donner une image concrète, c’est comme un objet sonore, une source reconstruite à un endroit localisé de la salle, une sorte d’holophonie XX . Mais ce système, très utilisé pour la diffusion de la musique classique ou contemporaine, est complexe et difficilement transposable au théâtre, sans cesse en mouvement. Nous avons ensuite pensé à mettre des enceintes à la place d’un spectateur, c’est-à-dire qu’en vous asseyant dans la salle, vous pouviez avoir un voisin avec un chapeau étrange, et ce serait en réalité un haut-parleur déguisé. Cette solution fonctionnait mais était loin de donner l’idée de la multitude sonore. Joël a ensuite eu une idée aussi géniale qu’évidente : faire appel à des forces vives. Ce sont des gens volontaires, qui viennent en plus des comédiens, ont accepté de jouer le jeu et de venir à des répétitions. Tout était donc basé sur la réalité sonore de la présence multiple dans l’assemblée, ce qui revient à exploiter le réalisme de l’humain, la présence humaine. A. S. : Le rôle du collectif est puissant dans Ça ira (1) Fin de Louis. Le spectateur est placé en immersion, les voix viennent de tous les côtés de la salle. F. L. : Joël imaginait mal présenter l’action de manière frontale sur le plateau, cela ne correspondait pas à l’idée de foule autour de l’assemblée et de menace du peuple. Il a très vite pensé à cet aspect d’immersion du public, pour l’associer le plus possible à l’action et qu’il se sente englobé dans ce processus révolutionnaire. Des voix, des micros A. S. : Pendant les répétitions, en quoi a consisté le travail sur la voix ? F. L. : Les comédiens étaient obligés de parler fort pour être dans l’effervescence de la Révolution, ce qui implique une manière particulière de porter la voix, très différente des autres spectacles. Dans les pièces précédentes, le contenu était plus intime, il n’y avait pas la même problématique de jeu entre comédiens et de puissance vocale. A. S. : On est très habitué dans l’esthétique de Joël Pommerat à la sonorisation des voix, par l’intermédiaire des micros HF que les acteurs portent sur la joue, des micros à mains que l’on retrouve entre autres avec les rôles de narrateur dans Je tremble 1 et 2 (2007), Cendrillon (2011). Dans ce spectacle, le micro est toujours très présent, mais son utilisation semble renouvelée avec la place dominante du micro sur pied. F. L. : Il y a toujours des micros, partout ! (Rires) Utiliser le micro sur pied, c’est une manière contemporaine d’imposer la parole. A l’époque, les assemblées avaient souvent lieu dans des salles très bruyantes qui résonnent. On pouvait entendre des cris persans, des phrases inaudibles. Il y avait même une agressivité qui venait simplement exprimer des rapports de force, des enjeux de groupe. La voix était alors une manière d’exprimer la présence dans un contexte où il restait difficile de se faire entendre. D’autre part, pour les scènes plus cadrées, plus resserrées, nous avons fait le choix de garder le petit micro HF, très utile pour gagner en précision dans l’intelligibilité des voix. A. S. : Comment les comédiens se sont-ils appropriés ce micro sur pied ? F. L. : Les comédiens qui travaillent avec Joël depuis longtemps ont une bonne connaissance du micro HF, et ont déjà rencontré le micro à main. Les deux micros n’ont pas le même son, mais tout l’intérêt était de jouer avec ces différences : contrairement au micro HF que les acteurs portent sur le visage, le long de la joue, qui nous sert aussi pour les interactions en salle, le micro sur pied permet de jouer sur la distance, en le rapprochant ou en l’éloignant de la bouche. Pendant les répétitions, le travail avec le micro sur pied était un axiome de départ, ils en ont pris possession. Le micro doit aussi être pour eux un médium d’expression de leur voix et de leur jeu. Chaque voix ensuite s’approprie le micro avec une dextérité différente. L’espace sonore A. S. : Ça ira (1) Fin de Louis est beaucoup moins musical que n’ont pu l’être les précédents spectacles comme Ma Chambre Froide (2011), Pinocchio (2007). Il y a néanmoins un choix musical qui interpelle - The Final Countdown XX – qui rappelle un certain goût pour l’art du décalage et de la surprise. Pourquoi cette musique ? F. L. : Nous avons fait une recherche pour regrouper des musiques de meeting, lorsque les hommes politiques entrent fièrement en musique dans l’arène, comme au temps des romains. Cette musique est celle qui accompagnait les meetings de Jacques Chirac en 1981. C’est plutôt de l’ordre du pastiche ici. Nous avions par ailleurs envisagé la commande d’une musique originale pour ce spectacle, mais cette possibilité s’est vite éloignée, pour des raisons budgétaires notamment. Le nombre de comédiens étant bien plus important que sur les créations précédentes, cela laissait moins d’espace…

Mémoires et antimémoires littéraires au XX e siècle. La Première Guerre mondiale ( in Comptes-rendus )

Laserra (Annamaria), Leclercq (Nicole) et Quaghebeur (Marc), dir., Mémoires et antimémoires littéraires au xxe siècle. La Première Guerre mondiale Bruxelles, PIE-Peter Lang, coll. « Documents pour l’Histoire des Francophonies », n° 15, 2008, 2 volumes, 426 et 339 p.                                                                     * Cet ouvrage en deux volumes , co-dirigé par Marc Quaghebeur, publie les actes d’un colloque organisé en 2005 à Cerisy-la-Salle par les Archives et Musée de la Littérature et l’Université de Salerne. Inspiré par les Antimémoires d’André Malraux, où « l’Histoire côtoie la fiction, mais pas au sens de sa narration réaliste », cet ensemble de textes scientifiques centrés sur la Première Guerre mondiale et ses retentissements dans la littérature, esquisse un « parcours à l’intérieur de l’Histoire et de la Littérature de la Grande Guerre », mettant en relation les regards de critiques littéraires et d’historiens. Se limitant au théâtre de la guerre sur le front Ouest, les 33 contributions publiées analysent successivement les témoignages et positions d’écrivains célèbres qui n’ont pas participé au conflit (Rolland, Eeckhoud, Proust, etc.), pour s’intéresser ensuite aux récits de toute une variété d’auteurs, acteurs, « chantres » ou témoins de la guerre, écrits en 1914-1918 ou dans l’entre-deux-guerres, tentant d’évaluer la contribution de la littérature à l’organisation de la mémoire collective de la Grande Guerre. « Rebrassages de la mémoire historique » : les contributions rassemblées dans la troisième partie de l’ouvrage explorent les rapports entre l’écriture de l’Histoire et celle de la fiction et la question du pacifisme. Une quatrième partie, « Lointains après-coups d’une mémoire toujours vivace » s’attache surtout à la prise en charge de la guerre dans la fiction narrative belge, puis deux sections finales de cet imposant ouvrage présentent « quelques figures presque transhistoriques » de l’Histoire de 1914-1918 telles la guerre des gaz et la figure de l’infirmière, ainsi que deux récits de « derniers témoins » du conflit. Une perspective très large donc pour des contributions dont la diversité montre la richesse du patrimoine littéraire inspiré par la Grande Guerre. J’évoquerai brièvement ici quelques-unes de ces contributions, qui combinent l’analyse comparative des sources historiques avec l’analyse des textes littéraires et concernent des auteurs belges. Comme le note Sophie De Schaepdrijver , le déclenchement du grand conflit provoque une véritable « mobilisation culturelle ». La Belgique envahie, « nation héroïque d’abord, martyre ensuite », occupe une place majeure dans l’imaginaire de guerre des pays de l’Entente. Dans l’entre-deux-guerres, le démantèlement de cet imaginaire de guerre voit la réhabilitation de personnalités auparavant réprouvées, tel Georges Eekhoud, écrivain francophone de racines flamandes, mis au pilori dans la presse à la Libération, et pénalisé aussi sur le plan professionnel par les autorités de la Ville de Bruxelles, pour ce qu’on jugeait alors comme son manque de patriotisme durant l’Occupation. Mais l’historienne remarque : « l’image du vieil écrivain rebelle jetant son gant à la figure de l’idéologie nationaliste belliqueuse simplifie au point de déformer ». Le journal intime d’Eekhoud, demeuré à Bruxelles sous la botte allemande, permet de suivre le cheminement de sa pensée : lors de l’entrée en guerre et du début de l’Occupation, « Eekhoud se fait le chantre de la Belgique héroïque tout comme ses célèbres confrères Verhaeren et Maeterlinck ». Initialement, il « participe pleinement à la diabolisation de l’Allemagne ». Mais ensuite, l’image d’une ville dominée par le « chacun pour soi », la veulerie et la délation domine sa vision. Son regard d’écrivain y perçoit donc surtout « l’envers de la Belgique héroïque » : au lieu de souder la communauté nationale, l’Occupation la désintègre ! Hanté par la crainte de la déchéance sociale, Eekhoud en vient vite à considérer l’occupant comme un rempart face à « l’anarchie et la racaille ». Soucieux de sa gloire littéraire, il n’applique donc pas la consigne patriotique de ne rien publier tant que la Belgique est occupée, et signe en février 1916 un contrat avec l’Insel-Verlag qui publie ses œuvres dans une « Série flamande » à fins de propagande. Eekhoud est un des rares écrivains belges à avoir accepté une telle offre, ce que ses contemporains patriotes ne lui pardonneront pas. Après la guerre, ceux qui veulent réhabiliter l’écrivain rebelle, « chantre des ouvriers et des marginaux », mettront en valeur sa qualité de Maître de la littérature belge, qualifiant ses censeurs patriotes de ratés de la littérature et de « pygmées » et le pacifisme international fera de lui un héros du refus de la guerre... À travers l’œuvre d’écrivains belges réputés de l’entre-deux-guerres (Adolphe Hardy, Martial Lekeux, Laurent Lombard et Robert Goffin), Laurence van Ypersele analyse l’évolution de la représentation d’héroïques patriotes de la Résistance civile en Belgique (tels les Grandprez, Raoul Jacobs ou le commissaire Radino), aujourd’hui tombés dans l’oubli. L’immédiat après-guerre dans le pays endeuillé est marqué « par le culte des héros dont la mort est la gloire de la Patrie vivante et victorieuse ». De 1918 à 1924, alors que partout en Belgique s’érigent des monuments aux morts et que le culte des morts pour la patrie maintient le sens du conflit, les nombreuses publications de récits hagiographiques assurent à nos héros et martyrs la survie dans la mémoire collective. Mais dans toutes ces histoires édifiantes, les patriotes héroïques « se ressemblent étrangement ». La comparaison avec la figure du soldat est omniprésente chez ces civils exemplaires, agissant en véritables « soldats de l’intérieur ». Les récits décrivent peu les actions menées par ces résistants civils, de coups d’audace en missions dangereuses, et se concentrent plutôt sur la mort face au peloton d’exécution de ces simples citoyens, hommes et femmes ordinaires. Devenus par leur martyre « de véritables héros du civisme », tous semblent périr selon un même schéma, proche du récit de la Passion du Christ. L’évocation de la barbarie teutonne contraste avec la noblesse de ces « espions » fusillés, prouvant leur désintéressement total et la pureté de leur engagement patriotique par leur sacrifice suprême. Le sang de ces martyrs, « est une semence féconde de héros » et donc « leur mort a suscité de nouvelles vocations héroïques et encouragé la combativité des soldats du front ». De 1925 à 1933, le pacte de Locarno et la détente internationale favorisent le pacifisme et la démobilisation culturelle. En réaction, les « vrais » récits de l’héroïsme civil, mêlant histoire et fiction, cherchent à prolonger le culte de la patrie en danger et à alimenter la haine du Boche. De 1934 à 1940, l’ascension au pouvoir d’Hitler remobilise les esprits. Les histoires romancées de Laurent Lombard donnent des exemples de patriotisme à la jeunesse et appellent à l’unité nationale contre les menaces fascistes et flamingantes. La solidarité et le désintéressement des « passeurs d’hommes » et agents de renseignement, bons patriotes, s’oppose à la vénalité des Allemands. Dans sa contribution « De la culture dans les camps de prisonniers ? », Nicole Leclercq contextualise les souvenirs de guerre de son grand-père, Albert Delahaut, fait prisonnier le 6 août 1914, lors de la bataille pour Liège, rapatrié en janvier 1919, après une longue détention dans les camps de prisonniers de Basse-Saxe. Elle retrace le parcours de son aïeul et les multiples activités culturelles…

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Jean-Marie Warnier , Li Blanke Leûve, illustrations de Pauline Claude , (réédition),…