Être son fils : parcours d’un enfant seul


RÉSUMÉ

Personne – personne ! – ne peut tout à fait comprendre le sentiment d’appartenance qui nous habite, nous les insulaires. Une fois partis, malgré les bombes, malgré les chairs éparpillées, malgré les voitures sans plaque d’immatriculation qui engloutissaient des gens la nuit en silence, malgré les squelettes des disparus cachés loin de leurs familles, malgré les massacres si nombreux qu’on en perdait le compte, l’île étendait ses tentacules par-delà les océans pour récupérer ses enfants et, par un maléfice qui tenait de la sorcellerie, les capturait, les ramenait à elle de leur propre volonté.

L’histoire presque vraie d’un jeune garçon seul, au parcours à la fois chaotique et riche. Se perdre dans l’alcool, s’oublier, se retrouver, côtoyer la mort et vivre sa vie pour tenter d’être.


À PROPOS DE L'AUTEUR
Isabelle Steenebruggen
Auteur de Être son fils : parcours d’un enfant seul
Je suis née à Bruxelles en 1975. Après une maîtrise en traduction à l’Institut Libre Marie Haps, j’ai vécu quelques années en Espagne pour revenir ensuite à Bruxelles où j’ai travaillé à la Commission européenne pendant dix ans. J’ai ensuite fondé une coopérative de commerce équitable, La Pachamama. Depuis 2015, je me consacre à ce projet-là, à la traduction et à l’écriture. J’ai publié une nouvelle, Judith, aux éditions Lamiroy, et un roman, Être son fils, aux éditions Pourpenser. Voici ce que l’éditrice de mon premier roman dit de moi : « Isabelle a les voyages à fleur de peau, le monde dans ses yeux bleus. Ce n’est pas par hasard qu’elle est à l’origine de La Pachamama, la coopérative de commerce équitable dont elle s’occupe. L’écriture lui vient de la curiosité qu’elle a pour les autres, leurs mondes, leurs univers. Alors, avec ses mots, elle se joue de nous et nous glisse dans ses histoires… ni vu, ni connu ! »


NOS EXPERTS EN PARLENT...
Le Carnet et les Instants

Le récit d’Isabelle Steenebruggen se présente comme une fiction inspirée de faits réels. Il retrace la biographie d’un narrateur s’adressant à une femme dont nous ne connaissons rien. Nous comprenons assez vite que nous allons lire un récit d’un homme mûr qui, tel Didier Eribon, nous relate sa vie avec une authenticité mâtinée d’un point de vue réflexif.Nous suivons ainsi le jeune Hidli, qui a grandi dans les terres cultivables au Sri Lanka avec une mère travailleuse, deux frères aînés et en filigrane, un père absent. Moins marqué par ses origines modestes que par le caractère bien trempé de sa mère, le héros se gorge de toutes les facettes de cette figure maternelle bienveillante avec qui il vit à son insu des moments fondateurs. Malheureusement, sa…


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Là où tout le réel est poésie , écrivait Jacques Sojcher dans sa préface à une précédente édition de La comtesse des digues , premier roman de Marie Gevers (1883-1975). En effet, l’œuvre de celle qui reçut une éducation mi-flamande mi-francophone et vécut de manière quasi exclusive dans le domaine familial de Missembourg où une scolarité originale lui fut dispensée notamment via la lecture du Télémaque de Fénelon et une connaissance approfondie de la Nature, repose sur un ensemble de dynamiques structurantes qui sont généralement celles du discours poétique. La littérature classique et le grand livre du jardin domanial remplacèrent donc avantageusement l’école, faisant de la petite fille un être mi-rustique mi-intellectuel et un écrivain francophone élevé au contact des patois flamands de son milieu natal. Éloignée du roman régionaliste tout comme des expérimentations modernistes, Marie Gevers, qui fut la première femme belge à être élue au sein de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique , offre à ses lecteurs, à travers des romans, des récits ou des contes comme La comtesse des digues (1931), Madame Orpha ou la sérénade de mai (1933), Guldentop : histoire d’un fantôme (1935), Le voyage de Frère Jean (1935), La ligne de vie (1937), Plaisir des météores ou le livre des douze mois (1938), Paix sur les champs (1941), La grande marée (1943), Vie et mort d’un étang (1950) un univers littéraire riche, autonome et singulier. La dimension autobiographique y est incontestablement présente. Durant la Seconde guerre mondiale, Marie Gevers, comme d’autres écrivains connus, eut des relations imprudentes , peut-on lire dans un compte-rendu de séance de l’Académie. Elle adhéra en effet à l’Association européenne des écrivains, fondée en octobre 1941 à Weimar, placée sous la tutelle du Ministère de la Propagande du Dr Goebbels.  Les sections nationales belges de cette association ouvertement anticommuniste étaient partagées en sections flamande et francophone : Pierre Hubermont, responsable de la Commission culturelle wallonne, Constant Malva, écrivain-mineur de fond, le journaliste rexiste Pierre Daye et l’écrivain régionaliste liégeois Joseph Mignolet, sénateur rexiste, en firent partie.Dans l’œuvre de Gevers, Missembourg est un ombilic. Le pays entre l’Escaut et le vieil Escaut y apparaît comme un topos îlien  et la matrice même du récit : la terre et l’eau s’y entremêlent  à travers leurs rapports conflictuels et nourriciers ; toute une activité locale, avec ses stratifications économiques, sociales, psychologiques y prend source. 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