Jacqueline Harpman


PRÉSENTATION
Psychanaliste, Jacqueline Harpman (1929-2012) a longtemps vécu à Bruxelles. Son premier roman, Brève Arcadie, lui vaut le prix Rossel (1959). Ensuite, romans et prix littéraires se sont succédé : La Plage d’Ostende, Le bonheur dans le crime, Moi qui n’ai pas connu les hommes, Orlanda (Prix Médicis 1996), La Dormition des amants, Le Passage des Éphémères et En toute impunité. Jacqueline Harpman est décédée le 24 mai 2012 des suites d'une longue maladie.

BIBLIOGRAPHIE


PRIX


NOS EXPERTS EN PARLENT
Le Carnet et les Instants

Se replonger dans l’œuvre d’une autrice aimée, mais dont on a fait la connaissance il y a de nombreuses années, c’est toujours prendre un gros risque. Il se pourrait que l’écrivain adulé déçoive, que ses ficelles paraissent grossières, que ses descriptions agacent et que ses audaces semblent à présent bien banales. Il n’en a rien été. La première chose qui frappe à la lecture de La dormition des amants, c’est à quel point le classicisme élégant de l’écriture de Jacqueline Harpman est efficace, et continue à charmer. Ensuite, bien évidemment, on retrouve avec plaisir ce trait harpmanien, si séduisant et jouissif : la mise en scène d’une héroïne émancipée qui, au fil du récit, se hisse peu…


Le Carnet et les Instants

« Les Thébains sont sûrs qu’il y a, à propos de tout, une idée déjà faite, bien rangée à sa place, on va la chercher, on l’applique et on ne s’in­terroge pas. Il suffisait que le Sphinx leur dise qu’il s’agissait d’une énigme, c’est-à-dire que la place de la réponse n’était pas connue, pour que, affolés, ils s’égarent, se cognent, trébuchent et ne trouvent rien. » Comme je refuse de croire qu’il en est de même pour les lecteurs du Carnet et les Ins­tants, je me permets d’éviter de raconter le livre de Jacqueline Harpman. l’idée de chro­nique littéraire n’entraînant pas nécessaire­ment celle de résumé.

Pas envie de raconter ces histoires de femmes qui se révoltent ou assument leur destin. Pas envie — en tout cas —…


Le Carnet et les Instants

« Dieu et le romancier ont des oreilles partout. » Voilà qui est clair. On n’aura pas à ti­tiller Jacqueline Harpman sur une préten­due objectivité de l’écrivain chère à certains modernistes de la littérature. Sa position a elle est limpide, elle est divine : j’entends tout, je vois tout. Position ancienne, posi­tion réaffirmée. Position nécessaire pour que son roman ait lieu comme au temps de Barbey d’Aurevilly, à qui elle a emprunté le titre de son livre. Si elle utilise une tech­nique littéraire ancestrale (un jour d’intem­péries, pour éviter l’ennui, quelqu’un ra­conte une histoire), l’écrivaine est bien de son époque, celle de la psychanalyse dont elle a fait son métier. Chaque jour elle est donc confrontée à des narrateurs…