Carino BUCCIARELLI


PRÉSENTATION
Issu d'un milieu d'ouvriers immigrés italiens dans la région de Charleroi où il est né en 1958 et a toujours vécu, Bucciarelli ne se sent pas l'héritier d'une tradition culturelle méditerranéenne. D'autre part, appelé par ses origines sociales à suivre une scolarité essentiellement tournée vers l'apprentissage technique, il échappe notamment à l'enseignement de la poésie des classes d'avant-dernière année de l'enseignement secondaire général. C'est donc, comme il le confesse lui-même, «par hasard» qu'il en vient à découvrir les «univers» de la littérature.Au départ, il se passionne simplement pour l'astronomie, univers qu'il découvre à treize ans dans un fascicule qui traînait chez lui, arrivé mystérieusement dans ce monde où les livres n'existent pas. Cette découverte le passionne au point que le jour où il apprend qu'il existe en ville une bibliothèque publique où l'on peut emprunter ce genre d'ouvrages, il court s'y inscrire et dévore de nombreux volumes de vulgarisation scientifique.Cette passion va s'atténuer, mais il gardera l'habitude de flâner dans cette bibliothèque et il passera, sans trop s'en rendre compte, aux rayons littéraires. Le hasard le guidera d'abord dans ce vaste univers. Assez vite probablement, un sentiment d'étrangeté, pour un garçon d'une grande curiosité intellectuelle, l'amène intuitivement sur les chemins que Kafka et Lautréamont ont balisés avant lui. Mais ce sentiment, dont il reconnaît bien volontiers qu'il découle de son goût pour les livres dans un monde familial qui n'en compte quasiment pas, n'apparaît qu'à la fin de l'adolescence.C'est peut-être d'ailleurs la seule différence qu'il éprouve entre lui et son milieu (la périphérie industrielle de Charleroi). La situation de dénuement matérielle qui est celle des familles du quartier est la même pour tous les enfants de son âge. Par ailleurs, les populations belge et immigrée vivent là dans un climat de bonne entente. Aussi son identité culturelle, vierge à de nombreux égards, peut-elle d'entrée de jeu s'ouvrir sur le monde : suivront ainsi pêle-mêle Samuel Beckett, Henri Michaux, Garcia Lorca et plus tard Yannis Ritsos et Constantin Cavafy, ainsi que de nombreux autres; il a alors la sensation de découvrir une famille de créateur.Ses premiers essais poétiques seront bien accueillis dans les petites revues, mais il sait ce qui le sépare des poètes qu'il lit avec passion et qu'un travail énorme l'attend. Il sait aussi que la particularité de n'avoir aucune formation littéraire pourra devenir une arme. Et, après avoir publié deux recueils à compte d'auteur, Carino Bucciarelli va «trouver»Les poèmes de ce qu'il considère comme son premier livre: «Le Jour d'Attila». Il a cette fois l'impression d'écrire ce qu'il veut écrire. Parallèlement à ce chemin, une vie professionnelle en usine dans un milieu où il ne se reconnaît pas l'amènera à une plus grande scission encore entre vie sociale et vie créative. Il juge d'ailleurs qu'il est encore trop tôt pour parler de cette expérience. Il est aujourd'hui enseignant dans une école technique.

BIBLIOGRAPHIE


PRIX
  •   Prix Lucien Malpertuis de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique 2020


NOS EXPERTS EN PARLENT
Le Carnet et les Instants

Voilà plus de quinze ans que ses lecteurs attendaient un nouveau livre de Carino Bucciarelli. Leur patience a été payante puisque janvier 2018 voit la sortie d’un recueil de nouvelles, Dispersion, de très bonne tenue.Carino Bucciarelli commence son recueil avec le texte qui lui donne son titre, une histoire incroyable dans le plein sens du terme puisque, dans un cadre anodin, il nous présente un homme qui se liquéfie membre après membre au contact de saletés. Le récit est vécu comme un cauchemar et l’auteur interpelle au final son lecteur, l’impliquant dans le frisson qu’il provoque. La suite est du même tonneau avec des nouvelles relativement courtes d’une rare efficacité. Le réel implose de partout dans ces histoires où tout est possible : un rapace qui parle,…


Le Carnet et les Instants

Un triangle mystérieux règne au centre de la littérature : la relation entre le lecteur l’auteur et le narrateur.  Les personnages sont les médiateurs de cette complicité triangulaire. Et souvent, la question qui se pose est « D’où viennent–ils ces sacrés personnages ? » Sont-ils issus de ce que nous nommons familièrement le réel (le vrai ?) ou pures fictions, ce qui en soi est aussi contestable. D’où surgissent ces fictions sinon de vraies constructions humaines passées par le filtre de l’expérience intime de l’auteur?Carino Bucciarelli vient de publier un nouveau roman, Mon hôte s’appelait Mad Waldrom, qui me semble un de ses plus beaux livres. Un roman-mystère construit autour de cette…