Camille Lemonnier


PRÉSENTATION
L'ampleur de son œuvre (plus de 70 volumes) et son inlassable activité de critique d'art (L'École belge de peinture, 1906), font assurément de Camille Lemonnier une des figures-clés de l'histoire culturelle belge. Tour à tour conspué et admiré (Rodenbach lui décerna le titre de «Maréchal des lettres belges»), il s'imposa comme la personnalité dominante du naturalisme en Belgique. Le réalisme de ses romans (qui lui vaudra plusieurs procès pour pornographie) est souvent contrebalancé par un lyrisme qui, tout en n'échappant pas toujours à l'enflure, témoigne d'une imagination prompte à se saisir de grandes figures mythiques. Son écriture puissante et baroque confine souvent au style artiste par son goût des tours recherchés et des termes rares ou patoisants. Rurale au départ (Un mâle, 1881), son inspiration le portera plus tard vers des thèmes sociaux (Happe-Chair, 1886; La Fin des bourgeois, 1892). À l'instar de Zola, ses derniers livres affectionnent le ton prophétique et l'allégorie grandiloquente pour annoncer le salut de l'humanité dans la réconciliation avec la nature.

BIBLIOGRAPHIE


NOS EXPERTS EN PARLENT
Karoo

Peut-on tirer quelque chose d’un livre plein de fiel ? Faut-il le lire malgré son fond misogyne et ses théories antisémites ? Ce sont les questions que Karoo se pose dans cet article portant sur un « classique » de la littérature belge, la Fin des bourgeois de Camille Lemonnier.



Quelle mauvaise prophétie ! La bourgeoisie n’est pas finie, pas même entamée… Comme les bourgeois avaient singé les aristocrates tout en les méprisant, le prolétariat a sauté à pieds joints dans le consumérisme sans arrêter de vouer les bobos aux gémonies. L’esprit de la bourgeoise mercantiliste, la « volonté d’entreprendre », de réussir, de croître, de consommer en consumant, est de nos jours la norme sociale la plus admise. La source…