RÉSUMÉ

Monsieur, qui ne voulait pas d’histoires, n’aimait pas tellement raconter ce qu’il faisait. Il faisait de son mieux en général…



À PROPOS DE L'AUTEUR
Jean-Philippe Toussaint
Auteur de Monsieur
Jean-Philippe Toussaint est l’un des auteurs belges contemporains les plus réputés internationalement. Il doit cette notoriété à une oeuvre d’une grande originalité,  et d’une densité exceptionnelle. Fils de l’écrivain journaliste Yvon Toussaint, il est né à Bruxelles en 1956, mais fera, en raison des activités de correspondant de son père, l’essentiel de ses études à Paris, principalement à Science-Po. Il débute en 1985 avec un premier roman paru aux éditions  de Minuit (maison à laquelle il restera indéfectiblement fidèle) qui fait immédiatement sensation. Il est non seulement salué comme  l’une des plus éclatantes manifestations du Nouveau Nouveau Roman, mais connaît aussitôt un retentissement considérable, en particulier au Japon où, par la grâce d’un traducteur de première force, Toussaint s’impose comme l’auteur de langue française le plus apprécié. Une dizaine d’ouvrages s’en sont suivis, qui lui ont valu une belle moisson de prix, depuis le Sander Pierron de notre Académie jusqu’au Médicis, en passant par le Rossel (qu’il partage avec Henry Bauchau) ou le Triennal, frôlant même à plusieurs reprises le Goncourt. Toussaint est aussi photographe et cinéaste : on lui doit notamment l’adaptation à l’écran de son roman Monsieur ainsi que La Patinoire, film aussi drolatique que magistral, injustement méconnu.

AVIS D'UTILISATEURS

FIRST:xfirstword - "Monsieur"
stdClass Object ( [audiences] => [domains] => Array ( [0] => 9548 ) )

Ceci pourrait également vous intéresser...

Le mont des oliviers

Il suffit de parcourir les rayons d’une bibliothèque…

Quand les gens dorment

Ariane LE FORT , Quand les gens dorment , ONLIT, 2022, 186 p., 18 € , ISBN : 9782875601513On prend l’histoire en cours – l’histoire d’un amour. Janet retrouve Pierre chez lui, dans un immeuble bruxellois promis à la démolition – avec vue sur la cathédrale. Janet : 57 ans, «  quelque chose de Barbara  », travaille dans une clinique de la douleur, «  avec pour mission de la réorganiser de A à Z  ». Pierre : «  Max von Sydow en plus chevelu  », réalisateur en vue, jusqu’à ce que. Sa fille, renversée par un tram. Décédée. Lui, plus mort que vif, depuis. «  Plus personne ne le reconnaissait, on ne le regardait plus, il n’avait pas fallu cinq ans  ». Ils sont chacun d’un autre côté de la vie, de la mort, Janet et Pierre ; et ça, davantage que la différence d’âge (il est plus âgé de quinze ans), va entraver l’histoire. Le désir. Va faire qu’«  ils ne vivraient sans doute jamais ensemble et mourraient chacun chez soi le soir venu  ». On le sait depuis L’eau froide efface les rêves (1989), Ariane Le Fort écrit de là où cela se soustrait à notre volonté, à notre maîtrise, à notre mainmise – et, avec son écriture filet à papillons, elle saisit : ce qui naît, vit & survit, meurt aussi. Ce qui jouit & peine à plaisir. Va, vient & se retire. Revient ? L’amour. Toujours.Cette remontée depuis le derme de l’amour jusqu’à l’épiderme de la page engendre une douceur si douce, une douceur qui nous fait du bien, cette douceur que l’on aime retrouver dans tous ses romans, alors que. Jamais elle n’efface les aspérités. Elle ose tout affronter, tout ramasser dans ses phrases : les fantasmagories, les moments d’abandon et les retours sur terre. Même les pensées les plus égoïstes («  Elle l’aimait fort aussi même si parfois elle souhaitait qu’il meure vite, qu’il n’attende pas dix ou quinze ans. Inutile de se taper la débâcle  »). Quand les gens dorment , le premier livre d’Ariane Lefort à être publié aux éditions ONLiT, est le roman d’un amour qui n’est pas le premier et peut-être pas le dernier. On lit le point de vue de Janet. Sa manière de perce-voir (par l’œil, les sens, l’esprit et les mots), sa façon de vivre l’histoire sont indéfectiblement liées à son passé (un viol à la sortie de l’adolescence enfoui dans le silence), à son présent (son fils s’est enfui par amour en Amérique du Sud et donne si peu de ses nouvelles), à la vie matérielle (la chaudière de l’appartement de Pierre tombe en panne et tout va se mettre à refroidir, les jours sont comptés ; le feu dans la cheminée de son appartement déborde de l’âtre et l’odeur de brûlé se répand sur tout, sur leur amour aussi). Ajoutons à cela l’épidémie de Covid-19 qui s’en mêle. Et Pierre qui ne veut, qui ne peut, qui ne fait que dormir. Si tout cela empêche l’amour de filer droit, il y a aussi ce qui le renforce : les bonheurs et les plaisirs sensuels, de la peau, du vin partagé, de la présence de l’autre. Le sourire. La beauté du monde. La nature qui renaît. Ariane Le Fort nous les donne en pleins, en déliés, en partage ; et nous transmet l’envie de vivre. D’aimer. Comme dans une chanson de variété. Mais sans nous en cacher les bassesses et les détresses. Comme dans un vrai et bon roman au plus proche du réel. Michel Zumkir En savoir plus Souvent elle le retrouvait endormi dans son lit. Quelle que soit l’heure. Un lit pour une personne et demie, installé dans le coin de la pièce qui servait à tout. Couché nu ou à peine vêtu. Et quand elle est entrée elle l’a de nouveau trouvé comme ça, habillé de son seul caleçon, étendu sur le côté, bras croisés sur la poitrine, tranquille comme s’il était mort, dans un état d’apaisement qui donnait envie d’être à sa place. Ariane Le Fort explore, avec précision et ironie, les ressorts du désir amoureux, dont la force et la pérennité ne dépendent parfois que d’une brûlure sur un tapis. ECOUTER UN EXTRAIT…

Le silence

Un texte posthume comme un ultime inventaire évoquant notamment la mort imminente et l'amour…