L'Ouragan, un roman court


Beaucoup de places étaient vacantes dans le compartiment de première, j'en choisis une sans voisins ni vis-à-vis, juste devant la cloison à porte vitrée qui sépare les non-fumeurs des fumeurs. En m'installant j'eus le sentiment de me préparer à un délice de solitude. Deux heures de trajet, peu de gares, peu de chances de voir monter la foule des affluences. Je sortis de ma serviette les partitions que je voulais revoir, me ravisai, les laissai en attente. L'avantage des voyages en train est qu'ils créent un vide, on n'est pas obligé de se mettre à la tâche. Attendre que l'envie vous vienne est un plaisir rare, perdu dans le tourbillon du devoir et des sollicitations. Je me laisserais bercer par le rythme du voyage. Bien vite, je remarquai qu'il se passait quelque chose. Après plusieurs arrêts en rase campagne, le train s'était immobilisé. – On a déjà un retard de quarante minutes, m'expliqua le conducteur qui passait dans le couloir, et ça fera bientôt une…
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À PROPOS DE L'AUTEUR
Nicole Vershoore
Auteur de L'Ouragan, un roman court
Eh oui, cinq livres. J’ai dû longtemps attendre avant de pouvoir écrire. Choses sérieuses d’abord : études, profession, enfants, mari. Mes tiroirs sont pleins d’ébauches, les personnages qui attendent aussi réels que mes dernières rencontres. J’ai publié de nombreux textes sur des auteurs oubliés du XVIIIe et XIXe siècles en Flandre, sur les premiers journaux et spectateurs belges, j’aime le passé parce qu’on y découvre ce qui ne se dit plus, pensée et sensibilité d’alors, modifiées ou, au contraire, toujours pareilles. L’inédit m’attire, l’inavoué, le secret qui n’a rien de honteux mais dont on a honte, de peur de décevoir le goût ou la mode dernier cri. A mon grand étonnement, dès Le Maître du bourg, des lecteurs, jeunes et vieux , m’ont remerciée d’avoir écrit leur histoire. Des années ’60 aux années ‘90, j’ai fait la critique littéraire des parutions néerlandaises, flamandes, allemandes et latino-américaines, et rédigé à Bruxelles et à l’étranger la chronique du théâtre, des festivals du film, de l’opéra, du ballet, des arts plastiques et des expositions historiques. Une journaliste voyage, connaît la solitude des chambres d’hôtel, voit pas mal de gens, les oreilles toujours aux aguets. Il fallait que je commence par une histoire d’amour à Bruxelles, ville attachante trop peu racontée, rarement célébrée à sa juste valeur. Quant à l’histoire du Maître du bourg, l’amour y est un tissu de désir et d’attente. J’avais plusieurs pages au sujet des hommes, de la femme vue par les hommes, du désir des femmes, de l’érotisme et des fêtes du sexe. J’en ai fait l’anthologie Vivre avant tout, réunissant ainsi six nouvelles, un roman court écrit à Rome en juillet 2005 et le roman qui me tient le plus à cœur, Remmer, terminé en mars 2004 à Berlin. Ayant lu les épopées et sagas familiales latino-américaines ou polonaises, déjà dans les années soixante-dix je conçus l’idée de créer dans un décor belge un tableau de notre propre pensée, mentalité et façon de vivre. Les personnages étaient prêts et l’histoire s’amorça. Je ne dus rien inventer, je pris sous dictée ce que j’entendais dans ce curieux souvenir qu’est l’imaginaire. En trois volumes, Les Parchemins de la Tour suivent les passions d’un seul homme, de 1808 à 1895, Le Mont Blandin retrouve les grands débats du XIXe siècle et l’intimité des familles avant le chambardement de l’Expo 58, la télé, la couleur dans la presse et la dispersion en tout sens de l’intérêt et du plaisir. Enfin, la Charrette de Lapsceure reprend la course du temps, passant par une douzaine de vies parallèles, sur un fond de désastres agricoles, d’émigration et de lutte sociale, suivis de quelques réussites, de heureux hasards et du puissant moteur de la volonté. Après l’Oklahoma, deux guerres atroces et le Congo, c’est le retour au bercail dans le paysage compliqué des appartenances politiques. Il s’arrête au moment où la joie demeure. Née le 6 janvier 1939, Nicole Verschoore est docteur en philosophie et lettres (Gand). Après une carrière dans la presse, elle ne fait plus que vivre pour écrire. 2 ŒUVRES QUE JE SOUHAITE FAIRE CONNAÎTRE Maxime Benoît-Jeannin, Georgette Leblanc (1869-1941) Yves-William Delzenne, Ainsi fut dissipé le charme nostalgique


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