Le cri du public. Culture populaire et chanson dialectale au pays de Liège (XVIIIe-XIXe siècles)


RÉSUMÉ

À propos du livre

Que peuvent nous apprendre les prédictions de l’Almanach de Mathieu Laensbergh en matière d’éveil aux idées de Lumières, au XVIIIe siècle? Quel changement de mentalité à l’égard des pratiques magico-religieuses laissent entrevoir les commentaires du livret de pèlerinage à Saint-Hubert en Ardenne? C’est à de telles questions…


À PROPOS DE L'AUTEUR
Daniel Droixhe (Elmore D)
Auteur de Le cri du public. Culture populaire et chanson dialectale au pays de Liège (XVIIIe-XIXe siècles)
Né à Herstal le 26 avril 1946, Daniel Droixhe est liégeois de souche : des ancêtres houilleurs, limeurs, tourneurs, armuriers (à la F.N., bien sûr), fondeurs l'y ont précédé depuis deux siècles. Son premier don artistique : le dessin, qui lui vaut d'être «directeur artistique» du Trait d'union, le journal de l'athénée (de Herstal) et, plus tard, de voir ses œuvres dans Hara-Kiri. Il changera pourtant bientôt de violon d'Ingres… Ses études de romane accomplies à Liège lui font découvrir Michel Foucault et le structuralisme : son mémoire, qui porte sur «L'arbitraire du signe aux XVIIe et XVIIIe siècles», est préparé en partie à Paris, ce qui lui laisse le loisir de figurer dans le film Le Cerveau. Devenu aspirant au FNRS, il soutient dès 1974 sa thèse La linguistique et l'appel de l'histoire (1600-1800) sous-titrée «Rationalisme et révolutions positivistes», qui paraît chez Droz en 1978 : cet ouvrage suscitera la création d'une Société d'histoire et d'épistémologie des sciences du langage, parce qu'il était temps que se développe, dans le sillage de sa recherche, une histoire de la linguistique. Cette reconnaissance paraît précoce aux yeux de l'institution liégeoise : l'Université n'ouvrant pas d'emblée ses portes au prodige reconnu internationalement, le voilà conservateur-adjoint au Musée de la vie wallonne. Comme le lui dit Marc Wilmet lors de son entrée à l'Académie, «vous vous retrouvez Sisyphe après vous être rêvé Prométhée!». L'ULB, en revanche, lui confie deux enseignements : la dialectologie wallonne et l'histoire de la langue française et de la pensée linguistique. Devenu chercheur qualifié au FNRS, il est demandé dans diverses universités étrangères, à Bochum, à Paris (École pratique des hautes études et École des hautes études en sciences sociales), à Ferrare, à Oxford, à Leyde. Il assure le vaste panorama «Französisch – Externe Sprachgeschichte» au sein du «Lexicon der romanistischen Linguistik». Dans le même temps, il collabore assidûment aux revues de dialectologie wallonne et d'histoire liégeoise : comme le dit toujours Wilmet : «Cette oscillation permanente de l'universel au particulier qui est votre marque de fabrique»… À présent, Daniel Droixhe partage son enseignement entre Liège, Bruxelles et Paris. Mais son violon d'Ingres le mobilise tout autant, se présentant plutôt comme une guitare électrique. Ses premiers enregistrements de rock et de blues wallons, en 1988, sous le nom d'Elmore D., lui ont valu d'être invité au Chicago Blues Festival de Bagneux, et, depuis, les CD se succèdent, qui présentent leur soliste en ces termes : «Voilà un type qui débarque dans votre quotidien morose avec sa voix tonitruante, son slide énergique, sa bonne humeur et qui vous ferait sauter un cul-de-jatte!» Daniel Droixhe a co-fondé en 2004 le Groupe d'étude du dix-huitième siècle de l'Université de Liège et fondé en 2011 la Société wallonne d'étude du dix-huitième siècle - Société associée de la Société internationale d'étude du dix-huitième siècle/International Society for Eighteenth-Century Studies. Voir aussi: Culture, Magazine culturel de l'Université de Liège, n° 1, mars 2009 : «Elmore D, de la dialectologie au blues d'aujourd'hui» Culture, Magazine culturel de l'Université de Liège, «Écrivains de l'ULg»

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Le cri du public. Culture populaire et chanson dialectale au pays de Liège (XVIIIe-XIXe siècles)

À propos du livre Que peuvent nous apprendre les prédictions de l' Almanach de Mathieu Laensbergh en matière d'éveil aux idées de Lumières, au XVIIIe siècle? Quel changement de mentalité à l'égard des pratiques magico-religieuses laissent entrevoir les commentaires du livret de pèlerinage à Saint-Hubert en Ardenne? C'est à de telles questions que tâchent de répondre les essais contenus dans le présent ouvrage, à partir d'une documentation associant littérature « populaire », journaux, catalogues de libraires, chansons, etc. La communication orale y trouve une place importante, notamment quand elle se fait dialectale. La diffusion de valeurs et d'interrogations communes s'opère aussi par le théâtre, où drames sérieux, vaudevilles et opéras-comiques — nous sommes au pays de Grétry — composent un véritable «paysage culturel» moyen. On verra ainsi comment le Laensbergh ou les mémoires rédigés à l'occasion de procès opposant des communautés rurales aux autorités manifestent le progrès du rationalisme critique, à travers un lexique où le bourgeois sensible côtoie l'aristocrate éclairé . De leur côté, les livrets de pèlerinage offrent une mutation du regard sur la «neuvaine» contre la rage, la protection sacrée cédant la place à la conception du contrat marchand et à l'hygiénisme. La réflexion sur l'«amélioration de l'espèce humaine», avec les questions de l'eugénisme, de l'alimentation des enfants et de la vaccination, entrent dans le débat qu'entretiennent le Journal encyclopédique et le Giornale enciclopedico di Liegi . Comment s'étonner de la vigueur avec laquelle les classes populaires verviétoises vont combattre l'ancien régime dans les années qui précèdent sa chute? Une figure d'exception domine intellectuellement et pratiquement l'événement : Nicolas Bassenge. La chanson «patriotique» donne la mesure de son charisme et de l'évolution que connaît celui-ci, quand se développera l'aspiration à une société pacifiée. Une même exigence de conciliation et de pragmatisme s'observe dans le traitement accordé au wallon sous un régime français moins jacobin qu'on ne l'a parfois dit. Y a-t-il continuité ou rupture entre le catalogue de la lecture à la fin du XVIIIe siècle et celui de l'époque romantique? Quelles nouveautés foncières se font jour, à côté d'une tradition persistante du livre «utile» visant désormais l'entrepreneur balzacien? Quelle réception pour un romantisme souvent jugé «dégoûtant»? Avec Georges Sand et les Vésuviennes de 1848, la revendication féministe fera irruption sur la scène locale, tandis qu'alterneront dans la chanson de conscrit complaintes de la fille-mère et gaietés de…