Entre les rives. Traduire, écrire dans le pluriel des langues



À PROPOS DE L'AUTEUR
Diane Meur
Auteur de Entre les rives. Traduire, écrire dans le pluriel des langues
Diane Meur est une femme de lettres belge d'expression française. Pendant ses études secondaires au lycée français de Bruxelles, elle prend l’initiative d’apprendre l’allemand. Après trois années de classes préparatoires au lycée Henri IV de Paris, elle intègre l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm, en section lettres modernes. Hésitant entre germanistique, lettres modernes et histoire, très vite elle se lance dans la traduction. Elle a notamment traduit "Musique et société" de Hanns Eisler (Éditions de la Maison des Sciences de l’homme, 1998), les "Écrits sur Dante" d’Erich Auerbach (Macula, 1999), "Léthé. Art et critique de l’oubli" de Harald Weinrich (Fayard, 1999) et, aux éditions du Cerf en 2001, de Heinrich Heine, "Nuits florentines, précédé de Le Rabbin de Bacharach et de Extraits des mémoires de Monsieur" de Schnabeléwopski". Elle s'attèle ensuite à plusieurs travaux, à Heine d'abord, à un livre sur les techniques mnémoniques au Moyen Âge ensuite (Mary Carruthers, The Book of Memory, Macula) et enfin à Figura d’Erich Auerbach (sur l’interprétation “figurative” de la Bible par les chrétiens médiévaux et le rapport complexe qu’elle établit avec le judaïsme, Macula). En 2002, elle publie son premier roman, "La Vie de Mardochée de Löwenfels écrite par lui-même". En 2003, paraît "Raptus". Son roman, "Les Vivants et les Ombres", paru à la rentrée littéraire 2007, a été récompensé par le prix Victor-Rossel et le prix Victor-Rossel des jeunes 2007 et le prix du roman historique-Rendez-vous de l'histoire de Blois 2008. Parallèlement à son activité de romancière, elle poursuit son travail de traductrice, notamment de Paul Nizon (son journal ainsi que "La Fourrure de la truite", Actes Sud, 2006) et de Tariq Ali ("Un sultan à Palerme" et "Le Livre de Saladin", Sabine Wespieser éditeur, 2007). En 2012, elle obtient le prix du jury de l'Algue d'or (de Saint-Briac-sur-Mer) pour "Les Villes de la plaine" (2011).  


NOS EXPERTS EN PARLENT...
Le Carnet et les Instants

Diane MEUR, Entre les rives. Traduire, écrire dans le pluriel des langues, Contre allée, 2019, 183 p., 18 €, ISBN : 978-2-376650-546Quand des collègues lui ont proposé de prendre place dans une collection de « Paroles de traducteurs », Diane Meur a accepté avec enthousiasme, tout en précisant qu’elle ne pourrait en dissocier ses « paroles de romancière ». Et c’est ce qui fait l’intérêt de ce livre qui vaut tant par la finesse des considérations sur la traduction que par la réflexion sur l’influence réciproque de ses deux passions : la migration d’une langue à l’autre et l’écriture personnelle. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un essai. Le livre est fait de textes s’étendant sur plus de quinze ans, montrant une…


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Mémoires pour nuire à l’histoire artistique de mon temps

Davantage que simplement donner le ton, le titre résonne comme un manifeste esthétique. C’est dans l’espace littéraire du peintre, graveur, dessinateur et illustrateur Félicien Rops (1833-1898) que nous entrons. Le recueil Mémoires pour nuire à l’histoire artistique de mon temps se compose de textes sélectionnés par Hélène Védrine, souvent tirés de la correspondance de l’artiste, au fil desquels l’on découvre ses théories esthétiques, sa conception (mouvante, multifibrée) de la modernité, la centralité de l’érotisme, son invention d’une forme de dandysme inspirée par Baudelaire, forme qu’il appelle le druidisme. Ce qui frappe dans la pratique épistolaire mais aussi dans les articles de Félicien Rops, c’est son individualisme forcené qu’il érige en principe d’existence et de création. Un individualisme radical qui implique de se soustraire aux modes, aux goûts mais aussi aux sirènes du succès. Dès qu’une brochette de critiques de renom (Octave Mirbeau, Joséphin Péladan, Joris-Karl Huysmans, Edmond Picard…) loue ses œuvres, Rops répond par un pas de côté en direction de l’hermétisme, de l’élitisme. La modernité qu’affectionne Rops est teintée de décadentisme, d’une aura Fin-de-siècle qui lorgne vers l’occulte, l’asocialité et le refus de tout public comme de toute publicité. J’ai en horreur les expositions (…) En art, j’ai la haine de toutes les popularités et de toutes les démocratisations. Contrairement à tous ceux qui croient que l’on travaille à sauver la société en faisant un croquis ou un sonnet, je crois que l’art doit rester un DRUIDISME, ou se perdre.  Alors qu’au 21e siècle, nombreux sont les artistes à courtiser la gloire — syndrome Andy Warhol du quart d’heure de renommée pour tout un chacun —, Rops revendique l’hermétisme de celui qui se pose en «  éternel indompté  » dont l’art est à jamais non soluble dans la sphère officielle. Porteuses d’un parfum de scandale, ses œuvres, son art érotique ( Pornokratès ), ses attaques anticléricales ( La tentation de saint Antoine ) ont choqué le monde de l’art. Illustrateur de génie des œuvres de Charles De Coster, de Baudelaire, de Barbey d’Aurevilly, Rops donne libre cours à ce qu’il nomme ses «  ropsodies hongroises  », carnets de voyage qui retracent sa quête d’origines hongroises, son sentiment d’étrangeté par rapport à la Belgique.Le ton acerbe, la pratique de l’autodérision parcourent ces textes qui ne ménagent pas leurs attaques contre toutes les écoles, tous les mouvements artistiques. Résolument anti-grégaire, Rops en appelle à l’énergie érotique ( lato sensu ) comme combustion de la création : fureurs érotiques et fureurs créatrices sont sœurs l’une de l’autre. Lui qui sent vibrer en lui l’âme des Magyars, place le champ de l’art sous la lumière de la pulsion sexuelle, du cycle vital.Dans une lettre adressée à Octave Mirbeau en 1886, il affirme une fois de plus sa solitude, sa rupture avec l’ordre des artistes bourgeois : «  j’aime mieux les porchers et les porcs que ces êtres faussement artistes et véritablement imbéciles !  ».  Grand maître des eaux-fortes, Rops grogne, mord, persifle, débusque les artistes aseptisés, les moutons de Panurge, les arrivistes, sans jamais s’exempter des foudres qu’il réserve à ses confrères. Véronique Bergen Cet ouvrage vise à rendre compte des projets littéraires de Félicien Rops. Empruntant à l’artiste les titres qu’il avait lui-même suggérés, cette sélection propose moins une reconstitution précise du projet inachevé de Rops qu’une mise en lumière des aspects divers de son écriture. Sous le titre  Mémoires pour nuire à l’histoire artistique de mon temps  sont réunis les textes, sélectionnés par Hélène Védrine au sein de l’abondante correspondance de l’artiste, qui ont valeur de manifeste et de théorie artistiques. Ils ont été classés selon les principaux axiomes de son œuvre: l’eau-forte, la modernité, l’art érotique, le druidisme. Les rares articles publiés de son vivant y ont été ajoutés. Dans chacune de ces parties, les textes sont présentés chronologiquement, afin de saisir l’évolution d’une écriture et d’une pensée.…