èl bourdon - n° 731 - Dédié à Danielle Trempont - Décembre 2020


Sommaire

  • Dès pinséyes pou Danièle da saquants bourdoneûs
    Danièle Trempont n’est plus…
    Jean-Luc FAUCONNIER
    Pou Danièle
    Jacques LARDINOIS
    Ène souv’nance… a môde di clignète a Danièle
    Nadine MODOLO
    En souvenir de Danielle Dès mîyes dè lèy
    Éric MONAUX

    Extraits d’œuvres de Danielle Trempont

  • Al choûte
    Tiène as bilokes
  • D’ombe èt d’ soya.
    I fôt qu’èl vîye mè fuche rindûwe!
    Gn-a dès djoûs
  • Ène mîye di mi.
    • Al donéye
    • Ène vènéye di Jacaranda
    • Côp d’ tins!
    • Ça n’èst nin vré!
  • Une prose «africaine» parue dans èl bourdon 565, avril 2004
    Mile tiènes pou in payis…
  • Une prose parue dans èl bourdon 714, mars 2019
    Lûsions
  • Une fable pour les enfants – et les grands – parue dans èl bourdon 715, avril 2019
    Pèchon d’avri
  • Un poème pour enfants, certes pas puéril, paru dans èl bourdon 717, juin 2019
    Croque Codâk
  • Un des derniers poèmes paru dans èl bourdon 722, janvier 2020
     Si jamés, in djoû…
  • Le dernier poème paru dans èl bourdon 726, mai 2020
    Vos-avîz l’ monde a vos pîdse!

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Un half and half

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Du tins dès diggers / Du Temps des "Diggers" (décembre 1918 - mai 1919)

Il y a un peu plus de cent ans , des troupes de l’armée australienne se sont installées dans notre région durant quelques mois avant de regagner progressivement les Antipodes. Les militaires australiens – ils s’appelaient eux-mêmes les diggers XX , les terrassiers, les excavateurs en souvenir des tranchées qu’ils avaient creusées dans les Dardanelles ou encore dans la Somme – ont «occupé amicalement» des territoires que l’armée allemande avait plus ou moins abandonnés à la hâte; sans être à proprement parler considérés comme des libérateurs, ils n’en furent pas moins accueillis avec sympathie par les populations locales. * Afin de rappeler dans quelles circonstances s’est déroulée cette «occupation amicale», nous publions une introduction historique due à Claire Dujardin , «Au temps des Aussies»; elle y balise clairement ces quelques mois qui ont longtemps laissé des traces dans notre mémoire collective mais qui risquent de tomber dans l’oubli si on ne les évoque pas avec rigueur et clarté. Généralement grands et sportifs, jeunes pour la plupart, les Aussies impressionnèrent les gens du cru et ils eurent du succès auprès de la gent féminine. Il n’en fallait pas plus pour susciter une certaine jalousie chez les jeunes Wallons qui se sentaient parfois concurrencés par ces diggers, si séduisants sous leur slouch hat, le célèbre chapeau avec un des bords coquettement relevé. Cette jalousie a pu se manifester à l’époque par le biais de textes wallons à caractère satirique – chanson, monologue, pasquéye – qu’il nous a paru intéressant de reproduire à l’occasion de ce centenaire. On profitera de l’occasion pour rappeler qu’à l’époque, le wallon était encore une langue largement pratiquée et, en plus, qu’elle servait aussi de medium privilégié en matière de satire, ce qui n’était pas le cas pour la langue française, du moins chez nous, en ce début du 19e siècle XX . Langue de la truculence, de la connivence, le wallon convenait tout à fait à une critique qui demeurait tout à fait bonhomme, mâtinée qu’elle était de l’autodérision, une autre caractéristique de la littérature pamphlétaire qui usait de notre parler patrimonial. * Nous reproduisons donc, avec une traduction française la plus littérale possible, le texte d’une pasquéye attribuée à Augustin Colonval de Nalinnes, et le texte de trois chansons dues respectivement à Charles Denis (Yves-Gomezée), Alfred Launois (Châtelet) et Louis Toussaint (Dinant). Comme c’était souvent le cas à l’époque, celles-ci se chantaient «sur l’air de» et malheureusement, ce n’était pas toujours précisé. Il n’est pas question ici de réaliser une édition «philologique» de ces textes; en effet, si l’on excepte le texte de la chanson d’Alfred Launois, nous ne disposons pour ceux-ci que de versions «reconstituées» qui ne permettent pas une étude rigoureuse de la langue. Cette langue se retrouve dans quelques autres textes qu’il nous a paru intéressant de reproduire: quelques lignes des mémoires de Félicien Barry qui évoquent la présence des Australiens à Charleroi, une courte prose de Jean-Luc Fauconnier qui rappelle un souvenir de famille châtelettain et, dans une adaptation en parler de Presles, un extrait des mémoires de Gabrielle d’Ursel par l’atelier wallon du Patrimoine preslois; l’épouse du comte Jacques d’Oultremont, évoquant en français l’hébergement d’un état-major australien au château familial. * La transcription de ces textes a été harmonisée dans le respect des prescrits du système Feller tels qu’ils sont appliqués par l’Association littéraire wallonne de Charleroi . Cette publication n’aurait pas été possible sans l’aide de deux historiens – Claire Dujardin et Bernard Lejeune – qui ont publié de remarquables ouvrages sur cette présence antipodique dans nos régions, un fait très spécifique qui risquait de tomber dans l’oubli sans leurs travaux. Nous ne pouvons que les remercier en admirant, à la fois, la qualité de leurs recherches et leur disponibilité. Les éditeurs de èl Bourdon, © Pierre Arcq, Jean-Luc Fauconnier et Jacques Lardinois, revue èl Bourdon n°718-719, septembre octobre 2019. Notes 1. Le terme digger est aussi associé au fait que vers la moitié du 19e siècle, il y a eu une ruée vers l’or, comme aux USA, en Australie. Les Australiens avaient des activités minières qui leur avait valu, déjà dès l’époque coloniale, ce surnom. 2. «The Waloon peasant speaks old French, but middle and upper classes speak French as it is spoken in France…» ‘Le paysan wallon parle le vieux français, les classes moyennes et les classes supérieures parlent le français comme il est parlé en France…’ Ces lignes du Major Donald Dunbar Coutts sont reproduites dans Claire Dujardin in «The diggers» in Charleroi December 1918 – May 1919, Osborne Park, WA 6017 (Australie), 2018. Elles témoignent de la diglossie perçue par ce militaire australien qui, bien sûr, désigne le wallon sous le très révélateur old French. Le terme digger est aussi associé au fait que vers la moitié du 19e siècle, il y a eu une ruée vers l’or, comme aux USA, en Australie. Les Australiens avaient des activités minières qui leur avait valu, déjà dès l’époque coloniale, ce surnom. «The Waloon peasant speaks old French, but middle and upper classes speak French as it is spoken in France…» ‘Le paysan wallon parle le vieux français, les classes moyennes et les classes supérieures parlent le français comme il est parlé en France…’ Ces lignes du Major Donald Dunbar Coutts sont reproduites dans Claire Dujardin in «The diggers» in Charleroi December 1918 – May 1919, Osborne Park, WA 6017 (Australie), 2018; elles témoignent de la diglossie perçue par ce militaire australien qui, bien sûr, désigne le wallon sous le très révélateur…

Ène vènéye di Jacaranda / Une senteur de Jacaranda

Ène vènéye di Jacaranda XX Quand dji ranchène dins mès ridants al cache di mès souv’nis d’èfant, mér´ seû ô mitan du dalâdje, i-gn-a toudis m’ pètit visâdje qui rit pa d’zous in tchapia blanc. I-gn-a dès vîs papîs, dès sètchès fleûrs qui dispôrd’nut pa t’t-avô m’ keûr, ène vènéye qui vint d’ drola... ène vènéye di Jacaranda! Quand dins mès mwins, drouvûwes ô lôdje, dji chû t’t-ô di long d’ leûs royes l’at’léye dès pwènes èt dès-ârnôjes, dès jwès, dès bouneûrs qui sont-st-èvoye, i-gn-a toudis yeune di mès-asdjambléyes qui m’ lét tafèt’mint disbârtéye; in-apas qui fét ridér d’ssus m’ pia ène vènéye qui vint d’ drola... ène vènéye di Jacaranda! Quand l’ vîye m’apice pal gâye, qu’ mès pîds n’ touch’nut pus têre, èvoye l’ plouve qui tchét a r’lâye èvoye al seûwe tous mès-èspwêrs, dji clâwe lès-uchs, sère lès fénièsses. Dji cache dins l’ fond dè m’ pôve tièsse après in cwin ayu ç’ qué dj’ s’ré mi minme èt sins rat’na, afuteûse d’ène vènéye d’ drola... ène vènéye di Jacaranda! Quand l’ nwâr brouyârd ô d’bout d’ mès-ans loy’ra in crèpe su mès-îs scrans, an pinsant a m’ rîyôd soçon, l’ powète qui m’a prèstè droci ène mîye di s’ tchanson, ô momint d’ fé m’ dérène bârtéle XX , èm vî pôrtrét d’ tchô èt d’ochas, mi, dji voûreu qu’on l’ rafardèle dins-in linçou... couleûr di Jacaranda!                           * Une senteur de Jacaranda XX Quand je fouille dans mes tiroirs à la recherche de mes souvenirs d’enfant, tout à fait seul au milieu du fatras, il y a toujours mon petit visage qui rit sous un chapeau blanc. Il y a des vieux papiers, des fleurs séchées, qui répandent à travers mon cœur, une senteur qui vient de là... une senteur de Jacaranda! Quand dans mes mains, largement ouvertes, je suis tout au long de leurs sillons, l’attelage des peines et des tracas, des joies, des bonheurs qui sont partis, il y a toujours une de mes enjambées qui me laisse tout à fait désemparée, un pas qui fait glisser sur ma peau une senteur qui vient de là... une senteur de Jacaranda! Quand la vie me saisit à la gorge, que mes pieds ne touchent plus terre, quand la pluie qui tombe en abondance envoie au filet d’eau tous mes espoirs, je cloue les portes, ferme les fenêtres. Je cherche dans le fond de ma pauvre tête un coin où je serai moi-même et sans contrainte, aux aguets d’une senteur de là... une senteur de Jacaranda! Quand le noir brouillard au bout de mes années liera un crèpe sur mes yeux fatigués en pensant à mon riant compagnon, le poète qui m’a prêté ici une parcelle de sa chanson, au moment de faire ma dernière escapade, mon vieux portrait de chair et d’os, moi, je voudrais qu’on l’enveloppe dans un linceul... couleur de Jacaranda!   © Danielle Trempont, revue èl Bourdon n° 731, décembre 2020 Notes 1. Jacaranda, arbre qui porte d’abondantes fleurs d’un bleu violet 2. om’ dénrène bârtéle: ma dernière école buissonnière ma dernière escapade   Jacaranda, arbre qui porte d’abondantes fleurs d’un bleu violet om’ dénrène bârtéle: ma dernière école buissonnière ma dernière escapade Jacaranda, arbre qui porte d’abondantes fleurs d’un bleu violet…