Ce qu'on oublie


RÉSUMÉ

Ça commence comme une promenade.  Une promenade pour rien. Parce que la journée est belle, qu’on ne va pas rester enfermé par une si belle journée, que de toute façon on n’a plus rien à lire et qu’on aimerait marcher en plein soleil. Et puis c’est au cimetière parce que c’est le plus proche. C’est juste en face. Il suffit de traverser la rue. C’est la première chose qu’on voit le matin en ouvrant les fenêtres. Le premier regard est pour les tombes. Donc on est là, à se promener entre les tombes. Et c’est l’été. N’importe quel été, un peu vers la fin. Et c’est une chaleur déjà défaite. Et c’est l’heure où la lumière devient douce entre les arbres. Où les ombres des pierres s’allongent. Où les allées se vident. Et avec le vide, le silence revient. Et c’est très beau.

 

Il arrive que la mémoire soit malhonnête, ou qu’elle se trompe, ou qu’elle mente. Il arrive aussi que la mémoire pleure, comme pour oublier, comme si c’était possible.

Une histoire qui commence comme une promenade. Un été qui se partage entre les mots, la musique et le plaisir. Tout cela ressemble au bonheur, à un excès de bonheur que le récit rompt et nie brutalement. Jusqu’à l’absence de souvenir.

Annick Ghijzelings se souvient ici qu’elle oublie. Son écriture sonde le lieu de la mémoire dans sa défaillance et questionne la vérité du souvenir.
Anne Leloup accompagne la promenade, du début à la fracture, puis dans le souvenir. Des images qui se jouent de l’effacement, de l’absence et du manque.


À PROPOS DE L'AUTEUR
Annick Ghijzelings
Auteur de Ce qu'on oublie

Annick Ghijzelings est née en 1965 en Belgique.  Après des études de sciences et de philosophie, elle publie plusieurs essais et récits.  En 2003, elle réalise le jardin, une adaptation de l’un de ses textes, et depuis se consacre au cinéma, documentaire et fiction. Son travail l’emmène en voyage de l’Afrique à l’Amérique latine. De ses vies ailleurs et de la grâce des rencontres, elle retient des fragments d’histoires. Suivront d’autres films, Matin calme en 2004, Terre terra terrae et Nous trois en 2008, Avant de partir en 2009 et The very minute, unfinished 1 > 7 en 2010. Ses livres comme ses films sont traversés par un même désir de travailler l’impermanence des choses et de défaire la course du temps. Autant de traces et d’indices de ce qui résiste à l’effacement et à l’oubli.  


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