130 haïkus à entendre, sentir et goûter



NOS EXPERTS EN PARLENT...
Le Carnet et les Instants

Mi-décembre à Bruxelles, à La Fleur en Papier Doré, salle Magritte à l’étage, Iocasta Huppen préside le kukaï #17, une rencontre de haïjin, auteurs de haïkus. D’une diction parfaite et d’une voix fluide, haute de gamme comme celle d’un oiseau délicat, l’auteure de 130 haïkus lit les tercets anonymisés des participants. Chacun a voté pour ses trois préférés parmi ceux du jour, surgis de contraintes ouvertes: l’hiver, thème libre, la fée Mélusine. Le gagnant est Alain Henry avec trois votes pour « Dernier voyage / mes valises / pas prêtes ».

Un haïku peut être mille choses à la fois ; toutes légères. Il est un exercice spirituel inspiré de son mentor japonais, nourri de règles ancestrales. Il est une…


AVIS D'UTILISATEURS

FIRST:haïku - "130 haïkus à entendre, sentir et goûter"
stdClass Object ( [audiences] => [domains] => Array ( [0] => 9176 ) )

Ceci pourrait également vous intéresser...

L’air est différent

Artiste plasticienne, Laurence Skivée interroge la vie par le dessin, par la…

L’épreuve et le baptême

Dans la tradition juive, le mikvé est un bain rituel utilisé pour…

Ce que le bleu ne sait pas du fragile

La poésie d’Anne-Marielle Wilwerth semble ici, plus que jamais, voguer à la crête des vagues. Largement inspiré de l’univers maritime dont l’auteure se sent proche, Ce que le bleu ne sait pas du fragile navigue de Charybde en Scylla vers un horizon visible mais indépassable. Sous le signe de la couleur bleue, si chère à l’écrivain-voyageur Nicolas Bouvier ou à Georges Perros dans ses Poèmes bleus , la poésie épurée – presque des haïkus –  suit le rythme lent de l’eau. Elle en épouse  le léger roulis, tangue sur l’océan de l’écriture qui est toujours à reprendre comme on reprend la mer après une escale forcée. Écrire un peu comme on maraude et jeter l’ancre sans réfléchir dans l’intensément bleu du vivre Seul le silence, un des thèmes privilégiés de la poétesse, peut dénicher l’intensité du présent qui s’affirme. La poésie comme «  un archet sur l’accordéon du silence  » qui dit ce silence auquel il convient de prêter attention pour capter, avec humilité, les étincelles du vivant, les éclats du vent. Les vagues parlent si bas qu’on les entend à peine C’est l’instant où le silence éteint l’incendie des inutiles bavardages  L’auteure, bergère du silence, maîtrise à la perfection cette poésie de l’intime qui questionne la fragilité de notre présence au monde. Sans fracas, sans mots superflus, les textes pointent les soubresauts d’une époque, la nôtre, décidément bien trop volubile. Le silence de la mer dès lors fait du bien, apaise le lecteur qui prend, avec ces textes, le temps du souffle. Le temps d’un moment suspendu, comme quand on lit un recueil d’Anne-Marielle Wilwerth, sous une brise légère, à la terrasse d’un café face aux gréements bleus qui grincent dans un petit port de pêche.                                                                                                                …