Neel Doff


PRÉSENTATION
Neel Doff (1858-1942) passa ses années de jeunesse à Amsterdam où elle connut la misère. Ayant épousé un citoyen belge qui l’alphabétisa et lui enseigna le français, elle publia nombre de romans et de récits autobiographiques qui constituent une fresque bouleversante de la vie populaire à la fin du XIXe siècle. Citons parmi ses œuvres Jours de famine et de détresse (1911), Contes farouches (1913), Keetje (1919), Keetje trottin (1921),  Angelinette (1923), Campine (1926), Une fourmi ouvrière (1935).

BIBLIOGRAPHIE


NOS EXPERTS EN PARLENT
Le Carnet et les Instants

On doit à Charles Péguy d’avoir été parmi les premiers à opérer un distinguo entre la pauvreté et la misère. Il expliquait ainsi dans L’Argent que si la première a tout d’un purgatoire qui peut, malgré sa dureté, s’avérer transitoire, la seconde s’apparente à un enfer au seuil duquel est commandé l’abandon de toute espérance de la part de ceux qu’elle frappe, ronge, avilit, tue. Les Jours de famine et de détresse dont Neel Doff égrènent le douloureux chapelet témoignent pleinement de cette expérience extrême, dans des pages dont le vérisme n’a rien à envier à d’autres classiques européens de l’écriture du dénuement, tel La Faim du Norvégien Knut Hamsun.

Cornelia…


Le Carnet et les Instants

Neel Doff (1858-1942), autrice d’une œuvre toujours crucialement d’actualité, n’a pas la reconnaissance critique et publique qu’elle mérite bien qu’elle suscite l’enthousiasme de fidèles lecteur.rices. Est-ce parce qu’elle est femme ? Qu’elle n’a pas grandi dans le milieu consacrant les grand.e.s écrivain.e.s ? Pourtant elle écrit, aussi bien, aussi justement, la misère du monde que les meilleur.e.s auteur.rice.s de non-fiction ou les romanciers (bourgeois) naturalistes.

Son talent de romancière prolétaire, elle l’a nourri et abreuvé de son enfance et de son adolescence passées dans la misère, des stigmates qui ont entravé son parcours d’adulte affranchie. De son don d’observation, de sa compréhension de…


Karoo

Pour ce deuxième épisode de notre série d’articles consacrés aux autrices marginales, focus sur Neel Doff et sa « symphonie de la faim ». Une grande écrivaine des lettres belges aujourd’hui trop peu lue malgré son apport essentiel à une littérature faisant la part belle au réel.

Les Bruxelloises connaissent toutes un peu Neel Doff (1858-1942). En tout cas celles qui sont déjà passées, au moins une fois, au bord des Étangs d’Ixelles et à côté de la place Flagey. Entre les deux, sur un triangle d’herbe, souvent garni de divers accessoires abandonnés, trône une sculpture usée et verdie par le temps. Ce monument rend hommage à Charles De Coster et représente les deux héros de sa grande œuvre, La Légende d'Ulenspiegel. Le personnage de Nele, penché sur…