Le premier roman de Leïla Zerhouni nous donne à lire les fragments de vie de plusieurs personnages qui transitent dans un lieu clé : une petite librairie tenue par une passionnée de livres, Madame Kéra, dans un village paisible de Wallonie.Parcouru de nombreux flash-backs, le récit débute sur le décès de Madame Kéra et revient en arrière pour nous dévoiler peu à peu les histoires tissées au fil du temps autour de cette boulimique de lecture. On découvre alors Ania, la fille adoptive de la boulangère, qui, malgré une mère aimante, cherche à combler le gouffre de ses origines et de ses questions sans réponse à travers le refuge thérapeutique de la lecture.Plus le temps passait, plus Ania se repliait sur elle-même. La rage avait laissé place à la méfiance. Elle se défiait…
Le récit s’ouvre sur la signature d’un premier contrat de travail pour Luce, 25 ans, engagée à Bruxelles pour un poste de traductrice de modes d’emploi. Elle aurait préféré traduire des romans à la quête du mot juste et dépérit rapidement dans une entreprise déshumanisée entourée de collègues froids et distants, empreints d’une certaine méchanceté compétitive.Au détour d’un hasard, elle découvre son collègue Qina, un sans-papier originaire du Zimbabwe qui s’occupe de l’entretien des bureaux. Tels deux animaux craintifs, ils s’approchent progressivement l’un de l’autre et tissent une amitié qui marie fil par fil leur monde dans leur diversité et leurs ressemblances.Qina disparaît du jour au lendemain et laisse à Luce une lettre où il lui explique…
HYPOTHÈSE # 1Leïla Zerhouni est une autrice touchant à divers genres : roman, nouvelle, poésie, littérature, littérature jeunesse. Dans ses écrits, elle explore des thématiques qui la concernent personnellement ou qui la préoccupent, telles que sa double origine, algérienne et belge, le fait de vivre à cheval sur deux cultures, deux façons d’être au monde, les grands bouleversements et les remises en cause actuelles. Ses livres parlent d’écologie. Du fait d’être femme. De guerres. De migration. De déplacement de population. D’injustices. Je pense ceci : Leïla Zerhouni se fiche de faire littéraire. Compte pour elle le fait de donner à lire ou à entendre des textes inscrits dans l’ici et maintenant. Des textes écrits pour tout le monde. Des textes…