Claude Froidmont

PRÉSENTATION

Claude Froidmont est né en 1961 à Rocourt, près de Liège. Romaniste de formation, il vit, aujourd’hui, en Gironde, où il enseigne les « Lettres ».

Il a publié Chez Mauriac à Malagar aux Impressions Nouvelles et Perversus ou l’hisoire d’un imprimeur liégeois au temps des lumières chez Weyrich.


BIBLIOGRAPHIE


NOS EXPERTS EN PARLENT
Le Carnet et les Instants

Les trajets d’une vie sont parfois – et fort heureusement – faits de circonstances où le hasard tient sa place. Si les talents d’historien et de conteur d’Henri Guillemin, célèbre chroniqueur médiatique des années 1960, 70 et 80, n’étaient pas parvenus aux oreilles de Claude Froidmont (c’est le pseudonyme d’un Liégeois, aujourd’hui professeur de lettres à Bordeaux), nous n’aurions pas entre les mains ce livre, Chez Mauriac à Malagar. Car a priori, rien ne destinait Claude Froidmont (qui, tiens, porte le même prénom que Claude Mauriac, le fils écrivain lui aussi, de l’auteur de Thérèse Desqueyroux) à s’intéresser à ce romancier bourgeois, issu de la droite catholique française, gaulliste, conservateur à bien des égards, et néanmoins en son époque,…


Le Carnet et les Instants

Je suis entré deux fois dans Perversus, ce qui signifie que j’en suis sorti. La première fut aisée : « C’était un soir d’octobre, dans une plaine du nord, où bruissaient des rumeurs de guerre. » Dès les premières lignes, je mesure où je pose le pied. Un roman historique mais épuré, sans descriptions échevelées, digressions alambiquées. Un roman romanesque, avec un zeste de suspense, du mouvement, des personnages en trois dimensions. Un roman bien écrit, narré dans la fluidité.Je mesure ? Oui et non. Claude Froidmont nous faufile au côté d’un officier supérieur à la veille d’une bataille décisive, vers 1746, près de Liège. Singulier. Le héros est à la fois très présent tout en demeurant dans l’ombre, énigmatique. Son nom n’est pas divulgué ni son…


Le Carnet et les Instants

Bernard est obèse, adipeux, gorgé de graisse, « comme un énorme beignet trempant dans son huile avant d’être abondamment sucré dans l’assiette ». Cette caractéristique physique s’est imposée à lui dès son enfance, a été gonflée par les soins culinaires maternels, a nourri les moqueries de ses camarades de classe et les regards avides des inconnus, a englouti ses velléités de se frotter au monde. La réclusion s’est rapidement profilée comme le salut possible, entre les murs de sa chambre du vivant de ses parents d’abord, dans une maison au milieu des arbres (dont la boîte aux lettres se situe à un kilomètre, toujours parcouru en quad) ensuite. À l’abri, il s’adonne à ses péchés mignons : la nourriture, en chair et en lettres. Car le narrateur présente…