«Notre sphère secouée d’intempéries humaines, il convenait de l’observer avec le patient recul d’un aède issu de la constellation des Pléiades – et donc, du point de vue de l’Ombu. Car l’arbre millénaire sait (non moins que Diderot, descendu ce jour-là de sa statue de bronze) qu’elle fut taillée dans l’une de ses branches, la flèche incendiaire ayant fracassé à New York une tour de verre.» Avec ce nouvel opus, Jean-Louis Lippert veut inventer un genre nouveau, ni roman, ni récit, mais tohu-bohu. Afin de mieux recréer par la fiction les discordances de la société actuelle, et en dénoncer les paradoxes.
Auteur de Tango tabou de l’Ombu : Tohu-bohu
Monsieur Satie : L'homme qui avait un petit piano dans la tête
Pour découvrir l'oeuvre d'Erik Satie à travers une histoire et des extraits des plus célèbres pièces du compositeur. Mélancolique et triste à souhait, cet album-CD n’en est pas moins magnifique. Parler d’Erik Satie - le solitaire, le marginal, l’excentrique souvent incompris -impliquait un ton décalé, gentiment moqueur et grinçant, que rend très bien la voix du récitant François Morel (qui doit sa célébrité, rappelons-le, à l’émission télévisée des Deschiens sur Canal +). Ce n’est pas une araignée au plafond mais juste un petit piano que Monsieur Satie a dans la tête. Les notes de musique y trottent, y vagabondent sans relâche. Il est audacieux, anticonformiste, se moque du wagnérisme et des vaniteux. De son cœur s’échappent des mélodies simples pour rêveurs et poètes, un public qui lui ressemble. « Monsieur Satie parle parfois à la lune. » Et parfois aussi, « Monsieur Satie met son smoking pour écrire une partition. » Il compose, explore, mélange les genres au risque d’être méprisé. Certains l’admirent cependant, comme Cocteau ou Picasso. L’illustratrice Elodie Nouhen évoque bien l’esprit des surréalistes et la solitude du petit monsieur perdu dans le tourbillon des notes. Touches de piano, métronome, partitions…sont surdimensionnés par rapport au musicien qui ne semble pas plus haut que trois chapeaux. Ce que Raymond Lulle appelait « la tristesse par surabondance de pensée » s’applique…