Stromae est mort à New-York



À PROPOS DE L'AUTEUR
Thierry Coljon
Auteur de Stromae est mort à New-York
Après de nombreux livres consacrés aux chanteurs belges, Thierry Coljon, journaliste au « Soir » de Bruxelles depuis 1981, a publié aux éditions Lamiroy un roman (Stromae est mort à New York), deux opuscules (TCJ n’existe pas et Palmyre).


NOS EXPERTS EN PARLENT...
Le Carnet et les Instants

Marine, une jeune journaliste, était venue à New-York pour interviewer Wil.i.am des Black Eyed Peas, mais l’annonce de la mort de Stromae, dans une chambre d’hôtel cossu de Manhattan va bouleverser son programme et sa vie. Rien ne colle. Marine le sent. Elle appelle son père, journaliste musical depuis trente ans, pour qu’il la conseille, lui donne des tuyaux pour mener son enquête. Car elle veut comprendre. Elle veut savoir ce qui s’est passé dans la tête de cet artiste qu’elle a déjà rencontré auparavant, et qui avait encore tant à offrir à son public.Elle va donc se jeter à corps perdu dans les coulisses d’une œuvre, d’une ville, tracer des cercles concentriques autour de Stromae, tenter de joindre son manager,…


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Poids plumes

Qu’allait écrire Nicole Malinconi, après avoir donné voix à Theresa Stangl, la veuve de Franz Stangl, ex-commandant du camp d’extermination de Treblinka ( Un grand amour , 2015 ) et entrepris sa première fresque historique ( De fer et de verre . La Maison du Peuple de Victor Horta , 2017 ) ? Où son écriture allait-elle la mener ? Elle qui n’œuvre jamais dans la compétition, le calcul, le bruit et la fureur du temps présent n’a pas surenchéri ; elle est revenue à nu, sans documentation, au départ ; elle a retrouvé son fidèle regard, l’a ouvert sur l’alentour, le pas très loin ; elle est retournée vers ces vies minuscules à qui elle a toujours accordé une place de choix dans ses livres, vers les plus minuscules des minuscules, ces/ses oiseaux qu’elle aime tant. Ces oiseaux qui s’avèrent, aussi, une épreuve pour son écriture. Lire aussi : Nicole Malinconi, brève histoire d’une écriture (C.I. n° 197) ***Je ne devrais peut-être pas, cela pourrait sembler simpliste, et pourtant je me l’autorise. À rapprocher Nicole Malinconi des oiseaux qu’elle écrit, et dire : Elle n’est pas telle le ramier posé sur le faîte du toit avec sa posture de grand placide, sa «  manière de regarder passer la vie comme qui regarderait le dehors, de sa fenêtre, tranquille  » ; elle est plutôt comme les oiseaux de petit format qui ne prennent pas «  des airs de philosophe  » et sont faits «  pour l’intranquillité  ».*** Intranquille est aussi son écriture. De ne pouvoir dire l’oiseau dans tout son être, son paraitre, son attitude, sa gestuelle, ses déplacements, ses agissements – dans tout son réel (pour employer un mot que l’autrice lie à sa démarche littéraire depuis son premier livre, Hôpital silence ). De devoir rester dans l’à-peu-près ou les balbutiements (les termes sont d’elle). Souvent sa phrase doit se corriger. Doit s’y reprendre à deux fois («  Une pie plonge du haut de l’immeuble. Disons plutôt qu’elle tombe comme une pierre. » [je souligne]) Et encore tout ne sera pas dit pour autant. L’écriture ne dit jamais tout. De cela elle a déjà parlé souvent.***Si intranquille est son écriture que dans un autre de ses livres paru aux Editions de l’Esperluète, Les oiseaux de Messiaen (2005), à peine commençait-elle à écrire les oiseaux qu’elle se laissait entraîner dans une réflexion sur l’écriture et ses contraintes, ses impossibilités. Son essence.***Intranquille et pourtant un calme, une quiétude, une sérénité nous gagnent à la lecture de ce livre sur les oiseaux.***Tout au long de Poids plumes , elle qui regarde les oiseaux plus qu’elle ne les écoute (elle n’est pas Messiaen et son écriture n’est pas musicale), pour se pro nommer – et afin de donner tout l’être aux oiseaux – elle se neutralise, s’efface tant que faire se peut et dit « on ». Comme le rappelle Laurent Demoulin dans son article paru dans le numéro 55 de la revue Textyles , « Nicole Malinconi, le style ou l’écriture ? À propos de De fer et de verre  », le « on » est «  comme une marque stylistique qui colle à la plume de Nicole Malinconi  » et «  s’adapte aux besoins de la cause  ». Dans De fer et de verre , le « on » pouvait être, entre autre, la voix du peuple. Ici, il n’est plus qu’une personne, à peine quelqu’un, qui regarde le peuple des tout petits dans l’immensité du monde brutal.***Nicole Malinconi est particulièrement attentive à la transformation du monde et à ses conséquences. À ce qui disparaît. À ce que cela induit. Pour l’être humain, ailleurs dans son œuvre. Pour les oiseaux, dans ce livre-ci. Comme, par exemple, l’enfouissement des fils électriques qui ne permet plus les rassemblements préparatoires aux grandes migrations.***Dans le cadre de son regard ou de ses souvenirs, les oiseaux sont en colonie ou en solitaire.***Pour illustrer le texte, Kikie Crêvecoeur pose aussi un cadre (au trait noir) à ses dessins (gommes). Des vignettes, on dirait. Parfois les oiseaux y sont en bande, dessinés, parfois ils y sont esseulés. Jacques Dubois parle également de vignette à propos de certaines formes brèves de Nicole Malinconi. «  Même littéraire, une vignette sera du côté de la modestie et de l’impromptu, dût-elle pourtant avoir exigé du travail et mis en œuvre tout un art.  » ***Les oiseaux de Nicole Malinconi ne sont pas sans relation avec l’être humain, même si le plus souvent ils l’ignorent. Ils lui renvoient ce qu’il est : un être de mots (un parlêtre), un être à qui est réservé « l’impuissance, le désespoir ou l’angoisse  » qu’il ait, ou non, «  vu mourir un canard  ».***Dans leurs interactions avec les êtres humains, souvent les oiseaux se tiennent à carreau pendant que ceux-ci sont debout derrière leurs carreaux, à les observer. Peut-être même à espérer les attirer.***Les êtres humains restent là, démunis, face aux oiseaux. Avec toutes leurs questions, sur le pourquoi et le comment de leur comportement, de leur déplacement, de leurs criaillements, ils sont là, et les oiseaux ne leur répondent pas. Déjà qu’ils savent si peu de choses sur eux-mêmes.***Il y a les oiseaux qu’elle a vus, ceux qui lui en rappellent d’autres, dont elle se souvient, il y a les oiseaux qu’elle imagine, ceux qui ont été soignés, il y a aussi ce chardonneret sur la toile de Carel Fabritius, il y a les oiseaux en liberté, d’autres avec le fil à la patte, il y a aussi l’oiseau qui se tient au bord de, celui qui est dans le cadre de la fenêtre. Il y a ceux dessinés par Kikie Crêvecœur, de gommes et de trait, ils s’accordent si bien à ceux d’encre et de mots de Nicole Malinconi.***Pour le vol, il n’y a pas mieux que les oiseaux…***Pour finir, on voudrait en revenir au début, à la dédicace qu’elle fait à une nuée d’oiseaux, en les citant un à un, par leur nom d’espèce. «  À la Perdrix grise, à la Perdrix rouge, à la Grive musicienne, au Bruant jaune, au Guillemot, etc.  » ; elle en cite ainsi plus de septante. Elle les ramasse sur deux pages avant de leur donner la liberté dans la suite du livre. 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