Norma, roman


RÉSUMÉ

Norma Jean Baker était une femme.

Marilyn Monroe était un mythe.

Et si Norma n’était pas morte le 4 août 1962 ?

Et si, ce jour-là, elle avait tué le mythe ?



PRIX
  Prix Charles Plisnier, 2007

À PROPOS DE L'AUTEUR
Daniel Charneux
Auteur de Norma, roman
Daniel Charneux est né en 1955. C'est un romaniste ULg de la promotion 1976. Il a publié un recueil de nouvelles : Vingt-quatre préludes (2004) et huit romans que caractérisent habileté narrative et netteté du « phrasé » : Une semaine de vacance (2001), Recyclages (2002), Norma, roman (2006), Nuage et eau (2008), Maman Jeanne (2009), Comme un roman-fleuve (2012), Trop lourd pour moi (2014) et Si près de l’aurore (2018). Son œuvre poétique publiée se limite aux haïkus de Pruine du temps (2008) et de Si longues secondes (2010). Ces ouvrages ont séduit tant la critique que le public. C'est ainsi que Norma, roman a reçu le prix Charles Plisnier en 2007 et que Nuage et eau, finaliste du Rossel 2008, a obtenu en 2010 le prix France-Communauté française de Belgique décerné à Paris par l'Association des Écrivains de Langue Française. Si près de l’aurore, un roman historique inspiré par la vie tragique de Lady Jane Grey, a obtenu en 2019 le prix Gauchez-Philippot et le prix quinquennal du roman historique Alex Pasquier.  La palette de Daniel Charneux est large. Norma, roman met en scène une Marilyn Monroe qui ne serait pas morte en 1962, mais écouterait en boucle la Norma de Bellini dans le désert. Nuage et eau évoque subtilement les liens qui unirent deux personnages historiques du bouddhisme japonais : le moine Ryôkan et la moniale Teishin. Maman Jeanne narre avec tendresse les (dés)illusions d'une humble femme de chez nous.


NOS EXPERTS EN PARLENT...
Le Carnet et les Instants

Norma, roman est paru en 2006 aux éditions Luce Wilquin. Lauréat du prix Charles Plisnier en 2007, le livre poursuit son chemin avec une réédition aux éditions du Sablon en 2021 – l’occasion pour les lecteurs et les lectrices de (re)plonger dans une réalité alternative où le temps du mythe n’est plus. Un espace où Norma Jean a abandonné Marilyn aux extrapolations de la foule carnassière et vieillit, avec le souvenir de l’autre, au milieu du désert de Mojave.Laisser sa trace, son empreinte. Imprimer sa main sur le mur, comme l’homme préhistorique. Rester dans le souvenir des autres. Que reste-t-il de ces années de folie ? Des milliers de photos, une trentaine de films, une vingtaine de chansons. De la pellicule,…


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Recueil de nouvelles, Vivaces de Sandra de Vivies, fait portraits et états de notre monde, passé et présent, en jouant du langage pour aborder la nature végétale et animale, humaine y compris. Première publication de la toute jeune maison d'édition La Place , Vivaces regroupent huit courtes nouvelles, ponctuées de photographie en noir et blanc (ces dernières en majorité réalisées par l’autrice) . Entre récits texte-image et prose poétique , Vivaces s’inscrit pleinement dans la ligne éditoriale des éditions La Place. camera obscura 1 propose une entrée en matière qui cherche à préserver l’inconnu et son pouvoir fécondant sur l’imagination, l’occasion de découvrir un style, mais surtout un regard, qui, dans la banalité, arrive à trouver l’originalité : « En s’installant à Laville, Edna avait pris la décision de ne jamais se rendre au bout de la rue. 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Si corps palimpseste fait appel au Paris du début XX e , où : « tu te rends compte, Joe, une femme, en 1917, conductrice de tram », et s’inscrit dans l’urbain, la vitesse, et le mouvement, hors-champ dépeint, au travers d’un regard observateur, posé et caché, une faune forcée de migrer, mettant en exergue ces autres réfugiés climatiques. « Son pelage luit dans les herbes hautes, où fricotent les graminées, les chardons bleu silex, les œillets sauvages. Les petits éclats or qu’il lance dans l’air témoignent de l’effort, de l’effort et sans doute de la peur, / de cette sorte de peur qui commande les muscles. » cyanotype, juste après, se plonge dans ce temps insouciant où il suffisait de planter un drapeau pour posséder, conquérir une ile lointaine, jusque-là inexplorée, inexploitée. Et en dernier, révérence peint le portrait d’un écrivain passionné par les plantes, mais du point de vue d’une plante, le noisetier de sorcière. 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