L'esthétique de Georges Rodenbach


RÉSUMÉ

À propos du livre

Dans cette étude sur l’esthétique de Georges Rodenbach, nous avons essayé de synthétiser, en relation avec ses principaux sujets d’inspiration, les caractéristiques de fond et de forme qui assurent au peintre des villes silencieuses et à l’un des meilleurs maîtres du symbolisme une place éminente parmi les grands écrivains de langue française.


DOCUMENT(S) ASSOCIÉ(S)

Table des matières

Préliminaires

Introduction

PREMIÈRE PARTIE
RECHERCHE ET AFFIRMATION D'UNE ESTHÉTIQUE.

APERÇU CHRONOLOGIQUE
1. LES POÉSIES
1) Premiers tâtonnements. Les oeuvres reniées
2) La transition
3) Les oeuvres de maturité
II. LES ROMANS, NOUVELLES ET CONTES
III. LE THÉATRE

DEUXIÈME PARTIE
I. LES ATTITUDES DE SA PENSÉE
Le mysticisme. La hantise de l'Inconnu
Le renoncement à la vie active et le refuge dans le rêve
Le monde vu comme une oeuvre d'art
II. LES GRANDS THÈMES
La Flandre et les villes
La vie des Choses
Le silence
La mort
III. LES MOYENS STYLISTIQUES ET PROSODIQUES
L'Impressionnisme. Caractères de l'impressionnisme chez Rodenbach. Les répétitions. Les thèmes et la création métaphorique
Images et symboles
Dynamisme et lenteur. Structure de la phrase
La métrique. La musicalité du vers

APPENDICE
Lettres inédites de Georges Rodenbach
Photographie d'un manuscrit de Georges Rodenbach : L'Ami des Miroirs (conte du Rouet des Brumes)

BIBLIOGRAPHIE
ŒUVRES DE GEORGES RODENBACH
Poésies
Théâtre
Romans, nouvelles et contes
Critique et Essais
Préfaces
Articles et comptes rendus

LIVRES A CONSULTER

ARTICLES A CONSULTER


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Parce que le grand œuvre de Proust est inépuisable à cet égard. Parce qu’ici c’est le « comment » qui varie et que pour Dubois l’entrée dans le roman est différente. Il ouvre des pistes nouvelles, notamment à travers la sociologie des personnages. Gilberte Swann est, comme l’annonce le titre, la nouvelle héroïne. Elle a ceci de particulier qu’elle est binaire, dans le partage dès l’origine, puisqu’elle a un double héritage. Fille d’une cocotte et d’un grand bourgeois, elle a hérité la beauté de sa mère, Odette de Crécy, peut-être aussi sa frivolité quand elle était jeune, mais aussi la finesse et la culture de son père, Charles Swann. De ces origines, elle tire surtout un sens de l’alternative qui aux yeux de Proust en fait une médiatrice par excellence. Par exemple, elle révélera au héros narrateur que le côté de chez Swann et le côté de Guermantes ne sont nullement contraires dans la topographie de Combray puisqu’un simple raccourci permet de passer de l’un à l’autre. Dans sa vie elle traversera les deux côtés, d’abord de manière socialement ascendante, puisque de Swann, en passant par de Forcheville, par adoption, elle deviendra Guermantes par son mariage avec le marquis de Saint-Loup, pour déchoir à la toute fin quand, lassée des duchesses mais surtout parce qu’elle choisit un autre camp, elle dérive vers la médiocrité. Voilà un destin complet, comme le souligne Dubois. Sa trajectoire est directe, conduite par choix, semble-t-il. Elle fédère les extrémités sans quitter sa propre personnalité et une ligne relativement droite. Absente presque totalement pour les deux tiers de la Recherche , sa présence est capitale, au début et à la fin. Dubois souligne, malgré une disparition apparente, cette constance,  en insistant sur ces deux seuils, mais aussi en faisant à la fin de chacun de ses chapitres un signe à son héroïne.Une autre originalité de la lecture de Jacques Dubois est son choix d’entrer dans l’œuvre par la grâce de trois personnages masculins. En effet, il a repéré dans la totalité de la Recherche trois occurrences du terme « sociologie ». Chacune a trait à un personnage. Soit Charlus dont la sociologie est poétique par ses références à l’histoire, l’élégance, le pittoresque  et le comique. Swann, ensuite, bourgeois juif de grande culture qui fréquente à la fois les parents du narrateur, les Guermantes et,  un temps, les Verdurin et épousera une femme qui n’est pas son genre. Lui, il pratique une sociologie amusante, prenant plaisir à improviser des réunions de salon improbables. Enfin Saint-Loup qui déploie sans doute la plus paradoxale de ces sociologies parce qu’il veut briser les barrières entre castes par ses options personnelles : lire Proudhon et sympathiser avec de pauvres étudiants socialistes. Il contrevient aussi à la sociologie de Combray, symbole de la doxa.Cette sociologie paradoxale à l’œuvre signe la modernité de Proust : montrer le pouvoir de mutation des personnages et surtout leurs tendances contradictoires est une constante dans la totalité du roman. C’est alors que l’ouvrage de Dubois est si intéressant parce qu’il va débusquer dans le texte et en dessous le sens dérobé ou refoulé qui s’avère majeur. Il en va de même pour cette mise en évidence de Gilberte Swann jusqu’à faire le roman d’un personnage qui n’apparaît pas dans l’interlude avec Albertine. 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