Hannah Arendt ou le mal comme absence de pensée


RÉSUMÉ

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Le Carnet et les Instants

Il est courant d’entendre que depuis Platon, la philosophie occidentale n’ajoute que des notes de bas de page à ses dialogues socratiques. Du moins jusqu’à la Shoah. Alors, la pensée est devenue plus que vertigineuse : il ne s’agit plus de prendre conscience de la mort à un degré humain et/ou divin, mais d’appréhender la fin de l’humanité à un niveau commun, proche ou lointain. Soit dans son ensemble à tout moment atomique, climatique, soit dans son esprit-même : que reste-t-il d’âme, d’espérance, de poésie, bref d’humain dans le cœur de l’humanité depuis la Shoah ?François De Smet, avec Hannah Arendt ou le mal comme absence de pensée, né d’une conférence pour les Midis de la Poésie, rappelle…


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On a tous un ami noir : Pour en finir avec les polémiques stériles sur les migrations

Spécialiste du climat et des migrations, qu’il enseigne à l’université, François Gemenne consacre son dernier livre On a tous un ami noir à démonter les idées reçues et autres «  polémiques stériles » sur les migrations. Le titre est un pied-de-nez à l’« ami noir », brandi comme preuve de leur ouverture d’esprit par tous ceux qui réclament que les étrangers rentrent chez eux . Derrière ce titre légèrement provocateur, la démonstration est solide, documentée, mais aussi accessible. François Gemenne part d’un constat. S’agissant de l’immigration, le débat se résume souvent à une opposition entre le camp des « pour » et celui des « contre » – une opposition qui aujourd’hui, recoupe souvent le clivage entre la gauche et la droite. Penser les migrations en ces termes revient, selon le chercheur, à légitimer le point de vue de l’extrême-droite. C’est elle qui, la première, a présenté l’immigration comme un phénomène à combattre, car il appauvrirait le pays d’accueil. Voulant réfuter les thèses extrémistes, les autres sensibilités politiques ont réagi par l’examen des couts et avantages de l’accueil des étrangers et la mise en exergue tantôt des premiers, tantôt des seconds, au gré des idéologies voire des opportunités du moment. Pourtant, insiste François Gemenne, il n’y a pas lieu de poser la question des migrations en ces termes : elles sont un fait, aujourd’hui comme hier. Les politiques de contrôle et d’expulsion les plus dures, destinées à juguler les phénomènes migratoires, ont toujours eu pour effet d’augmenter la clandestinité, non d’arrêter l’aspiration à gagner des horizons plus cléments.Ce n’est pas la seule idée préconçue à laquelle On a tous un ami noir tord le cou. François Gemenne montre aussi que les pays occidentaux prospères ne sont pas les destinations les plus recherchées par les migrants venus de zones de conflits ou de pays pauvres : la plupart des mouvements se font à l’intérieur d’un même pays, ou vers un pays voisin. De même, dans l’imaginaire collectif, l’immigration est souvent associée à « toute la misère du monde », selon la fameuse formule de Michel Rocard. Faux, là encore, explique l’auteur : pour décider de partir, de tout quitter, il faut être dans une situation devenue intolérable, mais parmi ceux qui expérimentent cette détresse extrême, seules les personnes qui ont des moyens financiers certains peuvent franchir le pas et tenter de rejoindre un ailleurs : La plupart du temps, ce n’est pas l’incitation à émigrer qui fait défaut, mais le manque de moyens : la migration reste une chimère inaccessible. Un constat qui jette un jour cru sur l’actualité de notre Europe confinée : La crise du coronavirus a aussi été le témoin d’un exode massif […] à l’intérieur des pays confinés. En Europe, on se souviendra de ces scènes où les trains étaient pris d’assaut, que ce soit à la gare de Milan ou à la gare Montparnasse, la veille des restrictions de circulation. Paris a ainsi perdu plus de 10% de ses habitants – l’île de Ré, quant à elle, a vu sa population augmenter de 30 %. Et sans doute, parmi ceux-là qui cherchaient refuge dans une résidence secondaire, s’en trouvait-il certains qui n’avaient pas compris pourquoi les réfugiés syriens ne restaient pas dans leur pays à affronter Bachar el-Assad ou Daech. Loin de tout angélisme, On a tous un ami noir présente des faits, des chiffres. Détricotant les lieux communs et pseudo-savoirs, le livre est aussi un appel aux gouvernements, pour qu’ils élaborent, enfin, une politique migratoire digne de ce nom. Nausicaa Dewez On a tous un ami noir est l’un des treize livres en lice pour le prix Paris-Liège .Pas une semaine ne s’écoule sans qu’éclate une nouvelle polémique sur les migrations : violences policières, voile dans l’espace public, discriminations, quotas, frontières… Les débats sur ces sujets sont devenus tendus, polarisés et passionnels, tandis que la parole raciste s’est libérée, relayée avec force par des activistes identitaires. Collectivement, on a accepté de penser les migrations à partir des questions posées par l’extrême-droite, en utilisant même son vocabulaire. Quant à nous, chercheurs, nous nous sommes souvent retrouvés réduits à devoir débusquer rumeurs et mensonges, qu’il s’agisse de dénoncer le mythe de l’appel d’air ou du grand remplacement. Nos sociétés resteront malades de ces questions tant qu’elles continueront à les envisager sous l’unique prisme des idéologies. C’est toute l’ambition de ce livre  : montrer qu’il est possible de penser ces sujets de manière rationnelle et apaisée, en les éclairant de réflexions et de faits qui sont bien trop souvent absents des débats. En montrant, par exemple, que les passeurs sont les premiers bénéficiaires de la fermeture des frontières. Ou que la migration représente un investissement considérable pour ceux qui partent, alors qu’ils se retrouvent souvent décrits comme la «  misère du monde  ». Les questions d’identité collective doivent être des enjeux qui nous rassemblent, plutôt que des clivages qui nous opposent. À condition de reconnaître et d’affronter les problèmes structurels…

Fernand Severin. Le poète et son art

À propos du livre (Texte du 1er chapitre intitulé…

Vie, mort, plaisir, souffrance et autres réjouissances. Une petite balade en philosophie

Ni manuel ni histoire de la philosophie de ses origines à nos jours, Vie, mort, plaisir, souffrance et autres réjouissances nous convie à une traversée libre de penseurs qu’Alain Bajomée aborde sous l’angle des questionnements qu’ils ont soulevés et des enjeux contemporains qu’ils véhiculent. Choisissant d’éclairer des notions (liberté, vérité, mal, réalité, être….), des problèmes par des éclairages venant du cinéma, des séries TV ou de la musique, Alain Bajomée ramène l’activité philosophique à son questionnement, à l’étonnement qui lui a donné naissance. Sans accentuer la coupure artificielle et sujette à caution entre pensée mythique et avènement du logos, l’avènement de la philosophie occidentale au siècle avant J. C. correspond à une nouvelle manière de penser qui, s’affranchissant de l’explication par les dieux, par les mythes, s’interroge sur l’ordre du monde en se confiant aux lumières de la raison. Arbre composé d’une multiplicité de branches — logique, métaphysique, morale, esthétique, épistémologie… —, la philosophie en tant qu’« amour de la sagesse » se diffracte en domaines, en écoles, en courants. Ne visant pas l’exhaustivité, l’ouvrage aborde largement les philosophes de l’Antiquité (des Présocratiques à Platon, des sophistes à Aristote), convoque des figures délaissées (Antiphon d’Athènes, le curé Meslier (anticlérical, hédoniste), l’antispéciste Peter Singer….), aborde Condorcet, Kant, Comte, Nietzsche, Russell, Wittgenstein mais délaisse Spinoza, Leibniz, Hegel, Bergson, Sartre comme il s’en explique dans l’avant-propos. La mise en lumière de penseurs minorés, se situant parfois dans les marges de la philosophie (Freud, Beauvoir, Camus…), permet de réhabiliter des pensées libertaires, athées, matérialistes que la tradition idéaliste a secondarisées. Procédant selon le fil de thématiques, de champs de réflexion, Alain Bajomée traite non pas de l’intégralité du corpus platonicien ou de l’ensemble des écrits de Descartes, mais des points qui illustrent le problème traité (le savoir, le bonheur, la conscience, la finitude, la mort, l’immortalité de l’âme, le cogito, l’inconscient, les droits des animaux…).On pourrait craindre que le recours à des films (ceux de Woody Allen, Hitchcock, Chaplin, Cronenberg, Ridley Scott, Visconti, les Wachowski…), à des chansons (celles de Dick Annegarn, Aznavour, Lavilliers, Mylène Farmer, Serge Gainsbourg, Pink Floyd…) ne dilue la spécificité de la démarche philosophique, écarte de la lecture des textes et ne se présente que comme un moyen afin de brancher la philosophie sur le contemporain. Il n’en est rien dès lors qu’au travers de ces allers-retours de l’allégorie de la caverne de Platon ou de l’interprétation freudienne des rêves au film Matrix , de l’utopie des phalanstères de Fourier, de sa prescience de la débâcle écologique à Charles Aznavour (« La Terre meurt »), Alain Bajomée expose l’intemporalité de questionnements qui, vertébrés par le doute (de l’ironie socratique au scepticisme de Montaigne ou au doute radical cartésien), par l’esprit critique, se singularisent par la remise en cause des réponses toutes faites, la contestation de la doxa et de l’autorité de la tradition. L’ouvrage accomplit semblable déconstruction de l’histoire des vainqueurs, des vulgates officielles. Que ce soit par rapport aux sophistes (que Platon a dépréciés, les assimilant à des orateurs mercantiles indifférents à la question de la vérité) dont il souligne le scepticisme épistémologique et le relativisme (absence d’une vérité absolue, existence de vérités relatives), par rapport à Diogène le Cynique ou à Fourier.Art des questions et non des réponses, pensée de la création (Chaoïde disait Deleuze) et non de la méthode et des recettes techniques, « la philosophie, bien qu’elle ne soit pas en mesure de nous donner avec certitude la réponse aux doutes qui nous assiègent, peut tout de même suggérer des possibilités qui élargissent notre champ de pensée et délivrent celle-ci de la tyrannie de l’habitude  ».Dans Qu’est-ce que la philosophie ? , définissant la philosophie par la création de concepts, Deleuze et Guattari évoquent la phrase de Leibniz qui, tirée du Système nouveau de la Nature , condense l’activité de la pensée questionnante : «  Je croyais entrer dans le port,…