Des feux fragiles dans la nuit qui vient


RÉSUMÉ
Il y a une Île et le Continent. L'une en état de siège, l'autre en plein boom économique. Une guerre qui s'éternise au large dans l'indifférence générale. Les troupiers abandonnés d'une démocratie en partance, laissés seuls face aux partisans convaincus du Rien. Dans les Hautes-Terres évacuées, des villes entières disparaissent sans que l'État central fasse mine de réagir. Mais pourquoi donc personne n'ose-t-il s'aventurer au-delà des forêts du nord ? Comment combattre un ennemi qui demeure insaisissable ? Sur l'avenir de l'Île plane une menace aux accents étrangement prophétiques, et un sentiment de déjà-vu pousse alors l'adjudant Berthier à relire une très ancienne légende nordique, La Relève de saint Olaf... Et si tout, déjà, était écrit ? Dans les méandres d'une écriture envoûtante apparaissent peu à peu les reflets ténus d'un grand jeu de miroirs. En les suivant, Berthier et quelques autres ne s'acheminent-ils pas vers leur propre vérité ?


À PROPOS DE L'AUTEUR
Xavier Hanotte
Auteur de Des feux fragiles dans la nuit qui vient


Xavier Hanotte est né à Mont-sur-Marchiennes en 1960. Il vit près de Bruxelles. Il est de formation germaniste et entre dans la carrière littéraire par la voie de la traduction. Il traduit des auteurs néerlandais — dont  Hubert Lampo — et s’attache tout particulièrement au jeune poète anglais, Wilfred Owen, mort en 1918 à quelques jours de l’armistice. Avec Manière noire, publié en 1995, Xavier Hanotte initie un cycle romanesque autour du personnage de Barthelemy Dussert, inspecteur de police bruxellois, aux amours difficiles, et qui deviendra l’alter ego littéraire de l’écrivain, aussi préoccupé que lui d’ailleurs par la traduction des vers de Wilfred Owen. Le même Dussert réapparaîtra dans De secrètes injustices (1998), Le Couteau de Jenufa (2008), et comme protagoniste en creux dans Derrière la colline (2000, prix Marcel Thiry) qui a pour cadre le front de la Somme pendant la première guerre mondiale, et met en scène un jeune homme poète nommé… Nigel Parsons. On le voit : le romancier aime les chemins qui se (re)croisent, il manie volontiers la mise en perspective et le clin d’œil, il avance à-demi masqué. De livre en livre il construit une œuvre puissamment homogène où l’on retrouve souvent le théâtre de la Grande Guerre et où nous sommes régulièrement conviés à une pénétrante méditation sur le temps. Ainsi le dispositif romanesque des Lieux communs (2002), où la parole est donnée tantôt à un soldat canadien montant au front en 1915, tantôt à un petit garçon partant visiter un parc d’attraction érigé sur le lieu même des combats. En 2010, Xavier Hanotte orchestre avec maestria un roman intitulé Feux fragiles dans la nuit qui vient. Cette fiction dont le décor est cette fois un pays totalement imaginaire, a été rapprochée du Rivage des Syrtes de Gracq ou du Désert des Tartares de Buzzati. C’est là, au fond d’une guerre fantôme, entre île et continent, terres hantées par le texte d’une vieille légende danoise, que devient tout à coup si sensible cette tonalité propre au réalisme magique qui imprègne déjà toute l’œuvre. Le motif du palimpseste apparaît avec clarté. Comme dans les grands textes de fiction on retrouve ici traitées avec brio les questions essentielles, coulées dans une prose précise, distanciée, envoûtante, traversée de fulgurances, du plus british de nos écrivains.

Xavier Hanotte est publié chez Belfond et au Castor Astral. Quatre de ses livres sont repris en Espace-Nord.


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