Les trois premiers volumes des Contes borains de Raveline (Pou dîre à l’ èscriène – Vólēz có dès istwâres ?… In v’là ! et Çouci… c’èst l’ diâbe !) ont été publiés dans la même collection en 2007, 2008 et 2012. Les contes de ce quatrième volume ont aussi pour cadre le monde des Borains, que Raveline a bien connu à son époque.
Raveline est le pseudonyme de Valentin Van Hassel (1852 – 1938), docteur en médecine. Né à Pâturages, il a consacré sa vie de médecin aux familles boraines, qui vivaient à cette époque dans des conditions fort dures. C’était l’époque où la plupart des hommes, beaucoup de femmes et même d’enfants travaillaient dans la nuit des charbonnages.
Le « bon docteur Van Hassel », comme la population aimait l’appeler, a passé l’essentiel de sa vie en contact avec ces familles boraines. Il a pu en apprécier la générosité, l’esprit d’entraide, le courage, mais il a pu également comprendre leur genre de vie, leurs traditions et aussi leurs croyances.
Poussé par une fausse modestie l’auteur a donné à son recueil, paru en 1935 et devenu introuvable, un titre fort dépréciatif : Ël cu dë l’ mande [Le fond du panier]. En réalité, sa langue et son imagination n’ont rien perdu de leur verve ni de leur fantaisie et ce quatrième volume de contes ajoute un complément de qualité aux tableaux que Raveline a érigés en l’honneur de son pays borain.
Comme dans les trois premiers volumes, les textes borains sont accompagnés d’une traduction française, d’un glossaire et d’une liste de toponymes, et ils sont transcrits selon un système normalisé (« orthographe Feller ») qui facilite la lecture.
Auteur de Contes borains (volume 4) : Ël cu dë l' mande
Après Emmanuel Régniez et son Notre château aussi raffiné qu’effarant , les éditions…
La littérature serait-elle le meilleur moyen de découvrir une région ? Comment percevoir autrement l’esprit d’un lieu qu’à travers la perception intime qu’en donne un écrivain ? Les éditions Magellan & Cie ont répondu avec conviction à ces questions en imaginant leur collection « Miniatures », qui vient de consacrer un de ses derniers titres à la Belgique.« Alors que la mondialisation des échanges progresse, que le monde devient un pour tous, des mondes-miniatures s’imposent, des pays et des régions entières affirment leur identité, revendiquent leur histoire ou leur langue, réinvestissent pleinement leur espace. Quoi de plus parlant qu’une miniature, la nouvelle, pour lever le voile sur ce monde-là, celui d’une diversité infinie et porteuse d’espoir ? », voilà en quelques mots comment l’éditeur, Pierre Astier, présente cette initiative qui a déjà publié une quarantaine de titres aussi variés que ceux consacrés à Cuba, Haïti, Montréal, le Liban, le Mali, le Congo, la Corse ou la Bretagne, la Catalogne, la Serbie ou la Corée, etc. Lire aussi : notre recension de Nouvelles du Congo Ce recueil consacré à la Belgique a ceci de particulièrement réjouissant qu’il est le reflet du cosmopolitisme de notre petit pays, terre de passage et d’échanges, à la croisée de grandes cultures. C’est également un superbe florilège d’écritures et d’univers que nous révèlent les six auteurs de ces nouvelles : si les noms de Nadine Monfils et Patrick Delperdange ont des connotations bien francophones, ceux d’Alfredo Noriega, Aïko Solovkine, Katia Lanero Zamora et Kenan Görgün ne seraient pas a priori rangés dans un rayonnage français. Regrettons au passage qu’aucun auteur flamand ne figure au sommaire puisqu’il s’agit d’un recueil intitulé Nouvelles de Belgique . Une suggestion à glisser à l’éditeur pour un deuxième tome ! Ne boudons pas notre plaisir cependant.Si l’on retrouve sans surprise la verve osée et franchouillarde de Nadine Monfils et les ambiances lourdes, voire sombres, de Patrick Delperdange, cette fois dans la touffeur d’une forêt ardennaise, les registres d’Alfredo Noriega, Aïko Solovkine et Katia Lanero Zamora nous sont moins connus et nous réservent de belles surprises. Le premier n’a rien à envier à ses confrères latinos : il nous conte une histoire à la grande puissance imaginative entre une enfance équatorienne et des rencontres singulières dans le quartier des Marolles. Les deux textes suivants nous immergent dans des humanités en déshérence, tantôt confrontées aux restructurations, délocalisations, grèves et paysages industriels décrits avec une force visuelle rare, tantôt perdues entre deux appartenances culturelles surgies de l’exil d’une famille espagnole en pays liégeois. Si Solovkine nous confronte à la brutalité sociale, la nouvelle de Katia Lanero Zamora nous émeut par une dignité familiale retrouvée. Nous partageons le choix de l’éditeur s’il a voulu nous réserver le meilleur pour la fin : dans « Résurrection de Cyrano », Kenan Görgün met en scène deux frères turcs établis en Belgique. Ils y ont développé deux visions opposées de la vie professionnelle, de la vie tout court et de l’engagement, alors que du temps de leur jeunesse, ils se retrouvaient à l’unisson dans les…