Cinq lèvres couchées noires



PRIX
  Prix Découverte de l'Académie de langue et de littérature française de Belgique, 2020

NOS EXPERTS EN PARLENT...
Le Carnet et les Instants

Rarement les sortilèges du verbe se font sentir avec une telle fulgurance, une telle intensité à l’occasion d’un premier recueil. Premier ouvrage publié par Louis Adran né en 1984 à Beyrouth, le recueil poétique Cinq lèvres couchées noires délivre une sidérante puissance. Entre récit placé sous le signe du mystère et magie d’une langue réinventant ses lois, le recueil campe l’errance d’un groupe de soldats jetés sur les routes des villes, des campagnes, d’une guerre dont l’auteur tait la teneur.En exergue, un extrait du grand magicien des Lettres, Julien Gracq dont Louis Adran convoque Liberté grande, l’unique recueil poétique de l’auteur du Rivage des Syrtes, Au château d’Argol, La forme d’une ville.…


AVIS D'UTILISATEURS

FIRST:langue - "Cinq lèvres couchées noires"
stdClass Object ( [audiences] => [domains] => Array ( [0] => 9176 ) )

Ceci pourrait également vous intéresser...

Poètes wallons d’aujourd’hui

Loin de s’éteindre doucement dans le folklore, la poésie wallonne…

La grande mitraque

Dans la réédition à l'Arbre à Paroles, figure un avant-propos…

Aspérités

Pour lui, le poète se doit de créer de la transcendance , lit-on en fin de volume à propos de Pascal Feyaerts . À elle seule, cette phrase soulève de nombreuses questions, dont de vocabulaire. Aussi parce que le titre du présent recueil est Aspérités . Apposer aspérités et transcendance est paradoxal. Or, on lit un peu plus haut : Il y a chez moi une esthétique du questionnement et de l’ouverture et je vois souvent les choses par le prisme de l’oxymore . Ainsi, l’auteur ne souhaite rien d’autre que lier des réalités très séparées . C’est d’ailleurs ce que semble exprimer le dessin de Catherine Berael sur la couverture : étroitesse ici et perspective au loin, nuances de gris et taches de couleurs vives, noire impasse sous un ciel blanc, fermeture au sol pour un déploiement vertical… Prison vers une possible évasion ? Le ciel demeure à creuserSi l’on veut atteindre le côtéPréhensible de l’âme Trois vers, deux oxymores. Cette figure de style est au croisement du langage et des idées, depuis la publicité jusqu’à la poésie. Il s’agit d’une bissociation entre termes opposés. Elle ouvre un espace de pensée où vit la créativité-même, où sa mobilité est maximale et dépasse forcément les intentions de l’auteur qui en appelle à la subjectivité du lecteur, à son effort, à son travail, à son imagination.Car quelle image s’expose dans l’esprit de chacun lorsqu’il s’agit de «  creuser le ciel  » ? Quelle action le corps peut-il faire quand il s’entend de «  prendre l’âme  » ? L’auteur, c’est son souhait, pose les questions et n’y répond pas. Parce que toute question transcende toute réponse ? Parce que toute question est plus belle que toute réponse ? Parce que la figure (de style) supplante la pluralité des contenus possibles, relatifs ? Parce que le but, l’objectif, la finalité, c’est de questionner, peu importe la réponse ?On dirait une esthétique de l’inconfort voire de l’insurmontable. Questionner sans répondre peut rendre nerveux, voire fâcher. Questionner sans répondre appuie et augmente la solitude de part et d’autre du point d’interrogation. Rien d’étonnant cependant, parce que Pascal Feyaerts l’annonce dès les premières lignes de son recueil: Debout seul dans un fier marécageQui me mange de l’intérieur et débordeSeul si seul à tenter d’écrire le poème ultime Alors ? Questionner sans répondre car seul on n’y parvient pas ? Questionner sans répondre car il faut être plusieurs pour y parvenir ? Voici peut-être une piste de réflexion susceptible d’éclairer le poète et la poésie elle-même. Le poète est aussi celui qui ne trouve pas de réponses à ses questions. Le poème peut aussi être un appel à l’aide, voire au secours.Si la question décolle l’esprit du sol, la réponse offre bien un retour au réel, une aspérité, et par ce mouvement d’aller-retour, une dynamique salutaire suggèrera de «  creuser la transcendance  ». N’est-ce…