C’est vous l’écrivain


RÉSUMÉ

Jean-Philippe Toussaint nous offre un texte profond sur la création littéraire : à travers le récit de son périple d’écrivain. Il mêle exploration psychologique et réflexions à portée universelle, et nous confie sa vision de l’écriture, entre recherche, persévérance et jaillissements.
Un livre d’une beauté stupéfiante, jalonné de documents personnels inédits.

« Pour écrire, il faut sept yeux, un œil sur le mot, un œil sur la phrase, un œil sur le paragraphe, un œil sur la partie, un œil sur la construction, un œil sur l’intrigue  — et un œil derrière la tête, pour surveiller que personne n’entre dans le bureau où on est en train d’écrire. »


À PROPOS DE L'AUTEUR
Jean-Philippe Toussaint
Auteur de C’est vous l’écrivain
Jean-Philippe Toussaint est l’un des auteurs belges contemporains les plus réputés internationalement. Il doit cette notoriété à une oeuvre d’une grande originalité,  et d’une densité exceptionnelle. Fils de l’écrivain journaliste Yvon Toussaint, il est né à Bruxelles en 1956, mais fera, en raison des activités de correspondant de son père, l’essentiel de ses études à Paris, principalement à Science-Po. Il débute en 1985 avec un premier roman paru aux éditions  de Minuit (maison à laquelle il restera indéfectiblement fidèle) qui fait immédiatement sensation. Il est non seulement salué comme  l’une des plus éclatantes manifestations du Nouveau Nouveau Roman, mais connaît aussitôt un retentissement considérable, en particulier au Japon où, par la grâce d’un traducteur de première force, Toussaint s’impose comme l’auteur de langue française le plus apprécié. Une dizaine d’ouvrages s’en sont suivis, qui lui ont valu une belle moisson de prix, depuis le Sander Pierron de notre Académie jusqu’au Médicis, en passant par le Rossel (qu’il partage avec Henry Bauchau) ou le Triennal, frôlant même à plusieurs reprises le Goncourt. Toussaint est aussi photographe et cinéaste : on lui doit notamment l’adaptation à l’écran de son roman Monsieur ainsi que La Patinoire, film aussi drolatique que magistral, injustement méconnu.


NOS EXPERTS EN PARLENT...
Le Carnet et les Instants

Élargissant leur catalogue lexicographique bien connu, et peut-être inspirées par la vogue actuelle des « making of », les éditions Le Robert lancent la collection « Secrets d’écriture », qui veut faire découvrir au public cultivé la complexe cuisine des œuvres littéraires en donnant la parole à des auteurs consacrés : Michel Bussi, Jean-Philippe Toussaint, demain Frank Thilliez, Susie Morgenstern… « C’est vous l’écrivain » est une réplique de Jérôme Lindon à Toussaint qui le consultait en 1984 à propos de son premier manuscrit, et nous livre aujourd’hui des réflexions circonstanciées sur son travail de romancier. Filant la métaphore du fleuve, le livre est structuré de façon apparemment rigoureuse – dérivations et…


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L’institution de la littérature

Jacques Dubois a eu une carrière riche, cohérente et multiple [1] . L’enseignement universitaire (d’assistant en Moyen Âge à professeur émérite), la littérature (Simenon, Proust, Stendhal…) et la sociologie (proche de Pierre Bourdieu) en sont les socles fondateurs et nourriciers. Des socles à l’origine et à l’appui de L’institution de la littérature , paru initialement en 1978 et qui reparaît, augmenté d’une préface et d’une postface, dans la collection Espace Nord qu’il a  contribué à créer et qu’il a lui-même dirigée plusieurs années durant. À sa création, L’institution était le syllabus du cours de sociologie de la littérature que Jacques Dubois donnait à l’Université de Liège. Le livre édité, il continuera à accompagner son enseignement, comme le rappelle, avec enthousiasme, Jean-Pierre Bertrand dans la préface de la réédition : «  Quelle aubaine pour tous ceux qui cherchaient à sortir des sentiers trop bien battus de la philologie ! Au moment où la nouvelle critique commençait à vivre ses dernières heures de gloire et s’essoufflait dans d’austères approches structurales des textes, L’institution nous apportait un vent de fraîcheur. D’autant plus salutaire qu’elle nous ouvrit les yeux sur un aspect de la littérature qui, par aveuglement ou par marquage idéologique, échappait aux études littéraires.  » Par la suite, le livre a trouvé sa place parmi les classiques de la sociologie culturelle aux côtés, notamment, des Règles de l’art. Genèse et structure du champ littéraire de Pierre Bourdieu. Si Le Carnet et les Instants n’est pas le lieu pour comparer les concepts d’institution et de champ, il est utile de rappeler qu’ils font apparaître qu’«  en théorie comme en pratique, que ce qu’on nomme littérature n’était pas une réalité désincarnée, suspendue dans une sorte d’espace sans attaches  ». La puissance du mot institution n’est pas seulement de montrer que la sphère littéraire est une organisation autonome, un système socialisateur, un appareil idéologique et de l’assimiler à d’autres ensembles comme la famille ou l’école mais aussi d’affirmer que le processus d’institutionnalisation est toujours en cours. En effet, institution est aussi à entendre dans ses sens de création, fondation, constitution. Le livre était tel aussi ; il ne figeait pas, ne serrait pas les boulons, il générait et s’affirmait inachevé. Toujours inachevé. Tout en posant les bases solides d’une théorie de l’institution de la littérature française des XIXe et XXe siècles, Dubois n’a jamais feint de connaître toute la portée de ce qu’il mettait en place ; il savait qu’il était dans le provisoire, dans le toujours en cours.Aussi, quand, en annexe du livre, il travaillait des textes de Zola, Mallarmé et Beckett selon les principes d’analyse d’institution, il le faisait sous forme de note «  affirmant là leur caractère expérimental et inachevé  ». La réédition de l’ouvrage tend à le confirmer. La postface que, contrairement aux usages de la collection, Jacques Dubois a signée lui-même, n’est pas une analyse du livre mais son prolongement. S’il revient sur les raisons de la création du concept d’institution, il montre comment certains de ses éléments ont pu être étendus, enrichis par d’autres sociologues de la littérature mais aussi comment il est dynamisé par la suite de l’histoire littéraire. Il ouvre également des pistes au prolongement de son étude en pointant deux nouveaux instituants de l’institution, deux mutations technologiques, deux nouvelles tendances : la présence des écrivains d’une part sur les chaînes de radio et de télévision et sur les réseaux sociaux et le web de l’autre. «  Et ceci va plutôt dans le sens d’une dispersion anarchique de la réalité littéraire comme d’une remise en cause fondamentale des fonctions auteurs et lecteurs à l’ère du numérique.  » Une étude sociologique reste à mener sur l’impact du numérique sur la littérature et son institution. À qui le tour ? Michel Zumkir [1] Pour mieux connaître la carrière scientifique, les engagements, les rencontres, etc. de Jacques Dubois, lire le très beau livre d’entretiens réalisés avec Laurent Demoulin Tout le reste est littérature , Impressions nouvelles, 2018. En 1978 paraissait un essai qui changeait la perception commune de la littérature :  L’Institution de la littérature , devenu depuis un classique de la sociologie littéraire. Son auteur, Jacques Dubois, analysait la littérature comme un lieu de pouvoir d’autant plus puissant qu’il ne s’avoue jamais comme tel. En tant qu’institution, la littérature n’obéit à aucune charte, n’est dotée que d’une faible visibilité, mais ses mécanismes et ses effets peuvent se mesurer. Décrivant la littérature des XIXe et XXe siècles en ces termes, Jacques Dubois démontait, pièce par pièce, la littérature dans ses croyances, ses mythes et ses rituels. Les esprits les plus romantiques ont crié au parjure et à l’iconoclastie car plus aucune place n’était faite au sacre de la littérature puisque ce sacre lui-même était…