Au bord du monde



À PROPOS DE L'AUTEUR
Frédérique Dolphijn
Auteur de Au bord du monde
Animatrice et formatrice en atelier d’écriture, les passerelles entre, corps /langage / image / lecture – écriture font parties intégrantes de son travail. Sa pratique et sa recherche artistique sont fondamentalement reliées au vivant, à la transmission et à la pensée. Comédienne de théâtre et au cinéma, Frédérique Dolphijn a enseigné le jeu d’acteur, la dramaturgie et la présence scénique. Son travail de mise en scène l’amène à écrire et réaliser trois courts-métrages. – Enfance - Grand prix du festival de Vaux-en-Velin 2001 – Une belle journée - Vague d’or au Festival international du film Féminin de Bordeaux 2002. Ours d’or au Festival Der Nationen, Ebensee, Autriche 2002. Prix Meuter-Titra de consécration pour la direction photo, Festival Média 10-10 de Namur 2001 et  - L’air du temps - Elle est co directrice de la collection Orbe chez Esperluète éditions


NOS EXPERTS EN PARLENT...
Le Carnet et les Instants

Romancière, poète, cinéaste, metteuse en scène, Frédérique Dolphijn bâtit une œuvre attentive aux infra-voix, aux mouvements souterrains qui ouvrent sur d’autres mondes. La finesse subtile avec laquelle elle mène les dialogues de la très belle collection Orbe aux éditions de l’Esperluète (dialogues avec Isabelle Stengers, Anne Herbauts, Ève Bonfanti et Yves Hunstadt, Jaco Van Dormael, Colette Nys-Masure) compose la basse continue d’Au bord du monde, un roman explorant les non-dits, les lames désirantes de personnages pris dans la logique du songe.C’est autour d’un lieu de vacances baptisé Mon Rêve que Frédérique Dolphijn campe les glissements de terrains, les éboulements psychiques qui affectent une série de personnages vivant…


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Salsa , le dernier roman de Sylvie Godefroid , s’aligne sur Sophie, victime d’un AVC alors qu’elle rejoignait sa fille, Amandine, au café de la Presse à Bruxelles.À l’hôpital, tout le monde la croit dans le coma alors qu’elle est enfermée dans son corps (locked in syndrome). Consciente, elle s’adresse silencieusement à sa fille et lui annonce, notamment, la raison de leur rendez-vous ce matin-là : son intention de quitter la Belgique pour rejoindre son amant, Luis, à Cuba où elle compte s’installer définitivement. Au départ, quand on lit Salsa , on a le sentiment d’être immergé dans l’histoire de Sophie, quinquagénaire fatiguée de sa vie de bourgeoise, en quête d’un émoustillement du corps et des sens.Tout nous pousse à penser que Sophie profite de son état pour se confier à sa fille de 25 ans, lui retracer son parcours, revenir sur cette éducation rigide qui l’a longtemps corsetée.  Dis-leur que j’ai grandi comme une orchidée, j’ai poussé le long d’un tuteur qui m’a toujours maintenue dans l’axe de ce que les autres attendaient de moi. S’ils prenaient le temps de m’ausculter avec délicatesse, ils se rendraient compte que je suis une fleur qui surprend, étonne et qui, parfois, ravit. Dis-leur que je n’ai pas eu de chance avec les hommes. Je n’en ai d’ailleurs pas connu beaucoup ; ma mère m’avait toujours dit de m’en méfier. Mes robes, je les porte proches du corps, mais jamais moulées, un rien au-dessus du genou. Mon maquillage se propose discret. Je suis agréable à regarder mais jamais jolie. Je n’oserais pas.  Sauf qu’à y regarder de plus près, nos convictions de lectrice vacillent. C’est qu’il y a ces inserts, assez tôt dans le récit, dont on ne comprend pas tout de suite ce qu’ils viennent faire là… Des extraits de chroniques judiciaires d’un procès en assise dont l’ouverture est imminente. Puis l’on comprend à demi-mot que nous ne voyons peut-être qu’un seul côté des choses (pour faire écho à la citation de V. Hugo, en exergue de ce livre) et que cette histoire est bien plus complexe qu’il n’y parait, qu’elle recèle, même, de nombreux tiroirs et que les protagonistes ne sont peut-être pas ceux qu’ils prétendent être.Qui est Amandine, par exemple, la prétendue fille de Sophie ?Et Georges ? Est-ce sa meilleure amie comme le prétend Sophie ou son mari retrouvé mort ?Et Marc Mouradi est-il neurochirurgien ou se peut-il qu’il soit plutôt avocat ?Au fil des pages, on découvre Sophie dans un autre genre d’enfermement : la prison où elle est dans l’attente de son procès et où elle a tout le temps pour inventer .Quelle histoire nous raconte Sophie ? Une vie rêvée ? Ses fantasmes ? Mais quelle vérité quand on raconte, quand on se raconte  ?À moins que cette affabulation ne soit là que pour mieux se libérer, s’émanciper ? Car il est bien question de trajectoire de femme dans ce récit aux nombreux niveaux de lecture. Une femme qui, quel que soit le fil narratif déroulé, se voit toujours rattrapée par la solitude et l’enfermement.L’autrice (à moins que ce ne soit la narratrice ?) a beau se jouer de nous, elle offre à Sophie une place d’où elle peut prendre la parole, s’affirmer, et qui sait, s’affranchir pour enfin décider de la tournure de sa vie. Pour que l’on n’ait plus à se demander : n’y a-t-il aucune possibilité d’affranchissement pour les femmes, que la folie ou l’AVC ? Affranchis-toi du carcan de ton patrimoine génétique ! Essaye. L’être humain ne se départit pas d’un tel héritage comme une main experte dépoussière une étagère. Refuse ce postulat. Émancipe-toi ! Tant d’histoires jamais racontées obstruent mes méninges ! Je ne t’ai pas menti sur la vie, j’ai pris certaines libertés. J’ai occulté des travers humains pour te protéger. Amélie Dewez Plus d’informations Temps en apnée, heures élastiques et plongée comateuse pour un rendez-vous manqué. Dans la prison de son corps, Sophie crie au secours. Nul ne l’entend. Ni Amandine, sa fille prostrée à son chevet, ni l’équipe médicale au pronostic pessimiste. Que divulgue Georges, sa confidente ? Où se cache Luis, son amoureux cubain ? Seule, sur son lit d’hôpital, sous la caresse de draps rêches, souvenir d’une plage de sable fin, sa mémoire danse la salsa des robinsons. Entre confidences, délires et procès d’assises, Sylvie Godefroid nous offre un nouveau roman, l’occasion d’une réflexion sur la peur, le manque, le doute, la honte et la culpabilité. L’auteure tisse la trame des relations mère-fille, une odyssée…

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