Arrêtons-nous un instant sur le livre. Nous le tenons entre nos mains, il a une jolie couverture, et cela nous a fait fort plaisir de l’acheter en librairie. Pour rendre cette rencontre entre le livre et le lecteur possible, toute une série d’intermédiaires ont été nécessaires.

 

L’AUTEUR OU L’AUTRICE

Les auteurs et les autrices sont, par définition, les créateurs. Auteur ou autrice littéraire, dessinateur ou dessinatrice, auteur ou autrice en de littérature jeunesse, ils sont un premier maillon essentiel de la chaine du livre. Une fois son manuscrit terminé, l’auteur ou l’autrice peut l’envoyer à une maison d’édition.

Conseils

Nous ne serions trop vous conseiller de vous renseigner sur le monde du livre, ses acteurs et sur les maisons d’éditions avant d’envoyer votre texte. En effet, même si les géants Gallimard ou Hachette prennent une grande place du marché, il existe de nombreuses maisons d’édition, aussi en Belgique, dont les envies et les directives seront peut-être plus proches de votre œuvre.

Il n’est pas non plus idiot de faire lire son texte par d’autres personnes, que ce soit en contactant des auteurs ou autrices, via des plateformes d’aide sur internet ou en participant à des lectures publiques. Avoir un retour est toujours très important.

Enfin, méfiez-vous de l’autoédition. Il existe plusieurs manières d’être publié sans être à compte d’éditeur. La première, l’autoédition, consiste pour un auteur à s’éditer lui-même. Il compose son livre, l’imprime en son nom et le diffuse.

La seconde se nomme l’édition à compte d’auteur. Si, dans ce cas, l’auteur ou l’autrice doit passer par une maison d’édition qui posera dès lors son nom sur le manuscrit, il devra tout de même prendre en charge l’ensemble des frais. L’éditeur ne prend, en réalité, aucun risque.

Si nous vous conseillons de vous en méfier, c’est pour plusieurs raisons. La première relève du manque inhérent de professionnels pour vous encadrer. Vous ne pourrez bénéficier de correcteur, d’attaché de presse, … Et, comme vous pouvez vous en rendre compte, chaque métier est important dans le parcours du livre. Sans acteur pour vous aider, il sera d’autant plus compliqué de vendre votre livre, de l’exposer en librairie et même d’en faire la publicité. De même, sachez que vous ne serez, pour beaucoup, pas reconnu comme « auteur édité ». De fait, il vous sera impossible, par exemple, de faire parler de votre livre au sein de la revue littéraire belge francophone  Le Carnet et des Instants . De même, vous ne pourrez postuler à la grande majorité des aides financières offertes aux auteurs et autrices par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Droits d’auteur

Le droit d’auteur couvre deux aspects : le droit moral, qui nait dès l’ébauche de la création, et le droit pécuniaire, qui n’entre en scène que lorsque l’œuvre est mise en vente. Ce droit d’auteur a pour but de protéger l’auteur d’une œuvre de l’esprit. C’est en réalité un droit de propriété intellectuelle qui garantit la paternité, l’intégrité, le respect de l’œuvre et l’empêche d’être reproduit ou représenté sans un accord préalable.

Lorsqu’un livre est accepté par une maison d’édition, il convient de signer un contrat qui donnera à l’auteur ou à l’autrice le pouvoir de gérer ces droits d’auteur. Il est devenu compliqué, voire impossible, à l’heure actuelle pour un auteur de gérer ses droits de lui-même. En effet, les techniques d’exploitations sont devenues de plus en plus importantes avec l’arrivée d’internet, les facilités à reprographier une œuvre, etc. Dès lors, nous vous conseillons grandement d’adhérer à une société de gestion collective des droits d’auteur. Ces sociétés s’occupent de tout, que ce soit au plan national ou international.

 

LA MAISON D’ÉDITION

 

L’éditeur ou l’éditrice est le personnage principal d’une maison d’édition. Lorsque celui-ci ou celle-ci reçoit un livre qui lui plait, il ou elle accepte d’en prendre la responsabilité, avec les risques que cela incombe. Véritable chef d’orchestre, l’éditeur permet au livre de se faire publier. Il chapeaute l’ensemble des acteurs d’une maison d’édition, pour assurer au livre sa bonne publication.

Il existe de nombreuses maisons d’édition belges, chacune possédant sa spécificité. Vous trouverez ici une liste des maisons d’éditions belges professionnelles actives dans le secteur de la littérature en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Équipe

Une maison d’édition est composée de plusieurs acteurs. On peut ainsi y trouver un illustrateur ou une illustratrice qui crée les images destinées à illustrer la publication ou qui, au même titre que le ou la graphiste ou encore un ou une photographe s’occupe de la couverture.

De même, on peut retrouver un ou une maquettiste qui gère la mise en page, crée la maquette du livre qui regroupe le texte, les éventuelles images mais également les signes extratextuels, comme la pagination. le maquettiste dispose en fait les éléments graphiques qui caractériseront l’architecture et l’esthétique du livre.

Le correcteur ou la correctrice est également un personnage emblématique de la maison d’édition : celui-ci ou celle-ci veillera à la cohérence grammaticale, syntaxique et orthographique du texte.

Il existe d’autres métiers, dépendant bien sûr de la taille de la maison d’édition et de son budget. On pourra retrouver un attaché ou une attachée de presse, un assistant ou une assistante d’édition ou encore un chargé ou une chargée de fabrication.

Chaque acteur devra faire valider ses changements par l’éditeur. Enfin, le document final est envoyé à l’impression avec des indications sur la qualité du papier et le nombre d’exemplaires. Après façonnage, le livre est enfin terminé, prêt à être vendu.

Et le numérique ?

Il est évident que la chaine et les acteurs du livre ont légèrement évolué depuis la création du livre numérique. Il existe ainsi des maisons d’éditions traditionnelles qui produisent à la fois du livre papier et du livre numérique mais également des maisons d’édition 100% numériques.

Certains métiers ont, au sein de ces dernières, été supprimées. Ainsi, tous les acteurs liés à la fabrication papier du livre ont disparu. Mais d’autres sont nés. Parmi eux, on peut citer le concepteur numérique qui, comme un maquettiste, construit le fichier, avec sa mise en page, ses choix typographiques. Mais il doit également veiller à ce que le fichier soit compatible avec différents lecteurs ebook. On retrouve aussi un community manager qui s’occupe de la visibilité et de la réputation d’une maison d’édition ou d’un auteur.

Le numérique ne constitue qu’une infime part du marché en Belgique et ne pallie pas au livre papier mais offre de nouvelles possibilités. En effet, et c’est notamment le cas pour des livres jeunesse, de tout nouveaux supports font leur apparition : liant textes et sons ou encore animations visuelles. La lecture a pris un tout autre tournant.

Il convient également de rappeler que, souvent, le livre numérique est tout de même lié au papier puisque disponible en Print on demand.

Il faut savoir que le numérique a permis l’explosion de l’auto-publication. En effet, il ne suffit plus aujourd’hui que de mettre un livre numérique sur un site internet pour qu’il soit disponible pour tous. L’éditeur utilisant cette plateforme prendra évidemment moins de risque financier. Mais, est-il nécessaire de rappeler que l’auto-publication est souvent cause de déboire et désillusion financière et morale pour l’auteur ? De même, n’oublions pas que les structures qui fonctionnent à compte d’auteur sont empêchés d’accéder à certaines aides financières de la Fédération Wallonie-Bruxelles, pourtant disponibles pour les maisons imprimants à compte d’éditeur.

Quelques chiffres

Une maison d’édition traditionnelle, qui fonctionne bien, reçoit parfois des centaines de manuscrits par an et seule une petite poignée est publiée. On parle d’environ 2% des manuscrits, mais cela dépend bien sûr de la maison d’édition questionnée.

Les réalités du monde du livre sont parfois différentes en fonction de l’endroit de publication. En effet, en Belgique, un titre vendu à 500 exemplaires est un best-seller. En France, on parlera plutôt de millier d’exemplaires.

Voir les staistiques 2018 de l’édition en Belgique francophone

 

LA SOCIÉTÉ DE DIFFUSION – DISTRIBUTION

Les diffuseurs et distributeurs fonctionnent souvent de pair. Ils servent de jonction entre la maison d’édition et le libraire. Ils transmettent les informations de l’un à l’autre et s’occupent de la diffusion du livre, de sa publicité, de sa distribution, de sa livraison, de son stockage…

Pour aller plus loin

Le diffuseur assure la mise en place des livres dans les points de vente que sont les librairies et les grandes surfaces. Il gère en réalité une partie des opérations commerciales liées aux livres : il promeut les titres, prend les commandes et s’assure également de transmettre les informations de vente à l’éditeur, comme la réaction des lecteurs et des libraires face à cette nouvelle publication.

Le distributeur assure la livraison dans ces différents points de vente. Il gère également le stockage. Lui aussi s’occupe des opérations commerciales mais plutôt d’un point de vue de distribution.

Et le numérique ?

L’arrivée du numérique a quelque peu transformé ces métiers. On parle désormais d’e-diffuseur et d’e-distributeur. Si les buts sont toujours les mêmes, les manières de fonctionner ne le sont plus vraiment. L’e-diffuseur ne s’adresse plus à des librairies mais à des revendeurs, comme la Fnac ou Amazon. L’e-distributeur, lui, s’occupe toujours du stockage mais de celui des fichiers digitaux cette fois. Il gère également toujours les finances et la livraison mais livre directement au lecteur, ne passant plus par le libraire, ce qui, de fait, prend beaucoup moins de temps puisqu’il ne suffit que d’un téléchargement.

Enfin, l’étape diffuseur-distributeur est parfois tout simplement supprimée puisque certaines maison d’édition vendent leurs livres directement depuis leur site internet et n’ont, du coup, plus besoin ni de diffuseur, ni de distributeur.

 

LE OU LA LIBRAIRE

Le ou la libraire commercialise le livre et le rend disponible au client final, lecteur, dernier maillon de la chaîne du livre.

Conseils

Il est aujourd’hui de plus en plus difficile d’évoluer dans le monde de la librairie. Quelque peu effacée dans la nouvelle chaîne du livre numérique ou devant faire face aux grandes surfaces et aux géants de la vente en ligne, la librairie indépendante doit se réinventer.

Son point fort reste avant tout le conseil. S’adapter aux goûts et couleurs des lecteurs, les connaitre personnellement rend la chose plus aisée.

De même, beaucoup de libraires ont créé des plateformes internet qui leur permettent de vendre également des ebooks.

De nombreuses opportunités se présentent au librairies indépendante qui souhaite attirer les lecteurs : organiser des rencontres avec les auteurs, des ateliers d’initiation à l’écriture ou à l’illustration, des clubs de lectures, proposer des impressions à la demande d’ouvrage épuisé, créer des plateformes partagées, …

Pour aller plus loin

Certaines librairies reçoivent le label « le libraire », attribué par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour être labellisée, une librairies doit répondre à 11 critères professionnels bien définis. Dans ces librairies « labellisées », les lecteurs et les lectrices sont assurés de trouver des conseils professionnels et l’aide pour obtenir le titre qu’ils recherchent. En effet, ces librairies s’engagent à commander le livre demandé si jamais il n’est pas en stock (sous réserve que le livre ne soit pas épuisé, bien sûr). En poussant la porte d’une librairie labellisée, chacun est également certain d’y trouver des livres d’auteurs ou d’autrices belges, puisque ces libraires s’engagent avoir dans leur stock un certain nombre de titres des littératures belges.

En savoir plus sur la procédure pour obtenir ce label 

Voir la carte des librairies labellisées