Entretien avec Stefan Platteau

– D’où vient ton goût pour la fantasy ?

Du fonds des âges, et en particulier du mien ! Aussi loin que je me souvienne, la passion des mondes imaginaires (y compris la SF) a toujours été présente. Ma famille est rentrée d’Inde (j’avais six ans) avec, dans la valise, des BD de mythologie Hindoue comprenant le Mahabaratha et le Ramayana, avec lesquels je me suis familiarisé d’abord par le dessin (ces créatures et ces héros bleus me fascinaient…). Tout comme j’ai adopté L’Iliade et L’Odyssée avec passion, dès que j’ai été capable de lire (ce qui est arrivé très tôt). Enfant solitaire, inadapté au retour en Belgique, je m’évadais longuement dans l’univers des dessins animés, dévalisais la bibliothèque du village, découpais des draps de lits pour m’en faire des cottes de maille sur lesquelles je dessinais patiemment chaque anneau au marqueur. La découverte des premiers Thorgal (vers 9 ou 10 ans) a probablement été une rencontre importante dans ma vie, tout comme la lecture du Seigneur des anneaux, de Dune (qui a des arguments pour plaire à des amateurs de fantasy : société médiévale, humains dotés de pouvoirs quasi magiques…),  et mes premières parties de Donjons et Dragons, le tout vers 14 ou 15 ans.

– Des auteurs et autrices fétiches en fantasy ?

Robert Holdstock, Ursula Le Guin, Roger Zelazny, Suzanna Clarke, Anne Rice, Glen Cook, Tolkien, Georges R.R. Martin, Nnedi Okorafor. Et d’autres qui ne se rattachent  pas à la fantasy mais ont marqué mon travail tout autant, sinon plus : Frank Herbert, Dan Simmons ou Umberto Eco, par exemple…

– D’autres sources d’inspiration : séries, films, musique, BD, illus… ?

En BD, certainement : Thorgal, La Quête de l’Oiseau du temps, et (hors fantasy, quoique…) Les Compagnons du crépuscule de François Bourgeon, Corto Maltese et bien d’autres encore.
Pour la musique, ce serait sans fin : j’écris toujours en musique.

Trois titres à recommander à un ou une ado qui découvre la fantasy ?

Ça dépend de l’âge de l’ado et du lecteur qu’il est… À14 ans je lisais Dune et Le Seigneur des anneaux, qui ont été mes premiers vrais classiques de l’imaginaire – mais c’est un peu rude comme entrée en matière… ceci dit, les ados d’aujourd’hui auront très probablement déjà découvert la fantasy avant la puberté, via des œuvres comme Harry Potter ou l’excellente saga de La Passe-miroir, de Christelle Dabos. Pour une entrée dans une fantasy plus adulte ou young adult, je conseillerais par exemple Le Nom du Vent de Patrick Rothfuss, ou Les Salauds gentilshommes de Scott Lynch, ou encore Le Bâtard de Kosigan de Fabien Cerutti. Et si, comme moi, ils ont leur période Baudelaire/Chants de Maldoror, sans hésiter Justine Niogret.

– Un « classique belge » qui compte ?

Malpertuis, de Jean Ray, sans hésitation !

– Pour mitonner une chouette potion, des ingrédients de prédilection ?

Humanité des personnages, questions morales sans réponse tranchée. Dépaysement des mentalités, cultures et faits de société. Mystère du mythe.

– Une actu, des projets pour les mois qui viennent ?

Le quatrième tome des Sentiers des Astres sortira au mois d’avril ! Titre : Jaunes yeux.

 – Dans les mondes imaginaires, si tu étais : 

Un personnage : un barde.
Un pouvoir : le pouvoir d’influencer les âmes par la musique.
Un objet : un sitar ou un autre instrument magique.
Un lieu : la montagne.
Une civilisation : l’Inde védique.
Un moyen de déplacement :  le char céleste du soleil, il ne faut pas faire les choses à moitié ! Mais ça reste un choix frustrant : je pourrais explorer toutes les merveilles de la planète en un claquement de doigt, mais les merveilles de la nuit me resteraient à jamais inaccessibles…


 

En savoir + sur l'auteur :

Stefan Platteau

Stefan Platteau est l’auteur francophone du surgissement mythique. Il revient aux fondations de la fantasy, à cet exotisme magique fait de splendeurs, de fascinations, de terreurs, où l’on tremble devant les dieux,…