François Jacqmin


PRÉSENTATION

Né en province de Liège en 1929, François Jacqmin est un poète belge majeur de la deuxième moitié du XXe siècle en Belgique. Après avoir vécu plusieurs années en Angleterre pendant la deuxième Guerre Mondiale, il revient en Belgique et participe à la fondation de la revue Phantomas. Poète discret, unique, Jacqmin interroge dans toute son œuvre la possibilité d’appréhender le réel ainsi que le rapport du poète au langage. En marge de la vie littéraire, il publie tardivement un premier recueil essentiel, Les Saisons, en 1979, suivi en 1984 du Domino gris. Il meurt en 1992, deux ans après la publication de sa dernière œuvre, Le Livre de la neige.


BIBLIOGRAPHIE


PRIX


NOS EXPERTS EN PARLENT
Le Carnet et les Instants

« Une figure nette et désertique du temps », l’expression, signée Gérald Purnelle, pourrait caractériser tout l’œuvre poétique élaboré par le Liégeois François Jacqmin depuis l’émergence de sa parole  jusqu’à son ultime souffle.Commencer, pour évoquer un recueil poétique, en parlant de son postfacier apparaîtra sans doute comme une hérésie ; c’est qu’à lire les pages essentielles que Purnelle consacre au Manuel des agonisants, l’on a tôt fait de s’apercevoir quelle symbiose règne entre l’épure des derniers textes auxquels travaillait Jacqmin avant de nous être ravi et le regard qu’y pose son exégète. Purnelle ne se contente pas d’analyser, soit de disséquer froidement une dépouille verbale ; conjuguant la maestria du philologue…


Le Carnet et les Instants

Après Le Manuel des agonisants (Tétras-Lyre) puis l’essai L’Écriture et la foudre signé Gérald Purnelle (Midis de la Poésie / L’Arbre à paroles), tous deux parus en 2016, voici que s’étend à nouveau le vaste chantier poétique laissé en friche par le poète François Jacqmin à sa disparition, en 1992. Composé d’inédits extraits du Fonds Jacqmin que conservent les Archives du Musée de la Littérature, ce recueil répond au désir exprimé par le poète, celui de « construire un livre qui n’aurait jamais vu le jour. » Ce sera Le Traité de la Poussière, un titre qu’aurait pu jalouser Cioran…À lire : Archives François Jacqmin aux A.M.L. Sabrina Parent, postfacière du volume, s’attache…


Le Carnet et les Instants

Enfant, nous jouions aux dominos, tout en nous travestissant sous un masque de tissu. Adolescent, nous tentions d’en saisir les combinaisons mathématiques, en rêvant d’un carnaval à Venise. Jeune adulte, nous écoutions en boucle une pièce pour clavecin de François Couperin, Les Folies françoises, qu’il avait dédiée aux dominos. Le domino chez Couperin, compositeur du XVIIIe siècle, ne désignait ni le jeu, ni le masque, mais bien tout un habit de bal masqué, surmonté d’un lourd capuchon. Dans ses variations musicales, Couperin avait associé une caractéristique humaine à chaque couleur de vêtement : le rouge sang pour l’ardeur, le noir pour le désespoir, le bleu pour la fidélité… et le gris pour la persévérance.Aussi, lorsque…


Le Carnet et les Instants

Rédigé dans les années 1980, le recueil Stèles fait partie des textes inédits laissés par le poète François Jacqmin (1929-1992). L’auteur d’Être, du Domino gris, de L’œuvre du regard, du Poème exacerbé, du Livre de la neige creuse ici un questionnement poétique sous une forme aphoristique. Non point l’aphorisme comme condensateur d’une vérité mais comme épure au plus près de la matière de la vie. Il approfondit ce qui n’a cessé de le hanter : le battement de l’être et du néant, le rapport entre le donné et la logique, entre le réel et le verbe. Son aventure créatrice se soutient d’une tension entre la sphère de la pensée (philosophique, logique, calculante…) qui écrase le mystère et l’activité…