Psaume, passant


RÉSUMÉ

Sur les quais en bord de Sambre ou de Meuse, dans les rues de Namur, sur les chemins, passants parmi les passants, Antoine Dugardin capte des images, Marc Dugardin, poète dans la douceur écorchée de vivre, recueille des fragments de paroles et de silences, parfois l’écho d’une musique…

Ce n’est pas un psaume.
C’est un texte avec une écharde sous la peau.
Il s’écrit de brûlure en brûlure,
il s’avance sur le chemin de ce qui le consume.

À PROPOS DE L'AUTEUR
Marc Dugardin
Auteur de Psaume, passant
Né à Bruxelles en 1946, Marc Dugardin habite actuellement à Namur, où s’est déroulée la plus grande part de sa vie professionnelle (comme éducateur spécialisé puis dans l’Enseignement de promotion sociale). Il a publié, à partir de 1982, une vingtaine de titres. Depuis sa première publication chez Rougerie en 1986, un lien de fidélité et d’amitié le rattache particulièrement à cet éditeur. Sa poésie s’écrit dans la tension entre une certaine retenue et le besoin parfois de laisser échapper des cris. Souvent concise, allusive, il lui arrive toutefois de se faire plus directe, plus familière. Elle est habitée de musique, à travers ses références et son travail dans la langue. Nourrie de solitude, elle se veut aussi solidaire, en quête de la résonance qu’autrui peut lui offrir.


NOS EXPERTS EN PARLENT...
Le Carnet et les Instants

Marc Dugardin, avec la complicité de son fils à la photographie – Antoine Dugardin – ouvre une fenêtre sur l’activité d’écriture par l’intermédiaire d’un Psaume, passant publié aux éditions du Chat polaire. Ouvrage étrange qui se veut prière, Psaume, passant ne s’adresse pourtant à aucun dieu, comme un appel lancé dans un vide métaphysique. Empruntant sa mélodie à la poésie et la narration d’un « je » vivant, pensant, écrivant au genre du récit, Marc Dugardin permet ici « l’irruption du monde dans le corps du texte ».L’irruption du monde est symbolisée par le regard porté sur un homme à sa fenêtre, du moins par son absence inhabituelle, qui permet d’invoquer…


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Dans un pays pourtant phénoménal

Si nous suivons avec attention, depuis plusieurs années, la production de Pascal Leclercq , c’est sans doute dans l’attente du plaisir de retrouver, à chaque nouvelle parution, une musique bien personnelle. Même s’il reste discret, l’auteur poursuit à travers ses différentes activités de traducteur, de critique, de romancier ou d’animateur de la revue Boustro une œuvre cohérente et exigeante. Avec ce dernier recueil de textes en prose, Dans un pays pourtant phénoménal , il consolide un peu plus encore son architecture intime. Depuis une quinzaine d’années déjà, l’auteur affine ses positions, creuse toujours plus profond le sillon de ses obsessions, de ses interrogations. Dans ces sept parties composées chacune de sept textes courts, l’écorce des narrateurs ne cesse de se fissurer au contact d’un monde qui court toujours plus vite. Un monde à bout de souffle et souvent burlesque mais dont l’accélération inévitable imprime sur les corps d’insignes cicatrices. Blessures indélébiles que le poète tente de recoudre vaille que vaille même s’il pressent que l’opération restera vaine. Le constat dès lors est plutôt noir, les morphoses de l’homme capable de singer le caméléon ne suffisent plus à tenir la tête hors de l’eau. Face au désenchantement du monde, face aux amours délavées, aux années qui filent, les corps subissent l’intraitable assaut du temps. Écartelé entre l’immense déception que m’inspire le monde et l’explosion végétale du printemps, – le première m’interdit tout élan d’enthousiasme envers la seconde. Ai-je souvenir d’une année où l’exponentielle foliation des chèvrefeuilles, l’aromatisation de l’air par les lilas m’ont procuré des sentiments aussi mitigés ? […] Il n’est pas jusqu’au retour des araignées qui ne me foute le cafard, – sa noirceur se réfugie dans mon crâne pour échapper aux toiles.  Le temps de l’équarrissage des corps est venu ! Que faire dès lors que même la nature ne peut plus s’opposer à l’assaut des hommes ? Se pencher sur de dérisoires souvenirs ? Rêver aux soirs noctambules quand la fête des fêtards s’englue dans les mémoires elles aussi ravinées par l’alcool et le désarroi ? Se remémorer les nuits factices où il s’agira «  de finir la soirée comme un chien aux yeux doux  » ?Cruelle et onirique, la langue de Pascal Leclercq cherche à relier ces fragments de vies dispersées. À recoudre les peaux déchiquetées par les pluies acides du temps. La force de l’écriture tient ici en ce qu’elle parvient, dans sa nudité, à rendre l’absurdité des destins confrontés à un présent déboussolé. Même les protestataires et leurs cris de révolte semblent un leurre. Que reste-t-il encore ? Reste la vie que j’avais crue si douce, – et qui dans mon dos fourbissait ses armes. Reste la possibilité de partir, restent les devantures des magasins de luxe, devant lesquelles on reste pour rester. […] Restent les mains, les pieds, les corps de nos enfants en devenir, restent les têtes bien faites, reste le souvenir des jours passés à s’étreindre, d’une peau qui frémit au premier soleil du matin. Dans ces moments interlopes et ces vies avortées où l’âme n’en finit pas de se griser, la poésie de Pascale Leclerq ne rend pas pour autant complètement les armes. Certains moments, certains endroits semblent échapper au carnage, certains lieux que l’écriture chirurgicale ici relie. Ceux de l’enfance peut-être, ceux des enfants sûrement, des territoires connus et qui rassurent malgré tout. Comme au sortir d’un rêve qui n’était pas vraiment un cauchemar mais presque, les mots forment les sutures d’une écriture liquide, lénifiante tels les ponts reliant les deux berges de la Meuse de ce « pays pourtant phénoménal . » Rony Demaeseneer Plus d’information La vie est intraitable. On se cogne aux barreaux de la réalité. On circule dans un monde instable et menaçant. On croise des personnages interlopes. On affronte des péripéties tour à tour burlesques et brutales. L'amour lui-même n'est pas une sinécure. Les rêves se désagrègent. On se réveille avec la gueule de bois. On se défait en mille morceaux. Mais on rassemble ses abattis pour…