Ostende


RÉSUMÉ

Ostende, premier volet de la série Derrière, est au premier regard une série de peinture, promenade mélancolique dans les paysages sereins des Flandres. Mais sous leur beauté picturale, hors du temps, ces paysages sont prêts à éclater, habités d’hypothèses quant à ce que cachent les apparences et l’habitude, habités de désirs, fantasmes, formes – chair ou abstractions – dont on ne sait s’ils sont réels ou imaginaires. Une grammaire géométrique perturbe l’espace, des bruits rompent un confortable silence et le font parler, comme des accidents dans le décor d’un spectacle bien rôdé, des déchirures dans une toile bien connue, par lesquels s’engouffrent sensations, tensions, désirs…

Entre autres visions, nous rencontrons Irène, sexagénaire qui aime à se dévêtir en milieu naturel, sous le regard d’hommes en costume cravate qui jamais ne la toucheront. Irène cherche l’extension du domaine des sens et du corps, l’élargissement de la perspective. Elle veut toucher du doigt l’impalpable et s’y fondre, être touchée, submergée, voir ce qui bout sous la surface tranquille des choses. À Ostende, il s’agit de quitter une vie, où l’habitude et des sens corsetés nous tiennent, pour une autre, dans le même lieu et à la même époque. Le temps se dilatte sous la force émanant d’un paysage, ou se contracte lorsqu’un détail, un geste ou un visage témoignent d’une vie entière.

Posant des yeux à la fois voyeurs et bienveillants, Ostende déchire la surface que nos yeux se bornent à voir, saisit ce qui se passe horschamp, où rugissent en silence des désirs, des élans vitaux, où dansent sensations et abstractions. Derrière la digue, dans une ferme isolée, sur une plage la nuit, ses paysages forment une scène où tout peut survenir, calme avant l’orage de sensations. Un contrechamp fourmillant d’aventures cachées s’installe petit à petit, révélé par une prose suggestive, procès verbaux de scènes érotiques ou libératrices.

Dominique Goblet souffle le froid et le chaud, nous fait errer, chercher. Elle nous fait glisser de la douceur à la brutalité, du loufoque au sublime, sur un fil entre un réel trop calme et un imaginaire luxuriant. Notre soif de liberté et notre peur de l’inconnu se confrontent sans cesse, et peu à peu se concilient dans l’envie


À PROPOS DE L'AUTEUR
Dominique Goblet
Auteur et illustrateur de Ostende
Née en 1967 à Bruxelles, Dominique Goblet est un grand nom de cette nouvelle génération d’auteurs belges francophones. Ayant étudié l’illustration à l’Institut Saint-Luc (Bruxelles), elle participe, entre 1991 et 1995, à la création du groupe Frigoproduction (qui deviendra plus tard Fréon-Frémok) et commence à approcher la bande dessinée au travers de nombreux récits courts publiés dans diverses revues. Son premier livre, Portraits crachés, publié aux éditions Fréon, rassemblait récits et images parus dans les revues emblématiques du renouveau de la bande dessinée des années 90. Son premier long récit, Souvenir d’une journée parfaite, publié chez Fremok (FRMK), est paru en 2001.

En 2008, Faire semblant c’est mentir (L’Association), qui racontait son enfance et son rapport à ses parents, est nommé à Angoulême. Il reçoit la même année le Prix international de la Ville de Genève. En 2010, elle achève Chronographie (L’Association) qui recueille, depuis 2002, des portraits qu’elle fait de sa fille et que sa fille fait d’elle. Plus si entente (FRMK et Actes Sud BD), co-écrit avec Kai Pfeiffer, et L’amour dominical (FRMK), fruit d’un travail en duo avec Dominique Théate, viennent compléter son œuvre. Dominique Goblet est également plasticienne et expose régulièrement peintures et sculptures en Belgique et à l’étranger. Ses techniques mixtes, ses influences multiples, sont mises au service d’une écriture graphique unique. Preuve que l’autrice et illustratrice belge bénéficie de la reconnaissance de ses pairs au niveau international, Dominique Goblet a été désignée en 2019 présidente du jury du Festival de la Bande Dessinée d’Angoulême. Avant de recevoir le prix Atomium de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Dominique Goblet avait reçu, en novembre 2019, le Grand Prix Töpffer. Ce prix, décerné par le canton et la ville de Genève, récompense, chaque année, un artiste francophone pour l’ensemble de son œuvre.


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