Marianne Faithfull : Broken English | Objectif plumes

Marianne Faithfull : Broken English

RÉSUMÉ

Broken English (1979) constitue une renaissance et un tournant pour Marianne Faithfull, l’égérie britannique des années 1960. La voix abimée par des années d’excès pose une nouvelle atmosphère tournée vers la décennie des années 1980.

À PROPOS DE L'AUTRICE
Véronique Bergen

Autrice de Marianne Faithfull : Broken English

Véronique Bergen (pseudonyme de Vankeerberghen) est née le 3 avril 1962. Elle fréquente, en secondaire, la fameuse école Decroly qui favorise l’expression de la personnalité de chacun et la réalisation des vœux les plus intimes. Elle poursuit ses études à l’Université libre de Bruxelles en philologie romane puis en philosophie. Elle obtiendra le titre de docteur en philosophie. Son mémoire de philologie (défendu à l’ULB), Jean Genet, Entre mythe et réalité, sera publié dans la collection «Littérature» de Pierre Mertens aux éditions De Boeck, un essai qui obtiendra le prix Franz De Wever de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Côté philosophie, sa thèse sur Gilles Deleuze (L’Ontologie de Gilles Deleuze) a été présentée à Paris 8 et paraît chez L’Harmattan en 2001. Sa passion pour la musique la conduit à apprendre le piano à l’âge adulte à l’Académie de Bruxelles et ensuite avec Éliane Reyes. Elle enseigna brièvement la littérature théâtrale au Studio Herman Teirlinck d’Anvers. Elle est élue en 2018 à l’Académie royale de langue et de littérature françaises au siège de Philippe Jones. Son œuvre couvre tous les domaines : roman, poésie, essais, monographies, et même scénario de bande dessinée… Elle est aussi membre du comité de rédaction de la revue Lignes, membre du comité d’administration des éditions le Cormier, critique pour diverses revues (La Nouvelle Quinzaine littéraire, Marginales, Artpress, Diacritik, Flux News, L’Art même, Le Carnet et les Instants, Lignes, Septentrion, Espace de Libertés…). Parmi les rencontres qui la marqueront sur le plan de la création, de la pensée, citons Pierre Verstraeten, Pierre Mertens, Jacques De Decker, Marcel Moreau et Hélène Cixous. Après la parution de son mémoire sur Jean Genet, son œuvre commence par la poésie en 1994 avec le recueil Brûler le père quand l’enfant dort (La Lettre volée), dont le titre témoigne déjà de son originalité. Il sera suivi d’une quinzaine d’autres recueils poétiques dont L’Obsidienne rêve l’obscur, préfacé par Pierre-Yves Soucy (1998), Habiter l’enfui, préfacé par Claire Lejeune (2003), Plis du verbe (2006), Alphabet sidéral. Dans les pas d’Anselm Kiefer (2008), Gang Blues Ecchymoses avec les photographies de Sadie von Paris (2017), Alphabets des loups (2018). Une autre partie importante de son œuvre poétique est constituée de dialogues avec des artistes, peintres, photographes… On y rencontrera Anselm Kiefer, Gundi Falk, Charlotte Perriand, Pilar Albarracin, Marie-Jo Lafontaine, Sophie Cauvin, Bernard Gilbert, Sophie Podolski et bien d’autres dont Javier Vallhonrat ou Jacqueline Devreux. Ses romans donnent voix aux oubliés, aux êtres fissurés, aux muselés de l’Histoire et aux grands révoltés : Kaspar Hauser dans Kapsar Hauser ou la phrase préférée du vent, Unica Zürn dans Le Cri de la poupée, Janis Joplin dans Janis. Voix noire sur fond blanc, Marilyn dans Marilyn, naissance année zéro, Edie Sedgwick dans Edie. La danse d’Icare, Ulrike Meinhof dans Ulrike Meinhof, Louis II de Bavière dans Requiem pour le roi… Ce qui caractérise Kaspar Hauser ou la phrase préférée du vent (Denoël, 2006, prix Félix Denayer de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, prix triennal de la Ville de Tournai, finaliste du prix Wepler et du prix Rossel, réédité chez Espace Nord en 2019, postface de Charline Lambert), c’est son style, l’inventivité de l’écriture et de la pensée : l’incroyable capacité de Véronique Bergen de pénétrer la sensibilité de n’importe quel personnage, réel ou fictif. Ici, elle fait parler Kaspar Hauser, un enfant qui a été emprisonné toute sa jeunesse, en qui on vit un descendant de la famille royale de Bade tandis que d’autres le diagnostiquèrent autiste et qui fut libéré, jeté dans la société des hommes à l’adolescence. Kaspar Hauser se frotte tout à coup au monde qui le heurte. Le ton s’adapte et change quand il s’agit de la voix de la mère ou de celle de la comtesse H. ou du geôlier ou de l’assassin de Kaspar. Étonnante capacité à se fondre dans tous les registres et qui contraste terriblement avec les livres à une seule voix et un seul ton. Il serait impossible d’établir la liste de tous les écrits de Véronique Bergen depuis son premier recueil poétique de 1994, soit sur près de trente années, tellement ses intérêts sont divers, ses préoccupations nombreuses, ses talents innombrables. Signalons qu’avec Tous doivent être sauvés ou aucun (encore un titre qui laisse pressentir un univers singulier), édité chez Onlit fin 2018, on voit nettement poindre une autre préoccupation de Véronique Bergen : la dénonciation des agissements de l’humain, son agressivité à l’égard de la nature et des espèces animales. Et elle conclut en faisant disparaître l’homme et en donnant tout pouvoir aux animaux et, ici, particulièrement aux chiens auxquels elle donne voix tout au long du roman. «Flamboyante d’énergie, de colère et d’humour, cette fable donne de l’humanité et de l’univers en général une vision d’autant plus convaincante dans sa violence que Véronique Bergen y déploie une énergie féroce et tous ses talents de conteuse, de visionnaire et de poète» analyse Jeannine Paque dans Le Carnet et les Instants. Son œuvre philosophique interroge essentiellement la philosophie contemporaine (Deleuze, Sartre, Badiou), questionne les champs de l’esthétique, de la métaphysique (Résistances philosophiques, Comprendre Sartre, Le Corps glorieux de la top-modèle…). Elle a consacré des essais à Visconti (Visconti. Les Promesses du crépuscule), Hélène Cixous (Hélène Cixous. La Langue plus-que-vive), aux Roms, à Patti Smith, faisant éclater les frontières entre la fiction, la philosophie et la poésie, entre culture savante et culture populaire. Gageons, face à cette écrivain(e) aux mille visages, que le souci écologique n’échappera plus aux livres à venir et que l’animal, quel qu’il soit, excepté l’homme, y aura sa part. Lauréate d’une bourse de la Fédération Wallonie-Bruxelles - Bourse semi-sabbatique 2021
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Le Carnet et les Instants

Chaque volume de la collection « Discogonie » des éditions Densité s’attache à un album de musique, envisagé comme « le récit sonore du commencement d’un monde propre au groupe de musiciens qui l’a gravé ». Après Patti Smith. Horses paru en 2018, Véronique Bergen contribue pour la deuxième fois à la série, en creusant le (micro)sillon du Broken English de Marianne Faithfull.Icône du Swinging London, jeune chanteuse  folk, interprète du tube As tears go by co-écrit pour elle par Mick Jagger et Keith Richards, passée dans les années 1970 à une musique plus sombre, interprète de plus de vingt albums depuis 1965, autrice et compositrice de plusieurs d’entre eux, actrice pour Jean-Luc Godard…


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Motörbook

Aux bouillonnantes Éditions Lamiroy qui ont, entre autres, déjà publié les Abécédaires Doors, Kiss, Allo Bowie ? C’est David   ! et lancé une collection de nouvelles hebdomadaires (Opuscule), le trio composé des journalistes rock Jacques de Pierpont et Patchouli et de l’illustrateur, auteur de bandes dessinées, Alain Poncelet, sort un abécédaire trempé dans la passion viscérale du rock. Loin de livrer une analyse à froid du phénomène Motörhead, loin de retracer du dehors la trajectoire du mythique groupe de heavy metal, ils dessinent un voyage à l’intérieur de l’univers de Lemmy Kilmister et de ses musiciens, creusant aussi bien la nouveauté musicale, la signature du groupe (énergie rebelle, rythmique d’enfer, riffs rapides, ballades renversantes, jeu de basse très particulier de Lemmy qui donne ce fameux « son Motörhead »…) que sa place dans l’histoire du rock, ses thématiques, l’évolution au fil de leur vingt-deux albums, les frasques de leur vie privée. Si, illustré par Alain Poncelet, préfacé par la chanteuse, la Metal Queen Doro Pesch et par Philippe Close, ce Motörbook ravira les aficionados de ce groupe placé sous la devise «  Everything Louder Than Everything Else  », il séduira plus largement les amateurs de rock dur et sans concession, ralliera ceux qui font du rock une manière de vivre, un mode d’existence vertébré par l’esprit de la liberté et de la révolte contre l’asphyxie du système. Ni encens ni tapis rouge mais le partage d’une expérience, de la fièvre d’une musique qui change la vie : notre trio d’auteurs passe derrière le mythe Lemmy, derrière le power trio d’idoles Lemmy/Phil Campbell/Mikkey Dee (dernière composition du line up du groupe). Motörhead n’est pas une icône à qui on rend un culte, mais une bouffée d’adrénaline, un style musical qui, derrière l’image réductrice d’une esthétique de la violence, du speed rock et de la hargne, cache une sensibilité lyrique, des sommets mélodiques, un art des textes ciselés au scalpel (aberration de la guerre, aliénation de la religion, haine du conformisme, résistance au pouvoir, fringale sexuelle, profession de foi anarchiste…). De ses débuts comme roadie de Jimi Hendrix à sa collaboration au groupe de space rock Hawkind, de la formation de Motörhead en 1975 en pleine vague punk au succès mondial avec les albums Overkill, Ace of Spades, Lemmy forge un univers nourri par les racines du rock, la veine du blues, l’ heroic fantasy . Faisant sauter les faux-semblants, les entraves, dynamitant les barrières entre les genres musicaux, Motörhead a absorbé l’héritage du rock incendiaire, contestataire afin de le recréer. Il a sauvé la flamme d’une musique qui va droit aux tripes en bâtissant un langage qui influencera décisivement le speed metal, le trash metal. Que, durant quatre décennies, Motörhead ait balancé au monde non seulement une musique marquant un avant et un après-Motörhead mais aussi une philosophie de vie, un style d’être au monde, les témoignages recueillis à la fin du volume l’attestent (ceux d’Anik De Prins, de Michel Stiakakis, Marc « Temple » El Khadem…). De l’Umlaut, du tréma qui surmonte le second O de Motörhead aux bootlegs, de la créature Snaggletooth — emblème du groupe — aux collaborations musicales entre Lemmy, Slash, Brian Robertson ou des girls bands, des chanteuses comme Girlschool, Doro…, le Motörbook délivre mille et…

Chronique du rattachement de la Belgique au Congo

Cela devrait se passer sur une petite place, derrière l’église Saint-Boniface à Ixelles-Elsene, dans le triangle du quartier Matonge. Une plaque en émail, lettres blanches sur fond bleu, apposée sur un mur : « Place-Patrice Lumumba-Plein, Premier ministre de l’État indépendant du Congo, 1925-1961 ». Mais la bourgmestre et le collège échevinal de la commune n’en veulent pas, depuis de longues années, et découragent toutes les initiatives, y compris clandestines, en ce sens. Cela pourrait aussi se passer, carrément, sur la place des Martyrs, et plus exactement sous le monument de ladite place : le Collectif Manifestement voudrait y inhumer la dépouille (ou le peu qu’il en reste) de l’homme politique congolais, assassiné dans les circonstances que l’on connaît (vraiment ?), en janvier 1961. Mais ici aussi, ça coince. Ce qui ne serait peut-être pas le cas si… le royaume de Belgique était tout simplement rattaché à la république du Congo. Une plaisanterie ? Une aberration ? Une incongruité ? On n’oserait pas dire « une blague d’étudiants », car le Collectif Manifestement se fendrait aussitôt, en pleines vacances d’été, d’un droit de réponse au Carnet , tout ce qu’il y a de plus sérieux… Bye Bye Belgium D’ailleurs, cette idée du rattachement de la Belgique au Congo n’est pas si neuve : les animateurs du collectif (parmi lesquels Laurent d’Ursel, Xavier Löwenthal, Maurice Boyikasse Buafomo, Serge Goldwicht, et beaucoup d’autres qui ne se comptent pas que sur les doigts d’une seule main) y ont pensé, bien avant qu’un soir de décembre 2006, le journal télévisé de la RTBF ne diffuse son Bye Bye Belgium , mémorable canular (un «  fake news  », dirait Donald Trump) qui n’a pas fait que du bien au journalisme : la Flandre avait voté son indépendance, la Belgique implosait de Knokke à Martelange, et le roi Albert II, contraint à l’exil, avait trouvé refuge, où ça ? au Congo, justement… Colette Braeckman, éminente journaliste ès-Congo, n’avait-elle pas elle-même écrit dans Le Soir , en janvier 2007, à propos de ce rattachement improbable : «  Un ‘rattachement’ de ces quelques arpents de terre (la Belgique, NDLR) à un Congo 80 fois plus vaste est évidemment une aberration géographique, mais finalement pas plus folle que le fait colonial lui-même où des quidams prétendaient ‘découvrir ‘, ‘civiliser’, et ‘mettre en valeur’ des terres qui, on le saura plus tard, sont peut-être le berceau de l’humanité. (…) Comment, après cela, lorsque le premier, le deuxième et le troisième degré s’entremêlent, encore qualifier de ’pochade’ l’initiative du ‘rattachement’ ?  » C’était il y a dix ans, déjà…Une décennie, et donc l’occasion toute trouvée pour narrer à ceux qui l’ignoreraient encore, dans un livre-album lesté de documents, tracts et photomontages, les prolégomènes, les suites, et pas encore les conclusions (toujours à venir) de ce rattachement potentiel, improbable, qui ne fait qu’alimenter cette lancinante question subsidiaire : comment envisager les relations entre deux États, deux nations, qui n’ont pas encore trouvé le chemin de l’apaisement, près de soixante ans après une indépendance précipitée, et plus d’un siècle après le rattachement forcé du Congo et de ses populations au bienheureux royaume de Belgique ? La démarche du Collectif Manifestement, derrière ses coups d’éclat, ses manifestations plus ou moins réussies, ses réunions crypto-sécessionnistes et ses déclarations montant souvent très haut dans les tours, pour retomber parfois en fumées et fumeroles, est de poser la question, sur la scène publique, et en dehors des seuls  cénacles politiques (qui vraiment préfèrent ne pas revenir sur le sujet). La main coupée du Congolais À propos du Congo, certains souhaitent que dans le processus de colonisation belge apparaisse clairement la notion de « génocide ». D’autres, que les autorités politiques de l’État belge reconnaissent l’asservissement, la maltraitance et l’exploitation forcenée des populations. Les mêmes et d’autres encore, demandent qu’à tout le moins l’histoire de la colonisation ne fasse plus l’objet de tabous, et que, par exemple, la participation de la Belgique à l’assassinat de Lumumba, en armant les bras des tueurs, soit reconnue comme telle. Et d’autres toujours (ça fait quand même du monde…), que toutes les statues du roi Léopold II ne soient pas déboulonnées des places publiques – on ne renie pas l’histoire – mais mentionnent autre chose qu’un roi « bâtisseur », « anti-esclavagiste », « bienfaiteur », « porteur de valeurs civilisées »…etc. C’était l’une des premières actions du Collectif Manifestement : le 22 décembre 2006, les plus motivés d’entre eux se réunirent au pied de la statue équestre de Léopold II à Ostende. S’y trouvent également des statues de Congolais nus, dont la main de l’un d’entre eux avait été sectionnée par un opposant à la cause léopoldiste, allusion à la sinistre pratique des « mains coupées ». Le Collectif Manifestement, en acte symbolique de réparation, greffa une main, blanche celle-ci, sur le bras noir du malheureux amputé… Deux cents pages plus loin, arrivé au bout de cet ouvrage rigoureusement foutraque, qui pousse la logique du rattachement jusqu’au bout du délire (inhumer Léopold II et Lumumba côte-à-côte à Kinshasa), on ne sait plus trop quels argument invoquer pour réfuter le rattachement de la Belgique (ou ce qu’il en reste) au Congo (et ce qu’il reste à y faire…). Pierre Malherbe Le 21 janvier 2007 à 15 heures, sous le regard incrédule, médusé puis attendri des forces de l’ordre détrempées par une pluie de saison, un long cortège s’ébranla majestueusement depuis la place Loix, à Saint-Gilles, et sillonna les rues de l’ancienne capitale et métropole Bruxelles, jusqu’à la Porte de Kinshasa (anciennement Porte de Namur), là où ne se dressait pas encore, pour la mémoire des siècles et de ce grand jour, la fière statue des pionniers de la République royale et populaire du Congo. Dans sa torpeur coupable, le monde entier pouvait bien ignorer l’issue inéluctable de ce jour d’exception, les marcheurs, eux, n’ignoraient rien, et les larmes de l’émotion et la sueur de la lutte trempaient leurs joues et leurs drapeaux mieux que la pluie qui battait comme une bénédiction. Parce qu’elle aggrave la vérité pour mieux l’inscrire dans les esprits dubitatifs, l’Histoire rappellera qu’un camion-remorque de location, flanqué providentiellement du slogan « Désormais vous pouvez voir grand », traînait nonchalamment un crocodile de 23 mètres de long et de 9 tonnes d’airain, authentique mascotte, carnassière allégorie et définitif emblème du Rattachement de la Belgique au Congo. L’empereur constaté Maurice Boyikasse Buafomo Ier décréta le 21 janvier « Journée mondiale de la fête nationale, royale et populaire du Congo rétroactivement unifié ». Il arrive que l’Histoire en marche le soit en dépit de ses acteurs, révolutionnaires aguerris ou agents des forces réactionnaires, ne s’appuyant que mollement sur eux, qui sont toujours là, à caqueter sans fin sur leurs gesticulations trépidantes, convaincus que rien d’essentiel ne peut survenir sans eux, qui s’arrogent crânement la paternité de toutes les inerties. Il arrive aussi que l’Histoire se mette en branle par le truchement involontaire d’humbles fauteurs de troubles, car l’Histoire, pour avancer, s’abreuve où et quand bon lui semble. Enfin, il arrive – et c’est le cas le plus rare et le cas ici narré – que germe, quand sonne l’heure, la graine des Grands Chambardements, semée par la brise du destin dans les esprits les plus libres, les caractères les mieux trempés, les corps les moins avachis, à contre-courant des vents dominants de l’époque. Le Rattachement de la Belgique au Congo naquit d’hommes de cette étoffe-là.…