Mahmoud ou La montée des eaux


RÉSUMÉ

Syrie.

Un vieil homme rame à bord d’une barque, seul au milieu d’une immense étendue d’eau. En dessous de lui, sa maison d’enfance, engloutie par le lac el-Assad, né de la construction du barrage de Tabqa, en 1973.

Fermant les yeux sur la guerre qui gronde, muni d’un masque et d’un tuba, il plonge – et c’est sa vie entière qu’il revoit, ses enfants au temps où ils n’étaient pas encore partis se battre, Sarah, sa femme folle amoureuse de poésie, la prison, son premier amour, sa soif de liberté.



PRIX
  Prix du livre Inter, 2022  Prix Wepler, 2021  Prix Marguerite Duras, 2021

À PROPOS DE L'AUTEUR
Antoine Wauters
Auteur de Mahmoud ou La montée des eaux
Antoine Wauters a étudié la philosophie à l'Université Libre de Bruxelles. Il publie ses premiers livres en 2008, trois recueils de poésie. L'un d'eux, Debout sur la langue, reçoit le Prix Emile Polak de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. En 2012, son récit Césarine de nuit, chez Cheyne Éditeur, reçoit le Prix Marcel Thiry et le Prix de littérature française de la ville de Tournai, avant d'être lu dans divers festivals par la comédienne Isabelle Nanty. Nos mères, son premier roman, paraît chez Verdier en 2014. Rapidement remarqué, le livre reçoit le Prix Première de la RTBF, le Prix Révélation de la SGDL et est finaliste du Prix des cinq continents de la Francophonie, faisant d'Antoine Wauters "la révélation littéraire belge de ces dernières années", selon Mariane et le Focus Vif. Scénariste, il a cosigné "Préjudice" (2015), long métrage d'Antoine Cuypers qui réunit Nathalie Baye et le chanteur Arno. En septembre 2018, il marque la rentrée littéraire en publiant deux romans, d'un coup, aux éditions Verdier : Pense aux pierres sous tes pas, qui raconte un amour absolu entre un frère et sa sœur jumelle, et Moi, Marthe et les autres, qui narre les aventures d'un groupe de survivants dans un Paris dévasté par une catastrophe dont le nom n'est jamais donné. Les deux livres reçoivent un accueil enthousiaste, tant en France qu'en Belgique. Pense aux pierres sous tes pas est notamment finaliste du Prix Décembre et remporte le Prix du Deuxième roman 2018. En 2021 sort Mahmoud ou La montée des eaux, un roman doublement récompensé, à la fois par le Prix Wepler et le Prix Marguerite Duras. En 2022, Antoine Wauters reçoit le Prix Goncourt de la nouvelle pour son recueil Le musée des contradictions. Lauréat d’une bourse de la Fédération Wallonie-Bruxelles - Bourse semi-sabbatique 2021


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Karoo

Seule la mémoire peut dompter le vertige. Elle l’enveloppe, elle l’enferme en elle, elle le limite dans le temps et dans l’espace… Elle nous permet de le contrôler, de choisir quand y plonger. Mais seulement, Mahmoud ou la montée des eaux nous montre qu’il faut y plonger pour parvenir à sur-vivre, à vivre au-delà, à être là. 

Ces fleurs-là ont été cueillies trop tôt. Leurs jours se sont envolés avec les oiseaux. Un peu de haine et le présent s’enfuit, et le passé tombe dans l’oubli… Mais qui sommes-nous sans mémoire ? Pour supporter de vivre, Mahmoud Elmachi plonge dans ses souvenirs. 


Le Carnet et les Instants

De ce nouveau roman d’Antoine Wauters, écrit sous la forme tantôt douce, tantôt dure de vers libres, on souhaiterait ne rien dévoiler de trop, tant il faut se laisser emporter par l’élan des mots, le flux des phrases courtes, la répétition de certaines d’entre elles, la plongée lente que procure un texte bouleversant, qui trouve son origine dans la tragédie vécue par le peuple syrien depuis des décennies.Lors de son Voyage en Orient, Nerval avait pu écrire, sur le mode alors élégiaque d’un exotisme mythique cher au 19e siècle : « En Orient, chacun a son air favori, et le répète sans se lasser du matin au soir, jusqu’à ce qu’il en sache un autre plus nouveau. » Un siècle et demi plus tard, pour Mahmoud…


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«  Il a réglé la course, est sorti en sifflotant et, sans se retourner, il a soulevé son chapeau en guise d’adieu  », telle est la dernière image qu’a laissée Soren. Nous sommes à Bordeaux, en novembre 2017, et ce musicien et producteur âgé de cinquante-huit ans a demandé au chauffeur de taxi de le déposer à l’entrée du Pont de pierre. Après, plus rien… plus de Soren. Qu’est-il advenu ? Le roman de Francis Dannemark et Véronique Biefnot s’ouvre sur cette disparition et met en récit plusieurs voix. Elles ont toutes connu Soren, de près ou de loin. Chacune d’elles plonge dans ses souvenirs, exhume des moments passés en sa compagnie, des instants de sa vie et, dans une polyphonie où les sonorités tantôt se répondent tantôt dissonent, elles livrent au lecteur une reconfiguration de ce mystérieux Soren, tentant de lui éclairer le mobile de son départ. Chacune y va de sa modulation. «  On dira Soren ceci, Soren cela.. on dit tant de choses, mais au fond, qu’est-ce qu’on sait ?  » Lire aussi : un extrait de  Soren disparu  La construction du roman joue sur un décalage entre temps de narration et temps de récit. Tandis que cette volatilisation du personnage principal orchestre les interventions des différents narrateurs – celui-là l’a appris par téléphone, l’autre en écoutant la radio, celui-ci l’annonce à son père, un autre encore y songe à partir d’une photo de chanteuse dans un magazine etc. –, les récits font appel à une mémoire narrative qui reconstruit, rend présente une antériorité qui parcourt la vie du disparu, de son enfance à cette nuit sur le pont. «  Un souvenir entraîne l’autre. Quand on commence, on n’en finirait plus…  »Cette temporalité se déploie dans une spatialité qui accroît le côté mémoriel des interventions. Le lecteur arpente un Bruxelles d’autrefois ; de l’auditoires de l’ULB au Monty, le piano-bar-cinéma d’Ixelles, près de Fernand Cocq, de la chaussée de Ninove au Mirano Continental, la capitale se fait le lieu de ce festival narratif. [L]es soirs où je glandais, on traînait ici ou là, au Styx, on attendait une heure du mat’, avant ça, rien de bien ne se passait nulle part. À pied la plupart du temps, on allait jusqu’à la Bourse, au Falstaff, à l’Archiduc…, on se faisait parfois refouler à l’entrée quand on était trop murgés ou trop nombreux, ou qu’un truc nous avait énervés, un film ou un bouquin, et que la discussion déraillait. On buvait du maitrank ou des half en half, ou rien, ça dépendait de qui payait la tournée, ensuite, on montait le nord, sous le viaduc, vers l’Ex, ou alors à la rue du Sel parfois.  Cent-douze récits rythment ce roman choral où la musique est omniprésente . Fitzgerald, Les Stranglers, Wire, Chet Baker, Branduardi, Kevin Ayers, Neil Young, … La compilation forme une constellation où luisent les traits saillants qui permettent d’appréhender, par fragments, le disparu, de retracer son parcours, avec, en fond, ces musiques qui résonnent et accompagnent la lecture.Le duo Biefnot-Dannemark, déjà connu pour La route des coquelicots (2015), Au tour de l’amour (2015), Kyrielle Blues (2016) et Place des ombres, après la brume (2017), offre un nouveau quatre mains avec Soren disparu . Un roman kaléidoscope où se font échos les témoins de la vie de Soren ; lesquels, dans l’exploration du pourquoi et du comment d’une perte, mettent en lumière le temps qui passe, la complexité de l’existence et sa fugacité.Une nuit, traversant un pont, Soren disparaît. Tour à tour producteur, musicien, organisateur de festivals, cet homme multiple n'a eu de cesse d'arpenter le monde de la musique. Pour percer le mystère de sa disparition, une centaine de témoins…

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