L'Europe naturelle


RÉSUMÉ

Réflexion historico-politique relative à la présence de la Belgique au coeur de l’Europe, à l’Europe des régions, à l’O.T.A.N. et à la constitution d’une Communauté européenne de Culture.

  lire la suite sur  Service du Livre Luxembourgeois

À PROPOS DE L'AUTEUR
Pierre Nothomb
Auteur de L'Europe naturelle
BIOGRAPHIE Un village proche d'Arlon porte son nom et explique sans doute l'attachement de Pierre Nothomb à l'Ardenne, bien que l'écrivain soit né à Tournai le 28 mars 1887. Fils d'un conseiller à la cour d'appel, il descend d'une famille d'hommes d'État (benjamin du Congrès national, Jean-Baptiste Nothomb fut ministre après 1830). Il a vingt ans à peine quand il signe ses premiers écrits (notamment La Morte, un acte en vers, datant de 1907). Il se consacre bientôt à une revue catholique d'art et de littérature baptisée Durendal qui sera, longtemps, une maison d'édition très active. Durant la guerre de 1914-1948, il est attaché au gouvernement belge en exil et rédige une série d'ouvrages de propagande : Les Barbares et la Belgique, La Belgique martyre, Le Roi Albert, Villes meurtries de Belgique. Il fonde aussi le mouvement La grande Belgique qui deviendra au cours de l'immédiat après-guerre le Comité de politique nationale. Père d'une nombreuse famille, Pierre Nothomb, qui mène de front vie politique et littéraire, achète le château du Pont d'Oye, à Habay-la-Neuve, un ancien domaine de maître de forges. Animateur de la vie politique et culturelle de sa province, il partage ses multiples activités entre Bruxelles et l'Ardenne. Cofondateur et président de l'Académie belgo-luxembourgeoise (1948), il est aussi le rénovateur de la Bénédiction de la forêt qui rassemble chaque année, à l'automne, à l'orée de la forêt d'Anlier, les amis des arbres et des grands espaces. À sa mort, le 29 décembre 1966, sa propriété, où il avait reçu Francis Jammes, Georges Bernanos et bien d'autres, deviendra un centre culturel. Selon son vœu, l'écrivain y sera inhumé : «J'ai fait creuser ma tombe au seuil de la forêt.» L'œuvre de Pierre Nothomb est considérable : poèmes, essais, romans, biographies se partagent sa bibliographie qui compte près de quatre-vingts titres. Poète avant tout, Pierre Nothomb est un lyrique nourri d'un mysticisme souvent proche du Cantique des Cantiques qui s'exprime dans une langue foisonnante et sensuelle. Il explique sa démarche par le désir d'atteindre le divin grâce au chant des mots. Ses premiers recueils se souviennent d'un Symbolisme déclinant mêlé à une foi transparente malgré les déchirures de la mort (Marisabelle, 1920). On retrouve ces thèmes, de L'Arc-en-ciel (1909) à Porte du ciel (qui regroupe, en 1923, quatre recueils précédents) et de Délivrance du poème (1936) à Ans de grâce (1958). Au fil des ans apparaissent d'autres thèmes d'inspiration qui vont des laudes de la nature aux interrogations métaphysiques, de la sensualité à l'inquiétude, de la méditation sur la mort aux élans du croyant. Les recueils se succèdent, de Clairière (1941) à L'Été d'octobre (1963), du Pater alterné (1950) à Élégie du solstice (1959). Cette abondance ne va pas toujours sans une certaine verbosité rachetée souvent, comme dans Terrasse (1957), par une incontestable sincérité. Son véritable domaine, c'est un lyrisme qui dédie son effusion à la terre, à la nature, à la beauté du monde et au pouvoir du verbe, mais qui demeure assez subtil en ses meilleurs moments pour faire écho à l'ineffable et même au doute. Le roman et la biographie fournissent à Pierre Nothomb des personnages et l'occasion de retrouver l'univers biblique, de mettre en scène des héros qu'il admire, de développer ses théories politiques, de traduire sa nostalgie du paradis perdu et d'affirmer son goût pour l'histoire. Ainsi Risquons-tout (1926) est une reconstitution romancée des épisodes de l'accrochage révolutionnaire de mars 1848. Les Dragons de Latour (1934) rappelle les exploits de Baillet-Latour et de son régiment de cavalerie au XVIIIe siècle. Quant au Cycle d'Olzheim, qui est constitué de cinq romans dont les deux premiers furent publiés sous le pseudonyme d'Henri Créange, il s'inspire des événements de la guerre de 1940, développe l'utopique retour à un État bourguignon et évoque les inquiétudes sociales de l'époque. Il mélange dans le cours du récit de multiples personnages réels et imaginaires, mais n'évite pas un certain nombre de digressions qui alourdissent parfois la vaste fresque pseudo-historique dont l'auteur avait le projet. La Bible sert aussi de source d'inspiration à plusieurs œuvres : Vie d'Adam (1929), long poème sensuel en prose évoquant la faute originelle et la rédemption de la future humanité par l'art, L'Égrégore (1945) inspiré par un texte de la Genèse évoquant l'union des fils de Dieu (les anges) et des filles des hommes; enfin Le Roi David (1960). L'imaginaire est à la base d'une autre série de romans : La Rédemption de Mars (1923), histoire de deux astronautes — un athée et un chrétien — en visite sur la planète, Le Lion ailé (1926), où un poète catholique devient amoureux, à Rome, d'une comtesse italienne, Morménil (1955), du nom d'un monastère bouleversé par la passion, Fauquebois (1918), récit élégiaque mettant en scène une rivalité politique familiale, Chevalerie rustique (1927) où se précise l'intérêt de l'auteur pour la généalogie. Autre aspect de l'œuvre nothombienne, les ouvrages qui chantent en prose les beautés de l'Ardenne : Le Sens du pays (1930), La Ligne de faîte (1945). Curieux Personnages (1942 ) narre la vie passionnante de huit modèles parmi lesquels se retrouvent certains de ses ancêtres. Baron, docteur en droit, sénateur catholique du Luxembourg, Pierre Nothomb avait été élu le 1er décembre 1945 à l'Académie royale de langue et de littérature françaises au fauteuil de Garnir. Il y fut reçu par Carton de Wiart qui avait été son maître de stage à l'Université de Louvain.

AVIS D'UTILISATEURS

FIRST:xfirstword - "L'Europe naturelle"
stdClass Object ( [audiences] => [domains] => Array ( [0] => 9174 ) )

Ceci pourrait également vous intéresser...

Le fantastique dans l’oeuvre en prose de Marcel Thiry

À propos du livre Il est toujours périlleux d'aborder l'oeuvre d'un grand écrivain en isolant un des aspects de sa personnalité et une des faces de son talent. À force d'examiner l'arbre à la loupe, l'analyste risque de perdre de vue la forêt qui l'entoure et le justifie. Je ne me dissimule nullement que le sujet de cette étude m'expose ainsi à un double danger : étudier l'oeuvre — et encore uniquement l'oeuvre en prose de fiction — d'un homme que la renommée range d'abord parmi les poètes et, dans cette oeuvre, tenter de mettre en lumière l'élément fantastique de préférence à tout autre, peut apparaître comme un propos qui ne rend pas à l'un de nos plus grands écrivains une justice suffisante. À l'issue de cette étude ces craintes se sont quelque peu effacées. La vérité est que, en prose aussi bien qu'en vers, Marcel Thiry ne cesse pas un instant d'être poète, et que le regard posé sur le monde par le romancier et le nouvelliste a la même acuité, les mêmes qualités d'invention que celui de l'auteur des poèmes. C'est presque simultanément que se sont amorcées, vers les années vingt, les voies multiples qu'allait emprunter l'oeuvre littéraire de M. Thiry pendant plus de cinquante années : la voie de la poésie avec, en 1919, Le Coeur et les Sens mais surtout avec Toi qui pâlis au nom de Vancouver en 1924; la voie très diverse de l'écriture en prose avec, en 1922, un roman intitulé Le Goût du Malheur , un récit autobiographique paru en 1919, Soldats belges à l'armée russe , ou encore, en 1921, un court essai politique, Voir Grand. Quelques idées sur l'alliance française . Cet opuscule relève de cette branche très féconde de son activité littéraire que je n'étudierai pas mais qui témoigne que M. Thiry a participé aux événements de son temps aussi bien sur le plan de l'écriture que sur celui de l'action. On verra que j'ai tenté, aussi fréquemment que je l'ai pu, de situer en concordance les vers et la prose qui, à travers toute l'oeuvre, s'interpellent et se répondent. Le dialogue devient parfois à ce point étroit qu'il tend à l'unisson comme dans les Attouchements des sonnets de Shakespeare où commentaires critiques, traductions, transpositions poétiques participent d'une même rêverie qui prend conscience d'elle-même tantôt en prose, tantôt en vers, ou encore comme dans Marchands qui propose une alternance de poèmes et de nouvelles qui, groupés par deux, sont comme le double signifiant d'un même signifié. Il n'est pas rare de trouver ainsi de véritables doublets qui révèlent une source d'inspiration identique. Outre l'exemple de Marchands , on pourrait encore évoquer la nouvelle Simul qui apparaît comme une certaine occurrence de cette vérité générale et abstraite dont le poème de Vie Poésie qui porte le même titre recèle tous les possibles. Citons aussi le roman Voie-Lactée dont le dénouement rappelle un événement réel qui a aussi inspiré à M. Thiry la Prose des cellules He La. Je n'ai donc eu que l'embarras du choix pour placer en épigraphe à chaque chapitre quelques vers qui exprimaient ou confirmaient ce que l'analyse des oeuvres tentait de dégager. Bien sûr, la forme n'est pas indifférente, et même s'il y a concordance entre les thèmes et identité entre les motifs d'inspiration, il n'y a jamais équivalence : le recours à l'écriture en prose est une nécessité que la chose à dire, à la recherche d'un langage propre, impose pour son accession à l'existence. C'est précisément aux «rapports qui peuvent être décelés entre ces deux aspects» de l'activité littéraire de Marcel Thiry que Robert Vivier a consacré son Introduction aux récits en prose d'un poète qui préface l'édition originale des Nouvelles du Grand Possible . Cette étude d'une dizaine de pages constitue sans doute ce que l'on a écrit de plus fin et de plus éclairant sur les caractères spécifiques de l'oeuvre en prose; elle en arrive à formuler la proposition suivante : «Aussi ne doit-on pas s'étonner que, tout en gardant le vers pour l'examen immédiat et comme privé des émotions, il se soit décidé à en confier l'examen différé et public à la prose, avec tous les développements persuasifs et les détours didactiques dont elle offre la possibilité. Et sa narration accueillera dans la clarté de l'aventure signifiante plus d'un thème et d'une obsession dont son lyrisme s'était sourdement nourri.» Car, sans pour autant adopter la position extrême que défend, par exemple, Tzvetan Todorov dans son Introduction à la littérature fantastique, et qui consiste à affirmer que la poésie ne renvoie pas à un monde extérieur à elle-même, n'est pas représentative du monde sensible (et d'en déduire — j'y reviendrai dans la quatrième partie — que poésie et fantastique sont, pour cette raison, incompatibles), on peut cependant accepter comme relativement sûr que la traduction en termes de réalité ne s'opère pas de la même façon lors de la lecture d'un texte en prose ou d'un poème. C'est donc tout naturellement qu'un écrivain recourra à la prose, dont l'effet de réel est plus assuré, dont le caractère de vraisemblance est plus certain, chaque fois qu'il s'agira pour lui, essentiellement, d'interroger la réalité pour en solliciter les failles, d'analyser la condition humaine pour en déceler les contraintes ou en tester les latitudes. Le développement dans la durée permet l'épanouissement d'une idée, la mise à l'épreuve d'une hypothèse que la poésie aurait tendance à suspendre hors du réel et à cristalliser en objet de langage, pour les porter, en quelque sorte, à un degré supérieur d'existence, celui de la non-contingence. Il n'est sans doute pas sans intérêt de rappeler que, dans un discours académique dont l'objet était de définir la fonction du poème, M. Thiry n'a pas craint de reprendre à son compte, avec ce mélange d'audace et d'ironie envers lui-même qui caractérise nombre de ses communications, cette proposition de G. Benn et de T. S. Eliot pour qui la poésie n'a pas à communiquer et qui ne reconnaissent comme fonction du poème que celle d'être. La projection dans une histoire, l'incarnation par des personnages, la mise en situation dans un décor comme l'utilisation de procédés propres à la narration permettent une mise à distance qui favorise l'analyse et la spéculation et qui appelle en même temps une participation du lecteur. Parallèlement, on peut sans doute comprendre pourquoi presque toute l'oeuvre de fiction est de nature fantastique ou, dans les cas moins flagrants, teintée de fantastique. Car la création d'histoires où l'étrange et l'insolite ont leur part est aussi une manière de manifester ce désir de remettre en cause les structures du réel ou tout au moins de les interroger. Pour l'auteur d' Échec au Temps , la tentation de l'impossible est une constante et l'événement fantastique est le dernier refuge de l'espérance. Son oeuvre se nourrit à la fois de révolte et de nostalgie. Révolte contre l'irréversibilité du temps humain dans Échec au Temps , révolte contre le caractère irréparable de la mort qui sépare ceux qui s'aiment dans Nondum Jam Non , dans Distances , révolte contre l'injustice des choix imposés à l'homme dans Simul , révolte contre les tyrannies médiocres du commerce dans Marchands … Nostalgie du temps passé, du temps perdu, du temps d'avant la faute, nostalgie de tous les possibles non réalisés, de la liberté défendue, de la pureté impossible. Nostalgie complémentaire de la révolte et qui traverse toute l'oeuvre de Marcel Thiry comme un leitmotiv douloureux. Comme l'écrit Robert Vivier, «le thème secret et constant de Thiry, c'est évidemment l'amour anxieux du bonheur de vivre ou plus exactement peut-être le désir, perpétuellement menacé par la lucidité, de trouver du bonheur à vivre». Où trouver, où retrouver un bonheur que la vie interdit sinon dans la grande surprise du hasard qui suspendrait les lois du monde? La première maîtresse de ce hasard est justement la…

Charles De Coster

À propos du livre (4e de couverture) Les historiens contemporains des lettres françaises de Belgique…