Les yeux rouges


RÉSUMÉ
Une jeune femme reçoit un message sur Facebook. C’est l'amorce d’un piège suffocant à l’heure du numérique, quand la fatalité n’a d’autre nom qu’un insidieux et inexorable harcèlement. Dans ce roman âpre, où la narratrice ne se dessine qu’au travers d’agressions accumulées, de messages insistants, où l’atmosphère étouffante s’accentue à mesure que la dépossession se transforme en accusation, Myriam Leroy traduit avec justesse et brio l’ère paradoxale du tout écrit, de la violence sourde des commentaires et des partages, de l’humiliation et de l’isolement, du sexisme et du racisme dressés en meute sur le réseau.  
ÉCOUTER UN EXTRAIT : 

À PROPOS DE L'AUTEUR
Myriam Leroy
Auteur de Les yeux rouges
Myriam Leroy a 37 ans et habite Bruxelles.
Elle a fait des études de journalisme à l'UCL et a longtemps enseigné l'écriture de presse aux étudiants qui lui ont succédé sur les bancs de l'Université. Elle a travaillé comme journaliste freelance pour à peu près tout ce qui se fait d'organes de presse écrite en Belgique francophone, mais aussi en radio et en télévision. Il lui est également arrivé de commettre des chroniques humoristiques et d'en tirer des livres (« Les Bobos, La Révolution Sans Effort » et « Myriam Leroy N'aime Pas », à la Renaissance du Livre). Sa première pièce de théâtre, « Cherche L'amour » (Théâtre de la Toison d'Or), lui a valu le prix de la meilleure autrice aux Prix de la critique 2017. Elle a depuis co-écrit le spectacle « Sisters », toujours au TTO. Son premier roman, « Ariane » (Editions Don Quichotte), a été finaliste du prix Goncourt du premier roman et du Prix Rossel, notamment. Son deuxième roman, « Les yeux rouges », remarqué par le jury du Prix Médicis, est sorti en août 2019 aux éditions du Seuil, tandis que sa nouvelle pièce, « ADN », est programmée pour mars 2020 au Théâtre de la Toison d’Or.  

NOS EXPERTS EN PARLENT...
Karoo

Un an et demi après Ariane, la journaliste et écrivaine belge Myriam Leroy nous livre un second roman très sombre, à l’atmosphère oppressante, qui nous confronte brutalement au sexisme et au harcèlement rendus plus pernicieux encore par les réseaux sociaux.


Les yeux rouges met en scène une jeune journaliste, jolie et cultivée, relativement connue du public grâce à ses chroniques radiophoniques acérées. Lorsqu’un certain Denis prend contact avec elle via Facebook, c’est le début d’une descente aux enfers. Cet inconnu se présente comme un admirateur de son travail en quête d’une discussion intellectuellement stimulante. D’abord flagorneur, Denis prend ses aises, tel un vil parasite, pour se muer en harceleur sexiste et destructeur…


Le Carnet et les Instants

L’univers des réseaux sociaux et des échanges écrits qui s’y déroulent inspire peu à peu les auteurs de romans, donnant une nouvelle forme d’expression au genre épistolaire de longue date exploité par les gens de lettres. Correspondance réelle ou simple prétexte à une mise en forme d’un récit, il est pratiqué dans Les yeux rouges sous une variante seconde, dans la mesure où la narratrice nous relate le contenu des envois reçus sans nous les livrer donner in extenso.Tout débute avec un message d’un homme qui se présente comme un admirateur qui souhaite entrer en contact avec la journaliste dont il apprécie les chroniques. Cette dernière a en commun avec l’autrice de sévir au sein des services d’un opérateur public et de…


AVIS D'UTILISATEURS


Julien Noel

C’est le premier livre que je lis de cette autrice. D’emblée, j’ai été impressionné par la technique de narration en creux, qui distribue la parole à toustes sauf à la protagoniste. Étant donné le sujet, j’ai trouvé ce procédé très habile, puisqu’il invisibilise la parole de la victime tout en laissant une large place aux justifications du harceleur, aux remarques minimisantes de l’entourage… Le portrait psychologique du harceleur est très crédible et l’ambiance générale des réseaux sociaux est habilement rendue. Ce roman réussit le pari de marcher sur la crête, en s’appuyant largement sur l’idiome et les codes d’internet, mais sans non plus glisser franchement vers le stéréotype (les portraits des différents praticiens sont moins subtils, à cet égard). Il en ressort presque aussitôt un sentiment de malaise, de se sentir si proche d’une réalité avérée, en outre concentrée par la fiction qui lui confère une unité d’action.

Si ce livre brille par sa narration, il pèche par sa dramaturgie. J’ai en effet le sentiment qu’il peine à se conclure. Le procédé de la nouvelle insérée, vers sa fin, eût pu constituer une mise en abyme intéressante (enchâsser un texte explicitement présenté comme fictionnel accentue certes l’aspect réel du récit enchâssant) mais n’a pas eu son plein effet sur moi, qui me suis agacé de cette redite dont le format long brise le rythme créé par un récit auparavant uniquement constitué de fragments. Le livre s’achève donc sans réel point d’orgue, et sa conclusion m’apparait également faible, en ce qu’elle ne constitue pas à proprement parler une chute, ni un dénouement suffisamment marquant, au regard de l’intensité qu’avait adopté le récit dès ses prémisses.

Les Yeux rouges constitue néanmoins une lecture engageante (je n’oserais écrire qu’elle est agréable, vu son sujet) et à tout le moins intéressante. C’est un livre résolument moderne, tant par son propos que par la langue souple qui y est déployée ; il en dit sans doute long sur certaines tendances à venir de la littérature.


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