Les vieux ne parlent plus


RÉSUMÉ
Une politique volontariste de gestion des seniors est mise en place par le gouvernement. Les VSA, villages de santé pour aînés, s'occupent des besoins quotidiens des pensionnaires tandis que leurs biens sont gérés par l'Etat. Alexandre Geoffroy, avocat spécialisé dans la gestion de patrimoine, assure la promotion de ces structures mais il doit également s'occuper de sa mère âgée.

À PROPOS DE L'AUTEUR
Vincent Engel
Auteur de Les vieux ne parlent plus

Vincent Engel a d’abord publié ce roman sous le pseudonyme de Baptiste Morgan. Il cumule plusieurs vies : professeur de littérature contemporaine, il est aussi romancier, dramaturge, scénariste, essayiste, critique littéraire et chroniqueur. Le fascisme dans toutes ses représentations fait partie de ses sujets de prédilection.


NOS EXPERTS EN PARLENT...
Le Carnet et les Instants

Que faire de nos aînés ? Alors que la population est de plus en plus vieillissante, que la crise fait rage, que les vieux semblent gêner car ils ne sont pas rentables, le gouvernement met en place un système aux apparences démocratiques : les Villages de Santé pour Aînés. Plus besoin de prendre en charge les finances et les fins de vie, parfois difficiles, de vos parents. On s’en occupe pour vous. Le gouvernement a ainsi créé, un peu partout dans le pays, des établissements à la pointe où l’on prend soin des seniors et de leur patrimoine.Maître Alexandre Geoffroy, avocat spécialisé dans la tutelle des personnes âgées, est l’un des concepteurs de ce programme. Il a développé un logiciel qu’il a vendu à l’État et qui permet d’avoir…


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Après un premier roman qui avait révélé une écriture audacieuse et bourrée de fantaisie, Christophe Levaux revient avec sa sœur, Aurélie Wiliam Levaux, raconter un pan de leur adolescence dans un village perdu. Ça s'appelle Le Tas de pierre (Cambourakis) et ça décape ! Après un premier roman qui avait révélé une écriture audacieuse et bourrée de fantaisie, Christophe Levaux revient avec sa sœur, Aurélie Wiliam Levaux, raconter un pan de leur adolescence dans un village perdu. Ça s'appelle Le Tas de pierre (Cambourakis) et ça décape ! Tout commence par un accident de train. Ou plutôt par un bruit inhabituel, un soufflement du tortillard qui balade les visiteurs depuis l’ancienne mine transformée en attraction touristique jusqu’au village où vivent Christophe, Aurélie et leurs parents. Ensemble, alternant leurs voix, ils déroulent presque heure par heure cette journée-là, en prenant des détours, tortillant eux aussi pour brosser le portrait de leur adolescence en province. Christophe Levaux Les années 80-90 qui ont vu grandir la génération des trentenaires boulotteurs de séries ont le vent en poupe : que l’on pense à « Super 8 » ou à « Stranger things », l’heure est à la nostalgie des talkie-walkies/walkman/VHS, à celle d’un temps pré-Dutroux où les gosses partaient à l’aventure sur leurs vélos, nez et KWay au vent, sans inquiéter leurs parents. Rien de tout ça dans « Le tas de pierre ». L’époque est bien celle-là, pourtant, l’âge des protagonistes celui qui n’est plus l’enfance et pas tout à fait l’adolescence. Mais la technologie, le fluo ou la couleur des baskets ne changent rien à l’errance qui irrigue ce moment de la vie. Quelle que soit la décennie, des esprits se cherchent dans des corps en mouvement. Bruno Dumont, cinéaste, réalisateur de « P’tit Quinquin » ou encore de « Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc », dit à propos des débuts : « la vraie vie est gauche ». « Dans l’existence on n’est pas à l’aise, dit-il encore. Les gens sont en équilibre sur la terre ». C’est de cette maladresse d’être au monde qu’il est question dans « Le tas de pierre ». Aurélie écrit : «  Un jour, je lui avais demandé, à ma mère, si elle me trouvait jolie. Elle m’avait répondu qu’on était tous beaux aux yeux du Seigneur, tous beaux dans nos vertus et nos imperfections, comme des milliers de fleurs dans un champ de fleurs et j’en avais bizarrement déduit que j’étais moche.  » C’est que leurs parents sont catholiques, les seuls pratiquants du coin à part une famille de nobles sur les hauteurs. Ils passent même leurs vacances dans un monastère de Bénédictins. «  Ç’avait été les pires vacances de ma vie  », écrit Christophe. «  D’abord parce qu’on devait côtoyer les moines et que je ne pouvais pas supporter leur ton à la fois contemplatif et un peu intransigeant de vieux célibataires reclus, ensuite parce que les journées de travail se terminaient systématiquement pas des moments de partage en groupe et que je ne savais jamais quoi dire sur ce qu’il y avait au fond de mon cœur vu que je n’en savais rien, moi, de ce qu’il y avait au fond de mon cœur.  »         © Aurélie William Levaux Nous avions découvert Christophe Levaux avec « La disparition de la chasse » (Quidam éditeur, 2017) où déjà il révélait un attrait pour les histoires ferroviaires puisque ce premier roman s’ouvrait sur une description spectaculaire de la gare des Guillemins à Liège. Aurélie William Levaux, quant à elle, est une dessinatrice et plasticienne touche-à-tout (elle signe l’illustration de couverture) qui « publie des romans graphiques, expose des espèces de broderies, travaille en collaboration avec ses divers maris. » Leurs voix assemblées se ressemblent, drôles et mordantes, on les imagine s’être pas mal chamaillés quand ils étaient gosses. « Le tas de pierre » leur aura probablement permis d’enfin éclairer cette histoire de pièces disparues dans la petite boite où Aurélie cachait ses économies. Il aura…