À une soirée de l’Américain O’Sullivan, boulevard Malesherbes, un officier du génie se tenait solitaire. Il était grave et très beau. Sur le sobre uniforme, sa tête blonde, hâlée à peine, se détachait avec majesté. Il avait de grands yeux celtes, mâles et candides, entre des cils d’enfance. Revenu de Tunisie avec des états de services superbes, très jeune encore, il était cité comme un officier de large avenir. La fête restait nonchalante, une mince valse traînaillait, un bourdon de causeries entrecoupait la menue musique, l’haleine de Mai entrait par les larges fenêtres ouvertes, faisait trembloter les lustres, aimablement caressait les femmes et les fleurs.
Un peu timide, ensauvagé par sa longue absence, l’officier observait naïvement la bimbeloterie, de ci de là éparse, les rideaux de soie soufre gonflés au souffle soiral. Brusquement, ses prunelles s’abaissèrent sur un groupe de femmes.
Première édition
Éditeur : LIBRAIRIE MODERNE
Date : 1888
Format : Livre
Auteur de Les corneilles
Le concerto pour la main gauche
Bien des années après la Seconde Guerre mondiale, Gabriel et Tony se…
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