Le livre au temps du confinement


RÉSUMÉ
En prenant pour objet le livre au temps du confinement, cet essai tente d'appréhender le fonctionnement de l'industrie du livre à l'arrêt. Contrairement à ce qu'on pourrait penser en effet, la chaine du livre n'est pas tombée en léthargie. La chaine du livre s'est adaptée au confinement. Ses terrains d'élection ont été le théâtre d'une activité intense : auteurs, éditeurs, imprimeurs, distributeurs, libraires, bibliothécaires et lecteurs ont été à l'origine de stratégies de survies, constructives ou désespérées, et d'un grand nombre de discours sur le livre et les métiers du livre.

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« Vous êtes en rac » avec un cadeau ?  Pas de problème, Michel Francard vient à votre secours. Ça ne va pas vous « coûter un pont », et ce n’est pas comme si vous alliez « acheter un chat dans un sac » !!Faut-il présenter l’auteur ?  Michel Francard est linguiste et lexicographe, professeur à l’Université Catholique de Louvain et auteur de plusieurs ouvrages, toujours intéressants, parfois assez techniques, souvent utiles – comme le Dictionnaire des belgicismes , dont un mien ami, Français de naissance mais professionnellement plongé dans le « pot belge » fait grand cas et grand usage. Le présent ouvrage est, pour sa part, très amusant, autant par la thématique abordée que par le style alerte de l’auteur et les illustrations qui ponctuent les différents articles.  Le lecteur, indigène, autochtone ou étranger, y découvrira un florilège des expressions qui font le sel du « parler belge » avec, pour chacune d’entre elles, une information historique (par exemple une attestation chez Boileau ou dans le Littré… ou chez Thomas Gunzig)  ainsi qu’une « explication de texte » rédigée avec humour et virtuosité.  On n’est plus là dans « la chasse aux belgicismes » des années normatives et du complexe d’infériorité par rapport à la norme incarnée par le « beau » français mais bien dans la redécouverte amusée et la réappropriation des spécificités linguistiques de chez nous, qui sont parfois liées au latin, venu à pied du fond des âges, suivant la belle formule de Julos Beaucarne.J’aurais bien envie de vous dire que « je ne vais pas la faire longue », comme l’écrivait Madame de Sévigné dans une lettre du 3 avril 1671 qu’elle adressait à sa fille (non, je ne le savais pas avant d’avoir lu Tours et Détours ), mais il faut quand même que je vous dise encore que la préface de Patrick Adam est très belle et poétique, que la postface vous donnera l’envie de relire le livre, dans le désordre ou dans l’ordre qu’il vous plaira avec l’aide de l’index des expressions.On n’y trouve pas le – devenu – mythique « Je vous dirai quoi » dont j’ignorais absolument qu’il ne fût pas universel, dans les limites de la francophonie évidemment, avant d’avoir vu le film  Bienvenue chez les Ch’tis et le pataquès provoqué par cette expression qui dit pourtant bien ce qu’elle veut dire.En tout cas, n’hésitez pas à faire le tour de ces Tours et Détours.  Un livre à offrir, à vous offrir, à vous faire offrir. Marguerite Roman Baraquîs de kermesse, s'abstenir!C'est du sérieux... mais sans prise de tête.De nombreuses expressions typiques émaillent la parlure des francophones de Belgique. Ces bons vivants pour qui tirer son plan est un réflexe inné, ces pragmatiques qui détestent rester en rac , ces humoristes qui se plaisent à jouer avec les pieds de quelqu'un ont le souci constant de ne pas attraper le gros cou et de conserver…

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