La télévision


RÉSUMÉ

Un historien d’art qui se prépare à écrire un essai sur Titien Vecellio décide d’arrêter de regarder la télévision…



PRIX
  Prix Rossel, 1997

À PROPOS DE L'AUTEUR
Jean-Philippe Toussaint
Auteur de La télévision
Jean-Philippe Toussaint est l’un des auteurs belges contemporains les plus réputés internationalement. Il doit cette notoriété à une oeuvre d’une grande originalité,  et d’une densité exceptionnelle. Fils de l’écrivain journaliste Yvon Toussaint, il est né à Bruxelles en 1956, mais fera, en raison des activités de correspondant de son père, l’essentiel de ses études à Paris, principalement à Science-Po. Il débute en 1985 avec un premier roman paru aux éditions  de Minuit (maison à laquelle il restera indéfectiblement fidèle) qui fait immédiatement sensation. Il est non seulement salué comme  l’une des plus éclatantes manifestations du Nouveau Nouveau Roman, mais connaît aussitôt un retentissement considérable, en particulier au Japon où, par la grâce d’un traducteur de première force, Toussaint s’impose comme l’auteur de langue française le plus apprécié. Une dizaine d’ouvrages s’en sont suivis, qui lui ont valu une belle moisson de prix, depuis le Sander Pierron de notre Académie jusqu’au Médicis, en passant par le Rossel (qu’il partage avec Henry Bauchau) ou le Triennal, frôlant même à plusieurs reprises le Goncourt. Toussaint est aussi photographe et cinéaste : on lui doit notamment l’adaptation à l’écran de son roman Monsieur ainsi que La Patinoire, film aussi drolatique que magistral, injustement méconnu.


NOS EXPERTS EN PARLENT...
Le Carnet et les Instants

Cinq ans après La réticence, Jean-Philippe Toussaint sort un nou­veau roman qui a d’emblée connu un grand succès. Pourquoi ? Sans doute parce que c’est un bon livre, toute la presse l’a proclamé. Mais encore ? 


Le personnage…


AVIS D'UTILISATEURS

FIRST:xfirstword - "La télévision"
stdClass Object ( [audiences] => [domains] => Array ( [0] => 9548 ) )

Ceci pourrait également vous intéresser...

Journal d’un crime

«  Quand le timbre de la porte d’entrée retentit ce matin à sept heures, je sus qu’Elio…

Casse-tête à Cointe

Voici donc le cinquième opus que Francis Groff consacre aux enquêtes de Stanislas Barberian dans la collection « Noir corbeau ». Les éditions Weyrich avaient imaginé cette collection en 2019 et donné consigne à leurs auteurs (outre Groff, ils sont cinq jusqu’à présent : Christian Libens , le tandem Dupuis-Dumont , Christian Joosten et Ziska Larouge ) de proposer aux lecteurs des romans policiers ayant pour décor la Belgique. La collection est placée sous l’expertise technique d’un commissaire divisionnaire en retraite, François Périlleux, ancien chef de la Crim’  à Liège…Dès le premier volume signé Groff, Morts sur la Sambre , le lecteur assistait à la naissance d’un personnage appelé à devenir, si son auteur en avait le souffle, récurrent comme les Holmes (et son comparse narrateur Watson), Maigret, Adam Dalgliesh, Monsieur Wens , Hercule Poirot (et ses «  petites cellules grises  »), Miss Marple, Cordelia Gray, Mary Lester, Kay Scarpetta : ils appartiennent à nos souvenirs addictifs de lecteurs passionnés par ces crimes dont d’habiles machineries littéraires dévoilent les énigmes. De tels personnages, au fil des volumes, prennent corps, évoluent, se complexifient comme un bon vin, devenant plus humains, moins schématiques, eux-mêmes dépositaires de secrets que les romanciers/ières vont débusquer avec gourmandise.Nous avons observé cette évolution avec les deux protagonistes récurrents des livres de Groff : le bouquiniste « carolo-parisien »  (Stanislas Barberian) qui a ouvert la librairie La malle aux livres à Montparnasse et sa « fiancée » Martine, elle aussi bouquiniste, installée au Sablon à Bruxelles. Tracés à grands traits dans le premier volume, le couple a développé au fil des pages ce qui le rendra de plus en plus attachant, comme le démontre le lectorat fidèle qui accueille avec enthousiasme chaque nouveau titre.Journaliste, scénariste et romancier, Francis Groff a entrelacé pour la réalisation de ses cinq romans les compétences et les méthodes de travail de ces trois métiers, complémentaires. Le journaliste, se rend en repérage dans la ville ou la région qui lui servira de décor. Le scénariste met en place dans la structure narrative les éléments recueillis auprès de personnes ressources. Ainsi équipé, le romancier peut alors lancer ses protagonistes  dans la « nouvelle enquête » de Barberian. Casse-tête à Cointe se déroule à Liège. C’est au hasard d’une expédition de deux « urbexeurs », racontée avec brio dès le préambule du roman, qu’apparaîtra la victime – décapitée – d’un acte criminel dont l’enquête mènera Barberian dans l’univers des trafiquants d’archives historiques. Comme à son habitude, Stanislas se trouve sur les lieux du crime au prétexte de son activité de bouquiniste et se voit confronté, à son corps défendant, à une enquête policière. Habitué de ne pas être le bienvenu dans le déroulement des investigations, il finira une nouvelle fois par apporter une contribution inattendue et bienvenue au dénouement de cette affaire de meurtre avec décapitation et de commerce illicite d’archives. Comme pour tout bon roman policier à énigme, il faut éviter de trop en dire au risque de dévoiler ( divulgâcher ) le fin mot de cette histoire qui se lit d’une traite, à l’instar des autres romans de Groff. Le lecteur se laisse séduire, au fil des 250 pages du livre, par la vivacité du récit, la personnalité de plus en plus attachante du personnage de Stanislas Barberian, la découverte de lieux (comme l’observatoire de Cointe), d’anecdotes historiques, mais aussi de la pratique très réglée de l’Urbex.Le lecteur habitué des « Enquêtes de Stanislas Barberian » retrouvera avec bonheur cette jubilation de Groff à insérer dans son roman les anecdotes, informations et détails historiques  dont on devine le zèle avec lequel le documentariste les a réunis. L’usage de la guillotine, les expositions universelles d’Anvers (1930) ou Liège (1936), les écrivains belges proches de la Cité ardente (Lamarche, Libert, Libens, Delhasse, Curvers, Vernes…) sont autant d’évocations que le romancier a glissées dans son récit.Et puis, pour ajouter à la délectation du lecteur, Groff ne manque pas d’user de cet humour pince-sans-rire et débonnaire qu’il a prêté, dès les premiers volumes, avec malice à son personnage, dont on attend déjà la prochaine enquête… Jean Jauniaux…

Contre tous chacaux*: A Tribute to Bob Morane**

Le ton est donné… que dis-je ?… uppercutté … dès la couverture ! Le titre Contre tous chacaux (écho au texte de la chanson L’aventurier , du groupe Indochine) est un programme en soi, en sus accompagné d’un « * » qui renvoie à une note de bas de page : «  Que les puristes ne montent pas sur leurs grands chevals !  ». Rebelotte avec le sous-titre et les auteurs : « ** » et « *** » pour «  Interdit aux moins de 60 ans sauf autorisation parentale  » et «  Et/ou inversement  ».Un hommage à Bob Morane, donc, mais irrévérencieux. Bref, une parodie de l’œuvre-phare d’Henri Vernes. Et comment s’en étonner au vu des pedigrees des auteurs ? Experts du court et du facétieux, le Français Roger Lahu et le Belge Éric Dejaeger ont œuvré avec humilité dans la microédition, la revue, l’humour au fil des décennies, zigzaguant entre leurs deux pays et divers éditeurs (Cactus inébranlable, Carnets du dessert de lune, etc.). Dans la préface d’un ouvrage de Dejaeger ( Élagage max… , Memor, 2001), Jacques Sternberg le définit comme «  un virtuose de l’ellipse, un rechercheur (…) de la chute finale, du choc imprévu (…) du gag brutal  ». De fait… Dès le départ, le second degré se déploie : Dites, commandant, on transporte quoi dans ce camion ? questionna Bill Ballantine sortant de la torpeur épaisse où le bruit rauque du moteur l’avait plongé depuis des heures.  Le lecteur retrouve l’apostrophe militaire adressée depuis toujours par le géant écossais à son ami français, le style surjoué des deux baroudeurs, mais aussi – et à ne jamais négliger, dans une hystérie du bon goût – une mise en appétit pour le mot, l’évasion, le mystère. Et, in fine, la subversion du tout. Comme dans la réponse de Morane : Une caisse d’ananas en sirop, trois caisses de couche-culotte premier âge à petites fronces antifuites, le reste ce sont des cartons vides.  Une subversion qui n’épargne pas nos héros, qui en prennent pour leur grade, avec ou sans galon. Bill :   Et merde ! J’avais un mot de plus de quatre lettres pour une fois [NDLR : ils jouent au scrabble] (…) Suis pas anthropophage, moi. Quoique… Suçoter le bout des seins de miss Ylang-Ylang…  Bob, sérieux mais maniaque, psychorigide, hypocrite : STOP, BILL ! OVER ! Dans nos aventures, il n’est jamais fait allusion à la chose !  La norme et sa distorsion. L’homme naturel et l’homme policé ? Les deux, surtout, nous sont révélés pour ce qu’ils sont : des pantins manipulés par leur géniteur, un auteur qu’ils jugent à la limite de la névrose, du sadisme. C’est qu’Henri Vernes n’a eu de cesse d’envoyer ses créatures aux quatre coins de la planète (déserts, banquise, jungles, mers, etc.) et même bien au-delà, perforant les limites de l’espace ou du temps. Ce dont rendent très bien compte les dizaines de textes inventés, des esquisses (de 2 à 4 pages) de versions alternatives à une série de romans mis en écho.Sans doute faut-il éprouver de la tendresse pour son sujet quand on se lance dans un tel détournement. Et Dejaeger/Lahu de nous rappeler, au détour d’une page, que nos héros ont pourchassé des dinosaures «  bien avant Spielberg et son Jurassic Park ». Ou de nous livrer un casting cinq étoiles, avec les méchants mythiques (Ming alias l’Ombre jaune, le docteur Xhatan, les dacoïts ou les homme-crapauds, etc.), les comparses de prédilection (le docte professeur Clairembart, que Bill estime obscur, etc.), les femmes fatales (Tania Orloff, miss Ylang-Ylang, Sophia Paramount).   Contre tous chacaux ne se limite pas à une pochade de potaches mais relève de l’expérimentation littéraire. Comme en peinture, avant de déformer une réalité, de l’interpréter, il faut en maîtriser les codes. Roger Lahu et Éric Dejaeger entrechoquent donc un arc-en-ciel de degrés et d’ingrédients : mise en situation de menaces et de péripéties, création accélérée de décors, mise en évidence de contenus occultés, jusqu’à des interventions hors champ de l’éditeur, du deux ex machina Henri Vernes ou des auteurs farceurs, des placements de produits rémunérateurs, etc., la parodie des uns s’accompagnant d’une (ô salutaire en ces temps maussades !) autodérision généralisée. Philippe Remy-Wilkin P.S. : Pour rester dans la tonalité des textes lus, j’ai failli élire comme titre de cet article un grivois Les semeurs de foutre , voire oser un irrespectueux Deux petits singes , si pas un pathétique Les contrebandiers de la tomme (suggéré par la situation alpine de la maison d’édition), avant de…