La cimenterie


RÉSUMÉ

Pourquoi Roger Gendre revient-il dans son village natal ? Est-ce, comme il le prétend, pour emprunter de l’argent au notaire de sa famille ? N’a-t-il pas quelque motif secret, et plus obscur, qui le force à rejoindre cette forêt de son enfance ? Les fantômes du passé ne lui ont-ils pas fixé le plus étrange des rendez-vous ? Comme l’exige la coutume, Roger Gendre porte le nom et le prénom de son grand-père paternel, personnage scandaleux et insolite qui, comme pour se moquer, construisit une énorme cimenterie vouée à la ruine.
On a peine à croire que c’est le destin qui pousse Roger Gendre aux épaules (ne voit-il point tout s’éclairer sous son regard ?)… En ce village des noires Ardennes, dans l’aube indécise, un crime est commis. Il ne fallait rien de moins que cette grave circonstance pour montrer que le retour est impossible, qu’on ne revient jamais en arrière !



À PROPOS DE L'AUTEUR
Hubert Juin
Auteur de La cimenterie
Né à Athus en 1926, Hubert Juin est romancier (sa série « Les Hameaux », dont fait partie Repas chez Marguerite, met en scène la région dont il est issu), essayiste (entre autres, une remarquable biographie de Victor Hugo) et poète (L'Automne à Lacaud, Le Rouge des loups). Collaborateur régulier des Lettres françaises, puis du Monde et du Magazine littéraire, producteur à France-Culture, il meurt en 1987.

AVIS D'UTILISATEURS

FIRST:xfirstword - "La cimenterie"
stdClass Object ( [audiences] => [domains] => Array ( [0] => 9548 ) )

Ceci pourrait également vous intéresser...

Quand les gens dorment

Ariane LE FORT , Quand les gens dorment , ONLIT, 2022, 186 p., 18 € , ISBN : 9782875601513On prend l’histoire en cours – l’histoire d’un amour. Janet retrouve Pierre chez lui, dans un immeuble bruxellois promis à la démolition – avec vue sur la cathédrale. Janet : 57 ans, «  quelque chose de Barbara  », travaille dans une clinique de la douleur, «  avec pour mission de la réorganiser de A à Z  ». Pierre : «  Max von Sydow en plus chevelu  », réalisateur en vue, jusqu’à ce que. Sa fille, renversée par un tram. Décédée. Lui, plus mort que vif, depuis. «  Plus personne ne le reconnaissait, on ne le regardait plus, il n’avait pas fallu cinq ans  ». Ils sont chacun d’un autre côté de la vie, de la mort, Janet et Pierre ; et ça, davantage que la différence d’âge (il est plus âgé de quinze ans), va entraver l’histoire. Le désir. Va faire qu’«  ils ne vivraient sans doute jamais ensemble et mourraient chacun chez soi le soir venu  ». On le sait depuis L’eau froide efface les rêves (1989), Ariane Le Fort écrit de là où cela se soustrait à notre volonté, à notre maîtrise, à notre mainmise – et, avec son écriture filet à papillons, elle saisit : ce qui naît, vit & survit, meurt aussi. Ce qui jouit & peine à plaisir. Va, vient & se retire. Revient ? L’amour. Toujours.Cette remontée depuis le derme de l’amour jusqu’à l’épiderme de la page engendre une douceur si douce, une douceur qui nous fait du bien, cette douceur que l’on aime retrouver dans tous ses romans, alors que. Jamais elle n’efface les aspérités. Elle ose tout affronter, tout ramasser dans ses phrases : les fantasmagories, les moments d’abandon et les retours sur terre. Même les pensées les plus égoïstes («  Elle l’aimait fort aussi même si parfois elle souhaitait qu’il meure vite, qu’il n’attende pas dix ou quinze ans. Inutile de se taper la débâcle  »). Quand les gens dorment , le premier livre d’Ariane Lefort à être publié aux éditions ONLiT, est le roman d’un amour qui n’est pas le premier et peut-être pas le dernier. On lit le point de vue de Janet. Sa manière de perce-voir (par l’œil, les sens, l’esprit et les mots), sa façon de vivre l’histoire sont indéfectiblement liées à son passé (un viol à la sortie de l’adolescence enfoui dans le silence), à son présent (son fils s’est enfui par amour en Amérique du Sud et donne si peu de ses nouvelles), à la vie matérielle (la chaudière de l’appartement de Pierre tombe en panne et tout va se mettre à refroidir, les jours sont comptés ; le feu dans la cheminée de son appartement déborde de l’âtre et l’odeur de brûlé se répand sur tout, sur leur amour aussi). Ajoutons à cela l’épidémie de Covid-19 qui s’en mêle. Et Pierre qui ne veut, qui ne peut, qui ne fait que dormir. Si tout cela empêche l’amour de filer droit, il y a aussi ce qui le renforce : les bonheurs et les plaisirs sensuels, de la peau, du vin partagé, de la présence de l’autre. Le sourire. La beauté du monde. La nature qui renaît. Ariane Le Fort nous les donne en pleins, en déliés, en partage ; et nous transmet l’envie de vivre. D’aimer. Comme dans une chanson de variété. Mais sans nous en cacher les bassesses et les détresses. Comme dans un vrai et bon roman au plus proche du réel. Michel Zumkir En savoir plus Souvent elle le retrouvait endormi dans son lit. Quelle que soit l’heure. Un lit pour une personne et demie, installé dans le coin de la pièce qui servait à tout. Couché nu ou à peine vêtu. Et quand elle est entrée elle l’a de nouveau trouvé comme ça, habillé de son seul caleçon, étendu sur le côté, bras croisés sur la poitrine, tranquille comme s’il était mort, dans un état d’apaisement qui donnait envie d’être à sa place. Ariane Le Fort explore, avec précision et ironie, les ressorts du désir amoureux, dont la force et la pérennité ne dépendent parfois que d’une brûlure sur un…

Voyous de velours ou L'autre vue

L'autre vue - dont le titre définitif est "Voyous de velours" - se situe dans le populaire quartier des Marolles à Bruxelles et décrit l'admiration passionnée de Laurent Paridael pour les voyous, les ouvriers, les sous-prolétaire en haillons. La prédilection du héros pour les marginaux trahit des pulsions homosexuelles et anarchisantes qui font de ce livre un témoignage de la révolte d'un écrivain anticonformiste…

L’Afrique pour se perdre

Milou quitte la Belgique pendant l’été 1970 avec ses trois enfants pour s’assurer que son mari ne les emmènera pas aux USA avec lui, suite à leur séparation. D’un tempérament impulsif et fougueux, elle choisit l’Afrique pour se perdre , atterrit à Kinshasa dans le jeune Zaïre de Mobutu et se rend pour enseigner deux ans à Luluabourg (aujourd’hui Kananga), puis un an à Bukavu. À la porte de l’avion, une gifle d’air brûlant. Coup de javelot dans les rétines. Je vois le jour, enfin. Cette lumière… mais quelles montagnes avons-nous gravies pour être à ce point proches du soleil ? Liz, la narratrice, découvre tout au présent et ses périls : elle a à peine 6 ans à l’atterrissage et en aura 9 ans à son retour en Belgique. Elle sait dès ce moment qu’elle rédigera un jour son immense aventure. Trouver le journal intime de sa mère des décennies plus tard lance la rédaction de ce récit déguisé en roman. Je me sens mal dans cette école. J’ai peut-être la peau blanche, mais j’en suis certaine, mon cœur, lui, est devenu noir ! Avec Milou en mère excessive et libre, Alix grande sœur plus responsable, la petite Liz est aussi la cadette de John, un frère dangereux se prenant pour un bandit et aussi l’homme de la maison, du haut de ses douze ans qui en paraissent seize. De plus, la famille s’agrandit du voisinage, des camarades de classes et des débordements du cœur du Congo.Liz, pénétrée du continent, entre peu à peu en osmose avec le pays. Le spectacle de sa vie intérieure, en fusion toujours plus forte avec la terre, la grande nature, le climat et le ciel, dépasse en le sublimant, son entendement de petite fille absolument offerte à l’existence. Je me fiche qu’on me regarde, je suis la petite Blanche qui entre en transe parce qu’elle brûle de vie et qu’il faut que ça sorte. Je ne vois plus personne, je suis ailleurs. Une dimension parallèle où seule la musique parle, cogne, tape sur les tambours et impose ses lois. Elle m’a prise dans ses longs bras d’ébène et sculpte mon corps à sa guise. Des chanteurs scandent chacun de mes gestes et subliment ma danse. Des larmes soudain inondent mon cou. Brutalité des contrastes : la petite famille embarquée dans la grande histoire du pays va subir les frasques de l’idéologie mobutiste jusque dans le bureau de tel ministre et l’impasse de la jungle débordante. Nous aurions pu finir découpés à coups de machette. Mes frères zaïrois auraient pu me faire ça, à moi et à ma famille. Ça me pétrifie. J’ai l’œil rivé à ma frêle main blanche sur le bras chocolat du général. Je serai toujours une mzungu . Quels que soient mes sentiments, mes tentatives pour me rapprocher d’eux, je n’ai pas l’honneur d’être née zaïroise. L’Afrique est toute Aventure. Ce roman le raconte à foison et se lit avec plaisir, curiosité, envie, inquiétude aussi. Une fois dépassée la mise en place fragile d’une petite fille de moins de dix ans en narratrice comprenant et s’exprimant comme une adulte, Fabienne Zutterman sait emporter le lecteur dans son histoire vraie en un pays qui lui est resté…