Il faut peu de mots


RÉSUMÉ

Saisir une pensée, la légèreté grave d’un instant, nouer un chapelet de mots qui se donnent dans un souffle.
On le sait, il faut peu de mots pour réveiller des mondes endormis au fond de nous, faire lever quelque chose d’essentiel dans le cœur.



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Le Carnet et les Instants

Martine Rouhart, qui choisit d’intituler son dernier recueil Il faut peu de mots, joint le geste à la parole en proposant une poignée de textes brefs et sans apprêt. L’on y rencontre une parole poétique méditative, réflexive et ludique.Il faut peu de mots, livre de poèmes, vient de paraître aux Éditions du Cygne (Paris). Son titre évoque une ébauche d’art poétique que le recueil mettra traditionnellement en œuvre. Les textes de Martine Rouhart n’y excèdent pas six vers, eux-mêmes remarquables de brièveté. Écrire peu pour dire beaucoup, voilà qui semble le projet avoué de l’écrivaine qui cheminera avec agilité autour de cette idée.Il faut peu de motspour livrerde grands fragmentsde…


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Le temps appris

À soixante-huit ans, Patrick Devaux prend désormais son temps. Surtout celui de la réflexion, se tournant face au passé comme devant un miroir. Il y mire ses souvenirs, y reconnait la nostalgie, y revoit des gens rencontrés et ceux qui ne sont déjà plus là. « Un souvenir est un acquis, ce n’est pas du temps perdu  », m’explique-t-il par téléphone. Ainsi, le titre de son recueil, Le temps appris , signifie que ce dernier n’a rien pris sans laisser quelque chose, des bribes, des fragments, des poussières d’étoiles ; leur scintillement. Car fort de ses promenades nocturnes, au petit matin, sevré du silence de Rixensart où il vit, d’un jet continu, l’auteur écrit sa poésie, forme d’écriture « la plus proche de la réflexion  ». Il s’y met dès lors d’un coup et « ça fuse, c’est presqu’instantané, comme une photo du passé vécu, alors transformé en acquis  » grâce à la pointe d’encre sur le papier de l’aurore ; à l’heure où blanchit la campagne ne puis-je m’empêcher de réciter à part moi. Patrick Devaux remplit donc son carnet à la main avant de le «  retravailler dans tous les sens  », capable de bouleverser les vers et «  même l’ordre des pages  » en vue de construire ce qu’il décrit comme une «  écriture en chute ascensionnelle, une échelle d’acides aminés, torsadés de mots qu’on peut lire, si on veut, autrement que selon leur présentation  ».Effectivement, ses poèmes se dévalent et s’escaladent allègrement, chaque vers comme un échelon très court, très étroit, ramassé entre de larges marges aériennes. La lecture suscite ainsi le rythme et le souffle, oui : la marche réflexive et l’absorbante flânerie, toute mentale car les pas ne comptent plus et le corps connait par cœur le chemin, le circuit, la voie. « Qui peut prendre un sens bouddhique  » où toute vie vaut une vie, et qui jamais ne s’enlèvent et s’interchangent. Tels les mots. Qui ne doivent compter ni majuscule, ni ponctuation, juste leur émanation vitale, l’haleine de leur âme avec l’inspiration profonde de l’air sous l’effort du pied. que faire d’un miroir   qui t’invite à la danse de mots inconnus ?   il garde de toute façon   pour lui   la tendre grimace des non-dits À la fois lointaine et présente, pendant notre échange, l’enfance de l’auteur lui remonte aux lèvres, lorsqu’il cachait ses bouts de papiers, des phrases écrites sous les couvertures et puis glissées dans les barreaux de son lit pour en garder l’absolu secret. Lointain donc dans le temps mais très présent dans le besoin : celui d’élévation vers le sacre du ciel contre les douleurs du temps, mais pour ce qu’on apprend de lui — l’auteur insiste —, à savoir ce qu’on fait du temps inaccompli en vue de relancer l’action, de retrouver le bonheur, de partager la joie.Autant d’élans que l’on perçoit dans les aquarelles de Catherine Berael et qui ravissent le poète. Il retrouve dans les brumes des montagnes colorées et très liquides de la peintre et poétesse, une mutuelle aspiration, force, persistance, volonté. Et de citer, passé oblige encore, le recueil d’Anne-Marie Wilwerth, Cri voilé de l’enfant-lune , un tournant dans son écriture : « Je ne cessais d’écrire de longues pages, mais avec elle j’ai découvert les formes courtes, très courtes  ».Dont acte dans le présent recueil où les mots sont des lucioles s’évanouissant dès les prémisses de la clarté matinale, à l’instar des crépitements d’un feu s’éteignant sous la domination majestueuse de l’astre montant doucement, signalant la fin des flammes autour desquelles une douce tristesse console chacun en attendant l’avènement d’un éternel miracle : le…