Des caravelles et des batailles


RÉSUMÉ

Dans un lieu qui évolue à l’écart de l’agitation du monde, un nouveau venu est emporté par les charmes d’une vie déprogrammée et d’une communauté aux activités étonnantes. À travers ses yeux, ce lieu se dévoile et agit comme une énigme : tandis qu’un nouveau rapport au temps s’établit – révélant gaiement l’improbable d’une communauté à l’abri du délire dans lequel nous sommes pris tous les jours -, différentes époques, récits et rêveries surgissent et se répondent, faisant apparaître le vertige d’un Monde qui sans cesse se rappelle à eux (ainsi, sur la fresque de la pièce principale, le massacre minutieux des Incas par les Conquistadors, acte de naissance de l’Europe moderne).
Peu à peu, les préoccupations des résident·e·s se poursuivent et se tissent, jusqu’à bousculer le lieu et les désirs de celles et ceux qui le fondent. Un lieu a priori banal peut-il devenir le plus bel endroit du monde ? Tension et légèreté communiquent, et l’on s’étonne du dialogue que l’imaginaire entretient avec le réel…

Des caravelles et des batailles n’invite pas à esquiver le réel, mais effectue un tour de force : rendre au fictif sa force de subversion ; nous exercer à s’en saisir.



NOS EXPERTS EN PARLENT...
Le Carnet et les Instants

La pièce Des caravelles et des batailles de Eléna Doratiotto et Benoît Piret se donne à lire comme une sorte de manifestation de notre temps : l’imprégnation de l’imaginaire comme moteur de vie et la quête de ce que l’on peut appeler une forme de félicité. Dans les années cinquante, Beckett livrait au monde En attendant Godot après la tragédie de la  déflagration atomique qui marquait le seuil de la deuxième moitié du vingtième siècle. Godot, pour beaucoup, se fait toujours attendre et de nombreuses mises en scène ont fait l’hypothèse de sa signification.Des caravelles et des batailles apparaît d’abord à la première lecture comme la partition d’un jeu de vivre  (Walter Benjamin disait…


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L’endroit défriché par le fou  : quel titre étrange ! C’est ainsi que le Romains auraient appelé Sclessin, Scloeticinus , où le narrateur a grandi. Quant aux Carnets d’une Côte d’Or , ils font référence à la rue où vécut sa famille. La Belgique est terre de comédiens et de comédiennes. Parmi ces nombreux artistes, Christian Crahay n’est pas le moindre. Il a travaillé aux côtés de Lucas Belvaux, Jean-Pierre et Luc Dardenne, Peter Brook, Isabelle Pousseur, Benno Besson, Kore-Eda Hirokazu, Chantal Akerman, Adrian Brine pour n’en citer que quelques-unꞏeꞏs. Ce que le public ignorait, c’est qu’il avait également un talent de plumes, comme le révèle L’endroit défriché par le fou . Ce livre est l’évocation sensible de la vie du comédien, à peine déguisée, à travers des notes et des esquisses où il revisite notamment Liège et en particulier Sclessin. Comme l’auteur, son narrateur, Victor, est comédien et passe par les lieux qui l’ont formé. Mais il met surtout en scène une incroyable galerie de personnages dont on devine qu’ils ont dû être proches de Christian Crahay. On pense à l’oncle José, fossoyeur surnommé Tati Cimetière, qui s’est constitué une belle cave à vins dans les sépultures. Il y a aussi le père, Fernand, architecte, qui fut nommé citoyen courageux pour s’être jeté dans la Meuse depuis le Pont d’Ougrée afin de sauver un désespéré. Dans l’orbe familial, il y a aussi la grand-mère Fernande, une féministe avant l’heure, qui officia bénévolement comme écrivaine publique, donna des cours de français aux travailleurs étrangers, fonda le magazine L’action parallèle en 1936, imagina dans un manifeste la Journée internationale des devoirs des hommes, entendez à l’égard des femmes. Elle trouva notamment son inspiration auprès de Lucie Dejardin, hiercheuse de fond durant son enfance qui deviendra la première femme députée socialiste à la Chambre en 1929.À travers des évocations intimistes, écrites avec tendresse, c’est donc aussi un regard décalé sur la Belgique que proposent ces textes. C’est ainsi quel’auteur/narrateur se souvient qu’il a été comédien dans le film de Raoul Peck consacré à l’assassinat de Patrice Lumumba. Tout en citant le discours d’Indépendance prononcé le 30 juin 1960 par le tout jeune premier ministre qui mérite d’être lu et relu, Christian Crahay dénonce clairement le rôle joué par les autorités belges dans l’élimination de cet homme élu par la population congolaise.L’ensemble du livre est empreint d’émotions et de nostalgie, à travers des évocations de la cité ardente et notamment de sa gastronomie avec quelques recettes typiques reprises à la fin de l’ouvrage, sans oublier « les lacquemants, pas lacquements ni laquemants, mais lackmants, ou peut-être lakements, enfin comme vous voudrez . » Michel Torrekens Au commencement, il y a Sclessin, Scloeticinus, ou l’endroit défriché par le fou, comme l’appelaient les Romains. Et il y a le père, dont la prospérité et le déclin incarnent le sort de cette banlieue liégeoise, aujourd’hui sinistrée, au passé industriel prestigieux. Revenu sur le tard habiter le quartier de son enfance, Victor, le fils, comédien, remonte le temps, poussé par le besoin de comprendre un homme attachant…