Bon pour… : Dessins de famille


RÉSUMÉ

Quand on est un dessinateur de renom pris par la création et le rythme des publications qui se suivent, le temps manque pour courir les magasins à la recherche d’hypothétiques cadeaux et présents pour ses proches. Franquin avait trouvé la solution. À la fois aisée, pratique et ô combien personnelle, la trace sur le papier de «vœux» et autres « bons pour » est devenue pratique courante dans la famille Franquin. Bouquets croqués, présents dessinés étaient offerts dans l’attente que les cadeaux se matérialisent plus tard… Les dessins que l’on retrouve n’ont jamais eu pour vocation d’être publiés un jour. Conçus et imaginés pour les anniversaires ou les fêtes comme la Saint Valentin, ils ont cette saveur des dessins rares que l’on découvre avec curiosité. C’est un privilège que de pouvoir admirer ces dessins inédits couvrant une période allant des années 1950 aux années 1990. On appréciera le travail du dessinateur multipliant les techniques, passant du pinceau à la plume, du Rotring au crayon ou encore utilisant un simple stylo. On sera aussi frappés par l’usage de la couleur et l’évolution du style de Franquin liée aux époques qu’il traverse. Modestement inaugurés par deux premiers « bons pour » destinés à ses beaux-parents, Franquin prendra vite goût à l’exercice en sophistiquant ses petits dessins devenant des petits bijoux de graphisme et d’inventivité. Ils vont aussi exprimer la profonde affection et la bienveillante générosité de l’auteur pour ses proches.


À PROPOS DE L'AUTEUR
André Franquin
Illustrateur de Bon pour… : Dessins de famille
Né le 3 janvier 1924, dans la commune d’Etterbeek (Belgique) André Franquin est un dessinateur et scénariste de bande dessinée belge, principalement connu pour la création des personnages du Marsupilami et de Gaston Lagaffe ainsi que pour son apport considérable à la série des Aventures de Spirou et Fantasio C’est en 1942, à la fin de ses études secondaires, que le jeune André Franquin débute son parcours de dessinateur. Il rejoint les bancs de l’école d’art Saint-Luc à Bruxelles, allant ainsi à l’encontre de la volonté de son père qui le destinait à une carrière d’ingénieur agronome. En 1944, André Franquin est invité par le dessinateur Eddy Paape (Marc Dacier, Luc Orient..) à rejoindre le studio d’animation Compagnie Belge d’Actualité (CBA). C’est dans ce studio qu’il fait la connaissance de deux futurs grands noms de la bande dessinée franco-belge : Morris (Lucky Luke) et Peyo (Les Schtroumpfs). Franquin intègre, en 1945, la rédaction du Journal de Spirou. Il s’y lie d’amitié avec le dessinateur Jijé, l’auteur vedette du journal, qui assure alors à la fois la réalisation des aventures de Jean Valhardi, que celles de Don Bosco et de Spirou et Fantasio (dont il a hérité du dessinateur français Rob Vel). Jijé prend Franquin sous son aile et l’invite à travailler chez lui, à son atelier, dans lequel évolueront plus tard les dessinateurs Morris et Will. En 1946, Jijé décide de se consacrer à la création d’une bande dessinée relatant la vie de Jésus. Un travail de longue haleine qui l’incite à se dégager de ses obligations pour le Journal de Spirou et à déléguer la réalisation de ses séries à ses jeunes assistants. C’est ainsi qu’André Franquin se voit confier, presque malgré lui, la reprise des Aventures de Spirou et Fantasio. La transition s’effectue subtilement dans l’histoire La Maison Préfabriquée (une histoire de Spirou entamée par Jijé et déjà prépubliée dans le journal) entre la 18e case (dessinée par Jijé) et la 19e (dessinée elle par Franquin). Pendant près d’une vingtaine d’années, le trait vif et nerveux d’André Franquin, ainsi que son imagination débordante lui permettent d’étoffer l’univers du petit groom et de donner à la série ses lettres de noblesse. Sous la plume de Franquin, Spirou et Fantasio voyagent ainsi aux quatre coins du globe, utilisent les derniers gadgets high-tech et font la connaissance d’une myriade de personnages secondaires tels que le fantasque Comte de Champignac, la malicieuse journaliste Secottine, le méchant cousin Zantafio, le clownesque génie du mal Zorglub et, bien sûr, l’incroyable Marsupilami, créature rencontrée dans l’album Spirou et les Héritiers (1952) et destinée à devenir l’un des plus iconiques personnages de bande dessinée. En 1955, un désaccord contractuel avec les éditions Dupuis pousse brièvement Franquin à rejoindre le Journal de Tintin. Il y crée les Aventures de Modeste de Pompon, une série humoristique sur le quotidien d’un jeune couple « moderne » qu’il continue à animer jusqu’en 1959. En 1957, Franquin (de retour dans le Journal de Spirou)  donne naissance à Gaston Lagaffe, avec la complicité de son ami, le scénariste et rédacteur Yvan Delporte. Personnage gaffeur et paresseux, aux antipodes des héros peuplant les pages du Journal de Spirou, Gaston Lagaffe, le héros sans emploi, séduit rapidement le lectorat du journal et permet à son auteur de laisser libre cours à son imagination fantasque. En 1961, André Franquin tombe en profonde dépression et interrompt pendant presque un an la prépublication du 18e album de Spirou et Fantasio : Qrn sur Bretzelburg. Se sentant à l’étroit, coincé avec des personnages ne lui appartenant pas, il abandonne définitivement l’univers de Spirou en 1967, après la réalisation de l’album Panade à Champignac. Libéré de ses engagements sur Spirou et Fantasio, Franquin peut se consacrer pleinement à Gaston Lagaffe dont il développe allégrement l’univers et les personnages (Prunelle, M’oiselle Jeanne, l’Agent Longtarin, etc.). Durant cette période, la personnalité de Gaston Lagaffe change radicalement, Franquin métamorphosant son doux fainéant en un inventeur créatif, farfelu, pacifique et résolument humaniste… un personnage un peu à l’image de son auteur. En parallèle à son travail sur Gaston Lagaffe, André Franquin développe ses talents de scénariste sur  la série Isabelle (dessinée par Will et co-scénarisée par Delporte et Macherot) ainsi que sur les Démélés d’Arnest Ringard et de la Taupe Augraphie (avec Delporte et le jeune dessinateur Frédéric Jannin) série humoristique truffée de calembours et de contrepèteries dont Franquin est friand. L’année 1977 marque un véritablement tournant dans l’œuvre d’André Franquin. Lassé par la ligne éditoriale trop « sage » du Journal de Spirou, il crée, de nouveau avec Yvan Delporte, le Trombone Illustré, un supplément de bande dessinée  indépendant au journal. Dans cette éphémère publication (elle n’existera que quelques mois) Franquin, Delporte et d’autres (Gotlib, Bretécher, Wasterlain, Jannin…) expérimentent un humour résolument plus adulte et « mauvais esprit ».  C’est d’ailleurs dans les pages du Trombone Illustré que Franquin s’autorise à  laisser transparaître une part plus sombre de sa personnalité en créant les Idées Noires, une série de bande dessinée en noir et blanc dont l’humour cynique égratigne allégrement les facettes les plus bêtes et méchantes de la psychologie humaine. À l’arrêt du Trombone, les planches des Idées Noires sont reprises et éditées en albums aux éditions Fluide Glacial. En 1984, convaincu par l’entrepreneur monégasque Jean-François Moyersoen, André Franquin accepte de dédier une série de bande dessinée au Marsupilami, personnage dont il avait conservé les droits de reproduction après s’être désinvesti des aventures de Spirou. Scénarisées par Greg (puis par Yann) et dessinées par Batem (alors l’assistant de Franquin), les premières Aventures du Marsupilami (éditions Marsu Productions) rencontrent un franc succès populaire, non démenti encore de nos jours. André Franquin s’éteint à Saint-Laurent-du-Var, le 5 janvier 1997, quelques semaines après la publication du quinzième et dernier album de Gaston Lagaffe. La qualité de son trait, la finesse de son humour et la sensibilité générale de son œuvre ont laissé une empreinte indéniable dans le paysage de la bande dessinée franco-belge.


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Le Carnet et les Instants

Le Bon pour… Qui n’a jamais eu recours à ce substitut de cadeau ? Dans l’impossibilité d’offrir le présent au moment attendu, on rédige sur un papier un Bon pour… accompagné d’argent ou d’une promesse de livraison ou de prestation. Le tout est glissé dans une enveloppe que l’on remet au bénéficiaire. Le Bon pour… est un ancêtre artisanal du Bongo.André Franquin avait peu de temps pour courir les magasins, ou peut-être n’aimait-il pas s’y rendre. Aussi recourait-il  abondamment à des Bons pour… à l’attention de ses proches, surtout sa fille Isabelle et son épouse Liliane. Il en avait même fait une tradition familiale. Isabelle Franquin a conservé soigneusement les Bons pour…25 ans après le…


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